L'école de princesses : chapitre 99
99) Retour à Viersoul du couple royal
Quelques jours plus tard, le couple royal arriva au château de Viersoul, où le seigneur, bien que pris de court par cette visite imprévue, le logea le plus confortablement qu’il put. Peu après son arrivée, la reine écrivit une lettre à destination de Marie Fabre, où elle l’informait de son arrivée et de celle de son époux, ainsi que de leur désir d’assister à une journée d’enseignement. Après avoir fait envoyer son message, elle se rendit auprès de Geoffroy de Viersoul qui lui demanda :
« Que puis-je pour le service de Votre Majesté?
- Messire, je souhaiterais, avec votre permission, que vous me conduisiez sur les lieux où ma fille est retenue prisonnière
- Avec tous le respect que je dois à Votre Altesse, je ne puis consentir à exposer ma reine au risque de rencontrer le dragon. Si le monstre vous attaquait, je ne pourrais me pardonner ma part de responsabilité dans ce drame.
- Messire, j’ai parcouru tout ce chemin afin de pouvoir enfin me rapprocher de mon enfant. Et maintenant, vous m’empêcheriez de mener à bien la mission pour laquelle je suis venue ? Je connais les risques et suis prête à les affronter. De toute façon, je ne vous demande que de m’amener aussi près que possible sans que nous ne courions de danger. »
Devant l'obstination de sa souveraine, le sire de Viersoul finit par accéder à sa requête, mais seulement à la condition de rebrousser chemin à l’instant où la présence du dragon serait signalée. Mais celui-ci ne montra aucun signe de vie pendant tout le périple, et le seigneur put même la mener au plus près de la colline où bien des héros avaient tenter de délivrer la princesse. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils ne rencontrèrent âme qui vive. Une fois que sa curiosité eût été satisfaite, la reine retourna au château en compagnie de son guide. A son arrivée, elle reçut la réponse de Marie Fabre qui, honorée quoique surprise par cette requête imprévue, les conviait à la grande session de leçons du lendemain.
La présence d'invités aussi prestigieux ne manqua pas d'intimider un peu la jeune enseignante et ses élèves. Mais le couple royal s'installa au fond de la salle sans faire de bruit, et Marie effectua ses cours comme si de rien n'était. Lors de la leçon de lettres, Marie fit étudier à ses élèves la célèbre tragédie de Corcine "Cinna et Bérénice". S'ensuivit le cours d'histoire, au cours duquel il fut question des guerres qui opposèrent les différents seigneurs à l'époque où le pays n''était pas encore unifié sous l'autorité du roi. Enfin la session de calcul porta sur les fractions.
Pendant toute la durée des cours, le roi et la reine n'avaient pas prononcé un mot, afin de ne pas perturber la classe. Mais, lorsque celle-ci fut achevée, ils retrouvèrent Marie et la félicitèrent pour ses remarquables qualités pédagogiques, digne des meilleurs précepteurs du royaume. Ils étaient impressionnés par la difficulté des sujets abordés par la jeune fille, et par la capacité des paysans à suivre ses cours. Marie remercia fort modestement le couple royal pour ces compliments. Néanmoins, alors qu'elle allait prendre congé, la reine lui demanda la faveur de lui parler en particulier. Bien qu'étonnée par cette démarche inattendue, la jeune fille accepta sans hésitation. Après s'être assurée que personne ne les entendît, la reine s'adressa à Marie en ces termes :
"Marie, si j'ai formulé une telle requête, c'est que je souhaitais vous révéler à vous, et vous seule le véritable objet de ma visite dans la région.
- A moi? s'étonna la jeune fille. Et pourquoi cela?
- J'ai mes raisons pour cela. Quoi qu'il en soit, je suis venue ici dans le but de délivrer ma fille du dragon qui la retient prisonnière.
Marie n'en croyait pas ses oreilles.
" Votre Altesse souhaite combattre le dragon? Mais c'est courir un bien trop grand danger pour Votre Majesté. Tant de jeunes gens sont venus affronter le monstre, et aucun ne l'a emporté.
- Je le sais bien. Mais je sais aussi que ma fille éprouve une profonde détresse et il m'est impossible de tolérer une telle situation plus longtemps. Et c'est pourquoi je suis prête à affronter les plus grands périls, car mon coeur de mère m'y appelle, et je sais qu'il me donnera le courage et la force dont j'aurai besoin. Quand tu auras à ton tour des enfants Marie, tu comprendras l'extraordinaire pouvoir de l'amour maternel. J'ai foi en lui, et il saura me guider pour sauver ma fille. "
En entendant la reine parler ainsi, Marie ne put complètement cacher combien ces propos la bouleversaient, et elle sentit malgré elle des larmes qui coulaient de ses yeux. Puis, parvenant à maîtriser ses émotions, elle répondit :
- Votre Majesté, je ne peux qu'admirer des sentiments aussi merveilleux, et la force qu'ils vous inspirent. Même si cela paraît impossible, je veux croire que vous parviendrez à délivrer votre enfant, et vous envoie mes voeux de réussite
- Merci, Marie. Je sais à présent que je vais réussir à retrouver ma fille et à mettre fin à ses souffrances."
