L'école des princesses : chapitre 96
96) Un ami d'enfance de la princesse au village
Six mois s'étaient écoulés depuis la première apparition de la princesse devant le garde-chasse du seigneur de Viersoul. Un matin, Marie venait de terminer ses cours lorsqu'elle vit un jeune homme qui attendait devant l'entrée du bâtiment du conseil. Elle reconnut avec joie Thomas, le fils du bouffon, qui était un de ses amis d'enfance. Il travaillait à présent comme musicien à la cour du roi, où il jouait du luth avec grand talent. La jeune fille avait eu le plaisir de renouer avec lui sous son identité de Marie Fabre lors de ses deux années de formation au palais au cours lesquelles ils avaient entretenu une solide camaraderie. Marie rejoignit rapidement son ami et l'aborda :
"Bonjour Thomas. Eh bien, quelle bonne surprise de te voir ici.
- Bonjour ma chère Marie. Quand je suis arrivé dans le village, l'aubergiste m'a dit que je pouvais te trouver ici. Je tenais absolument à venir te saluer. Alors comme ça, tu fais la classe dans ce grand bâtiment?
-Oui, Thomas. Le chef du conseil m'a spontanément proposé de m'y installer pour donner les leçons. Il est vrai qu'il est aussi un de mes élèves.
- Tu sais qu'au palais, tout le monde suit avec intérêt l'avancement de ton projet éducatif. Après t'avoir vu travailler aussi dur avec les précepteurs, nous étions tous curieux de savoir la suite. Et tu peux imaginer combien l'histoire de la capture des faux percepteurs puis ton spectacle au château du seigneur ont suscité l'enthousiasme. Nous sommes tous si fiers de toi.
- Merci Thomas. Tu ne peux imaginer combien tout ce que tu me racontes me fait plaisir. Mais dis-moi, que viens tu faire par ici? Aurais tu décidé de devenir musicien ambulant?
- Non, Marie, je suis bien trop heureux au palais. C'est mon devoir qui m'a conduit ici.
- Ton devoir? Que veux tu dire? lui demanda la jeune fille, bien qu'elle devinât la réponse qu'il allait lui apporter.
- Oui, mon devoir en tant qu'ami et en tant que sujet. Je suis venu ici pour affronter le dragon afin de libérer ma chère amie d'enfance et maîtresse, la princesse Marie. Depuis que j'ai appris sa réapparition, je me suis préparé pour ce noble projet.
- Tu sais pourtant que bien nombreux furent les jeunes gens qui s'attelèrent à cette mission, et tous ont échoué. On dit même que certains n'en sont jamais revenus. Est ce que cela ne suscite pas en toi la peur? De plus, tu es musicien, et n'es pas familier au maniement des armes. Je ne voudrais pas perdre un ami cher dans une bataille que des hommes bien plus aguerris au combat ont déjà mené en vain.
- Marie, je sais que cette mission est très risquée. Mais les lois de l'amitié et de la loyauté m'y entraînent, et je ne peux m'y soustraire. De plus, j'ai consacré tout mon temps libre ces six derniers mois à m'initier aux armes. Et maintenant, il est temps pour moi d'accomplir ma tâche.
- Tu es au courant que le roi a promis la main de sa fille à celui qui vaincrait le dragon. Penses tu que la perspective de marier la princesse à un de ses serviteurs et en faire son successeur susciterait son enthousiasme?
- Penses tu que je souhaite vaincre le dragon pour cela? J'aime une femme et en suis aimé, et je lui ai juré fidélité. De plus, je ne souhaite pas devenir souverain, car la musique est ma vraie passion. Je ne suis guidé que par mon désir d'aider une amie qui me fut et m'est encore très chère.
- Je comprends, et j'espère de tout coeur ta réussite. La princesse a bien de la chance d'avoir un ami comme toi" lui répondit Marie, qui peinait à cacher ses émotions.
- Merci Marie. Mais pour le moment, accepterais tu que nous passions quelques moments agréables ensemble?
- Avec grand plaisir. Que dirais tu que je te présente à la famille qui m'accueille? Je pourrais leur proposer de te convier pour le repas?
- Je ne voudrais pas déranger ces braves gens. Mais si cela ne leur pose pas d'inconvénient, pourquoi pas?
Marie conduisit alors Thomas à la ferme de la Francine, et présenta son ami à toute la famille. Celle-ci accepta volontiers d'accueillir le jeune homme pour leur repas, au cours duquel la discussion fut animée. Les hôtes racontèrent les circonstances de leur rencontre avec Marie, la classe de la jeune fille et les progrès de Jeanne, tandis que Thomas décrivit sa vie de musicien au palais. Puis, le jeune homme aborda le motif de son arrivée dans le village:
"Alors vous v'nez vous aussi pour la princesse? demanda la Francine. Z'avez pas froid aux yeux, vous. J'ai jamais vu l'dragon, mais d'après c'qu'on raconte, c'est pas l'genre d'animal qu'on voudrait rencontrer. Dire qu'une bête aussi féroce s'trouve aussi près d'ici, ça fait bien peur, surtout pour les p'tits et l'bétail. Enfin, pour l'moment, il quitte pas le bois, alors on espère qu'ça va continuer
- Madame, j'espère faire en sorte que vous n'ayez plus rien à craindre de ce monstre"
Après le repas, Marie et Thomas prirent congé, et elle le raccompagna à l'auberge où il s'était installé.
