L'école des princesses : chapitre 91
91) Préparatifs pour un spectacle de fin de printemps
Et, en effet, le récit de la capture des faux percepteurs, ainsi que le rôle qu'y avait joué l'éducation que Nicole avait reçu de Marie, se répandit à des lieues à la ronde. Lorsque la jeune enseignante elle-même apprit l'histoire, elle s'en réjouit beaucoup, non seulement du fait de sa sympathie personnelle pour Nicole, mais aussi parce que cet évènement et son rayonnement apportaient une validation éclatante de son projet éducatif. Mais cela la plaça aussi dans une situation compliquée car, au cours des semaines qui suivirent, de nombreux paysans, qui venaient parfois même du fief voisin, venaient la solliciter pour lui demander de les instruire. Marie ressentait toujours une profonde gêne en leur expliquant que cela ne lui était pas possible pour le moment. En effet, sa classe lui occupait tout son temps, et elle ne pouvait pas y prendre des élèves débutants. Afin d'atténuer leur déception, elle leur assura néanmoins qu'elle profiterait de l'interruption estivale des cours pour chercher un moyen de créer une nouvelle classe pour élèves débutants dans laquelle elle pourrait leur proposer de s'inscrire.
Marie était d'autant plus sollicitée par ses élèves qu'elle préparait avec eux un grand projet depuis quelques semaines : une représentation théâtrale. Elle avait choisi sa propre pièce "Horace et Calircé", qu'elle avait adapté afin que l'apprentissage des rôles soit adapté au niveau de ses élèves, et que chacun d'entre eux puisse jouer un personnage. Tous avaient accueilli l'idée avec enthousiasme. Le spectacle avait été programmé pour le début de l'été, juste avant l'interruption des cours pour les grandes récoltes. Il aurait lieu au château du seigneur, en présence du couple royal, celui-ci ayant annoncé leur désir d'assister à la représentation dès qu'ils en furent informés par Marie.
Lors de la distribution des personnages, le rôle de Calircé fut attribué à Nicole, du fait de son talent naturel pour le chant. Le chef du conseil qui souhaitait un rôle modeste, mais qui lui permette de le mettre en valeur, accepta de jouer le rôle du père d'Horace. Quant à Jeanne, elle insista pour obtenir le rôle de Vadius. En effet, elle savait que Marie avait écrit le rôle pour son cousin Jacques, et elle voulait le jouer à son tour, afin de faire rire comme lui. Devant un tel enthousiasme, la jeune fille ne put le lui refuser. Une fois l'ensemble des rôles attribués, tous profitèrent des mois qui suivirent pour travailler leur rôle avec d'autant plus d'assiduité que la perspective de jouer devant le roi et la reine les incitait à montrer le meilleur d'eux-mêmes.
A la ferme de la Francine, Jeanne consacrait tout son temps libre à travailler son rôle de cochon, les grognements, la marche à quatre pattes, les mouvements du corps, les mimiques. Souvent, Martin et Pierre s'amusaient aussi avec elle à jouer à imiter les porcs, tous trois rivalisant pour paraître le plus ridicule possible. Bien entendu, ces facéties amusaient beaucoup Marie, la Francine et l'Antoine, et égayèrent bien des soirées. De plus, ces jeux ne se révélaient pas inutile, car Jeanne utilisait aussi les imitations de ses frères comme source utile d'inspiration afin d'améliorer son interprétation.
