L'école des princesses : chapitre 89

89) Un projet éducatif en bonne voie

A présent, les sessions de cours comprenaient deux grandes journées de quatre heures et demie, avec trois séances hebdomadaires matinales de deux heures consacrées aux exercices. Marie constata rapidement que la diminution de l'effectif de sa classe présenta certains avantages. En effet, en ne conservant que les élèves les plus motivés et travailleurs, le maintien de la discipline pendant les cours était devenu bien plus facile. De plus, leur vivacité d'esprit, leur intérêt pour ce qu'elle leur apprenait la réjouissait, et cela rendait les leçons plus agréables pour tous. Dans des conditions aussi optimales, la jeune enseignante réussit rapidement à faire rapidement progresser ses élèves.
En quelques mois seulement, elle leur apprit à lire et à écrire des mots avec l'ensemble des lettres de l'alphabet, à maîtriser les nombres entiers jusqu'à 100 et à effectuer des additions et soustractions simples. Mais l'une des avancées la plus importante durant cette période fut l'apprentissage de l'écriture sur papier à l'aide de la plume d'oie. En effet, dès que l'ensemble des élèves la maitrisèrent, Marie put leur faire effectuer leurs exercices en dehors des heures de cours, et ainsi, disposer de plus de temps pour avancer le programme.
Et, au cours des années qui suivirent, celui-ci se révéla fort chargé pour la jeune enseignante et sa classe. Les classes de lettres furent surtout consacrées à la maîtrise de la grammaire. Marie apprit à ses élèves les règles d'orthographe, la conjugaison des verbes, et la syntaxe. Elle commença aussi à les initier à la littérature, en leur présentant des extraits de pièces de Jean Polequin. En cours de calcul, les écoliers apprirent à travailler avec des nombres entiers de plus en plus élevés, ainsi que les additions, soustractions et multiplications. De plus, Marie diversifia progressivement son programme en ajoutant de nouvelles matières. Après avoir fait fabriquer les fournitures nécessaires par le menuisier, elle initia ses élèves à la géométrie. A l'aide de cartes qu'elle fit acheter au grand port, elle présenta à ses élèves la géographie de leur pays. Enfin, une heure par semaine, Marie raconta l'histoire du royaume à l'aide d'un ouvrage de chroniques qui lui avait été envoyé par le couple royal lui-même.
Celui-ci se tenait régulièrement informé des avancées du projet éducatif de leur protégée, avec laquelle ils échangeaient régulièrement par courrier. De son côté, Drake suivait aussi le travail de son amie. Il était resté au village au cours des premiers mois afin de la soutenir pendant la période la plus difficile. Ensuite, il était parti, revenant occasionnellement pour lui rendre visite, et, bien entendu, dans le cadre des entretiens semestriels de la princesse avec ses parents, au cours desquels l'éducation devint rapidement le principal sujet de conversation. Le couple royal racontait à leur fille tous les détails qu'ils connaissaient sur la classe de Marie Fabre, et la princesse, toujours soucieuse d'introduire autant que possible de vérité dans ses récits, leur racontait son nouveau travail de préceptrice.
Quant aux paysans, leur position face au projet éducatif de Marie évolua au cours du temps. Au début, malgré la sympathie qu'ils éprouvaient pour la jeune fille, ils témoignèrent souvent de leur frustration face à l'investissement croissant de leurs enfants pour les leçons, qui ne leur laissait presque plus de temps pour les aider dans leur travail. Mais progressivement, les familles constatèrent les avantages qu'ils pouvaient tirer des connaissances et aptitudes acquises par leurs enfants. Par exemple, lorsqu'elles les envoyaient effectuer une commission, elles pouvaient leur donner bien plus d'instructions qu'auparavant, car celles-ci pouvaient être notées sur un papier pour limiter le risque d'oubli ou d'erreur. De plus, deux familles ayant toutes les deux un de leurs membres dans la classe de Marie pouvaient communiquer entre elles en se faisant transmettre des messages écrits sur papier, et ainsi éviter des déplacements devenus inutiles. Et les transactions dans le village étaient aussi facilitées pour ceux qui maîtrisaient le calcul.

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