Six mois s'étaient écoulés depuis la première apparition de la princesse devant le garde-chasse du seigneur de Viersoul. Un matin, Marie venait de terminer ses cours lorsqu'elle vit un jeune homme qui attendait devant l'entrée du bâtiment du conseil. Elle reconnut avec joie Thomas, le fils du bouffon, qui était un de ses amis d'enfance. Il travaillait à présent comme musicien à la cour du roi, où il jouait du luth avec grand talent. La jeune fille avait eu le plaisir de renouer avec lui sous son identité de Marie Fabre lors de ses deux années de formation au palais au cours lesquelles ils avaient entretenu une solide camaraderie. Marie rejoignit rapidement son ami et l'aborda :
"Bonjour Thomas. Eh bien, quelle bonne surprise de te voir ici.
- Bonjour ma chère Marie. Quand je suis arrivé dans le village, l'aubergiste m'a dit que je pouvais te trouver ici. Je tenais absolument à venir te saluer. Alors comme ça, tu fais la classe dans ce grand bâtiment?
-Oui, Thomas. Le chef du conseil m'a spontanément proposé de m'y installer pour donner les leçons. Il est vrai qu'il est aussi un de mes élèves.
- Tu sais qu'au palais, tout le monde suit avec intérêt l'avancement de ton projet éducatif. Après t'avoir vu travailler aussi dur avec les précepteurs, nous étions tous curieux de savoir la suite. Et tu peux imaginer combien l'histoire de la capture des faux percepteurs puis ton spectacle au château du seigneur ont suscité l'enthousiasme. Nous sommes tous si fiers de toi.
- Merci Thomas. Tu ne peux imaginer combien tout ce que tu me racontes me fait plaisir. Mais dis-moi, que viens tu faire par ici? Aurais tu décidé de devenir musicien ambulant?
- Non, Marie, je suis bien trop heureux au palais. C'est mon devoir qui m'a conduit ici.
- Ton devoir? Que veux tu dire? lui demanda la jeune fille, bien qu'elle devinât la réponse qu'il allait lui apporter.
- Oui, mon devoir en tant qu'ami et en tant que sujet. Je suis venu ici pour affronter le dragon afin de libérer ma chère amie d'enfance et maîtresse, la princesse Marie. Depuis que j'ai appris sa réapparition, je me suis préparé pour ce noble projet.
- Tu sais pourtant que bien nombreux furent les jeunes gens qui s'attelèrent à cette mission, et tous ont échoué. On dit même que certains n'en sont jamais revenus. Est ce que cela ne suscite pas en toi la peur? De plus, tu es musicien, et n'es pas familier au maniement des armes. Je ne voudrais pas perdre un ami cher dans une bataille que des hommes bien plus aguerris au combat ont déjà mené en vain.
- Marie, je sais que cette mission est très risquée. Mais les lois de l'amitié et de la loyauté m'y entraînent, et je ne peux m'y soustraire. De plus, j'ai consacré tout mon temps libre ces six derniers mois à m'initier aux armes. Et maintenant, il est temps pour moi d'accomplir ma tâche.
- Tu es au courant que le roi a promis la main de sa fille à celui qui vaincrait le dragon. Penses tu que la perspective de marier la princesse à un de ses serviteurs et en faire son successeur susciterait son enthousiasme?
- Penses tu que je souhaite vaincre le dragon pour cela? J'aime une femme et en suis aimé, et je lui ai juré fidélité. De plus, je ne souhaite pas devenir souverain, car la musique est ma vraie passion. Je ne suis guidé que par mon désir d'aider une amie qui me fut et m'est encore très chère.
- Je comprends, et j'espère de tout coeur ta réussite. La princesse a bien de la chance d'avoir un ami comme toi" lui répondit Marie, qui peinait à cacher ses émotions.
- Merci Marie. Mais pour le moment, accepterais tu que nous passions quelques moments agréables ensemble?
- Avec grand plaisir. Que dirais tu que je te présente à la famille qui m'accueille? Je pourrais leur proposer de te convier pour le repas?
- Je ne voudrais pas déranger ces braves gens. Mais si cela ne leur pose pas d'inconvénient, pourquoi pas?
Marie conduisit alors Thomas à la ferme de la Francine, et présenta son ami à toute la famille. Celle-ci accepta volontiers d'accueillir le jeune homme pour leur repas, au cours duquel la discussion fut animée. Les hôtes racontèrent les circonstances de leur rencontre avec Marie, la classe de la jeune fille et les progrès de Jeanne, tandis que Thomas décrivit sa vie de musicien au palais. Puis, le jeune homme aborda le motif de son arrivée dans le village:
"Alors vous v'nez vous aussi pour la princesse? demanda la Francine. Z'avez pas froid aux yeux, vous. J'ai jamais vu l'dragon, mais d'après c'qu'on raconte, c'est pas l'genre d'animal qu'on voudrait rencontrer. Dire qu'une bête aussi féroce s'trouve aussi près d'ici, ça fait bien peur, surtout pour les p'tits et l'bétail. Enfin, pour l'moment, il quitte pas le bois, alors on espère qu'ça va continuer
- Madame, j'espère faire en sorte que vous n'ayez plus rien à craindre de ce monstre"
Après le repas, Marie et Thomas prirent congé, et elle le raccompagna à l'auberge où il s'était installé.
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