Tandis que ses élèves travaillaient leur rôle, Marie se chargeait de préparer la mise en scène. Elle lista tous les décors, costumes et autres accessoires dont elle aurait besoin, sachant qu'elle devrait s'adapter aux moyens dont elle disposerait dans le fief. Heureusement, tous se mobilisèrent pour fournir à la jeune enseignante ce qu'elle demandait, tant dans les villages qu'au château. Ainsi, Marie put préparer une représentation digne des spectacles de la Compagnie de la Libre Comédie. De plus, le couple seigneurial permit à la classe d'effectuer les ultimes répétitions au château, où la scène avait déjà été montée
Et, en effet, le récit de la capture des faux percepteurs, ainsi que le rôle qu'y avait joué l'éducation que Nicole avait reçu de Marie, se répandit à des lieues à la ronde. Lorsque la jeune enseignante elle-même apprit l'histoire, elle s'en réjouit beaucoup, non seulement du fait de sa sympathie personnelle pour Nicole, mais aussi parce que cet évènement et son rayonnement apportaient une validation éclatante de son projet éducatif. Mais cela la plaça aussi dans une situation compliquée car, au cours des semaines qui suivirent, de nombreux paysans, qui venaient parfois même du fief voisin, venaient la solliciter pour lui demander de les instruire. Marie ressentait toujours une profonde gêne en leur expliquant que cela ne lui était pas possible pour le moment. En effet, sa classe lui occupait tout son temps, et elle ne pouvait pas y prendre des élèves débutants. Afin d'atténuer leur déception, elle leur assura néanmoins qu'elle profiterait de l'interruption estivale des cours pour chercher un moyen de créer une nouvelle classe pour élèves débutants dans laquelle elle pourrait leur proposer de s'inscrire.
Marie était d'autant plus sollicitée par ses élèves qu'elle préparait avec eux un grand projet depuis quelques semaines : une représentation théâtrale. Elle avait choisi sa propre pièce "Horace et Calircé", qu'elle avait adapté afin que l'apprentissage des rôles soit adapté au niveau de ses élèves, et que chacun d'entre eux puisse jouer un personnage. Tous avaient accueilli l'idée avec enthousiasme. Le spectacle avait été programmé pour le début de l'été, juste avant l'interruption des cours pour les grandes récoltes. Il aurait lieu au château du seigneur, en présence du couple royal, celui-ci ayant annoncé leur désir d'assister à la représentation dès qu'ils en furent informés par Marie.
Lors de la distribution des personnages, le rôle de Calircé fut attribué à Nicole, du fait de son talent naturel pour le chant. Le chef du conseil qui souhaitait un rôle modeste, mais qui lui permette de le mettre en valeur, accepta de jouer le rôle du père d'Horace. Quant à Jeanne, elle insista pour obtenir le rôle de Vadius. En effet, elle savait que Marie avait écrit le rôle pour son cousin Jacques, et elle voulait le jouer à son tour, afin de faire rire comme lui. Devant un tel enthousiasme, la jeune fille ne put le lui refuser. Une fois l'ensemble des rôles attribués, tous profitèrent des mois qui suivirent pour travailler leur rôle avec d'autant plus d'assiduité que la perspective de jouer devant le roi et la reine les incitait à montrer le meilleur d'eux-mêmes.
A la ferme de la Francine, Jeanne consacrait tout son temps libre à travailler son rôle de cochon, les grognements, la marche à quatre pattes, les mouvements du corps, les mimiques. Souvent, Martin et Pierre s'amusaient aussi avec elle à jouer à imiter les porcs, tous trois rivalisant pour paraître le plus ridicule possible. Bien entendu, ces facéties amusaient beaucoup Marie, la Francine et l'Antoine, et égayèrent bien des soirées. De plus, ces jeux ne se révélaient pas inutile, car Jeanne utilisait aussi les imitations de ses frères comme source utile d'inspiration afin d'améliorer son interprétation.
Tandis que ses élèves travaillaient leur rôle, Marie se chargeait de préparer la mise en scène. Elle lista tous les décors, costumes et autres accessoires dont elle aurait besoin, sachant qu'elle devrait s'adapter aux moyens dont elle disposerait dans le fief. Heureusement, tous se mobilisèrent pour fournir à la jeune enseignante ce qu'elle demandait, tant dans les villages qu'au château. Ainsi, Marie put préparer une représentation digne des spectacles de la Compagnie de la Libre Comédie. De plus, le couple seigneurial permit à la classe d'effectuer les ultimes répétitions au château, où la scène avait déjà été montée
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