Après ce touchant entretien, les deux femmes se séparèrent, la reine rejoignant son époux et Marie retournant avec Jeanne à la ferme.
Quelques jours plus tard, le couple royal arriva au château de Viersoul, où le seigneur, bien que pris de court par cette visite imprévue, le logea le plus confortablement qu’il put. Peu après son arrivée, la reine écrivit une lettre à destination de Marie Fabre, où elle l’informait de son arrivée et de celle de son époux, ainsi que de leur désir d’assister à une journée d’enseignement. Après avoir fait envoyer son message, elle se rendit auprès de Geoffroy de Viersoul qui lui demanda :
« Que puis-je pour le service de Votre Majesté?
- Messire, je souhaiterais, avec votre permission, que vous me conduisiez sur les lieux où ma fille est retenue prisonnière
- Avec tous le respect que je dois à Votre Altesse, je ne puis consentir à exposer ma reine au risque de rencontrer le dragon. Si le monstre vous attaquait, je ne pourrais me pardonner ma part de responsabilité dans ce drame.
- Messire, j’ai parcouru tout ce chemin afin de pouvoir enfin me rapprocher de mon enfant. Et maintenant, vous m’empêcheriez de mener à bien la mission pour laquelle je suis venue ? Je connais les risques et suis prête à les affronter. De toute façon, je ne vous demande que de m’amener aussi près que possible sans que nous ne courions de danger. »
Devant l'obstination de sa souveraine, le sire de Viersoul finit par accéder à sa requête, mais seulement à la condition de rebrousser chemin à l’instant où la présence du dragon serait signalée. Mais celui-ci ne montra aucun signe de vie pendant tout le périple, et le seigneur put même la mener au plus près de la colline où bien des héros avaient tenter de délivrer la princesse. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils ne rencontrèrent âme qui vive. Une fois que sa curiosité eût été satisfaite, la reine retourna au château en compagnie de son guide. A son arrivée, elle reçut la réponse de Marie Fabre qui, honorée quoique surprise par cette requête imprévue, les conviait à la grande session de leçons du lendemain.
La présence d'invités aussi prestigieux ne manqua pas d'intimider un peu la jeune enseignante et ses élèves. Mais le couple royal s'installa au fond de la salle sans faire de bruit, et Marie effectua ses cours comme si de rien n'était. Lors de la leçon de lettres, Marie fit étudier à ses élèves la célèbre tragédie de Corcine "Cinna et Bérénice". S'ensuivit le cours d'histoire, au cours duquel il fut question des guerres qui opposèrent les différents seigneurs à l'époque où le pays n''était pas encore unifié sous l'autorité du roi. Enfin la session de calcul porta sur les fractions.
Pendant toute la durée des cours, le roi et la reine n'avaient pas prononcé un mot, afin de ne pas perturber la classe. Mais, lorsque celle-ci fut achevée, ils retrouvèrent Marie et la félicitèrent pour ses remarquables qualités pédagogiques, digne des meilleurs précepteurs du royaume. Ils étaient impressionnés par la difficulté des sujets abordés par la jeune fille, et par la capacité des paysans à suivre ses cours. Marie remercia fort modestement le couple royal pour ces compliments. Néanmoins, alors qu'elle allait prendre congé, la reine lui demanda la faveur de lui parler en particulier. Bien qu'étonnée par cette démarche inattendue, la jeune fille accepta sans hésitation. Après s'être assurée que personne ne les entendît, la reine s'adressa à Marie en ces termes :
"Marie, si j'ai formulé une telle requête, c'est que je souhaitais vous révéler à vous, et vous seule le véritable objet de ma visite dans la région.
- A moi? s'étonna la jeune fille. Et pourquoi cela?
- J'ai mes raisons pour cela. Quoi qu'il en soit, je suis venue ici dans le but de délivrer ma fille du dragon qui la retient prisonnière.
Marie n'en croyait pas ses oreilles.
" Votre Altesse souhaite combattre le dragon? Mais c'est courir un bien trop grand danger pour Votre Majesté. Tant de jeunes gens sont venus affronter le monstre, et aucun ne l'a emporté.
- Je le sais bien. Mais je sais aussi que ma fille éprouve une profonde détresse et il m'est impossible de tolérer une telle situation plus longtemps. Et c'est pourquoi je suis prête à affronter les plus grands périls, car mon coeur de mère m'y appelle, et je sais qu'il me donnera le courage et la force dont j'aurai besoin. Quand tu auras à ton tour des enfants Marie, tu comprendras l'extraordinaire pouvoir de l'amour maternel. J'ai foi en lui, et il saura me guider pour sauver ma fille. "
En entendant la reine parler ainsi, Marie ne put complètement cacher combien ces propos la bouleversaient, et elle sentit malgré elle des larmes qui coulaient de ses yeux. Puis, parvenant à maîtriser ses émotions, elle répondit :
- Votre Majesté, je ne peux qu'admirer des sentiments aussi merveilleux, et la force qu'ils vous inspirent. Même si cela paraît impossible, je veux croire que vous parviendrez à délivrer votre enfant, et vous envoie mes voeux de réussite
- Merci, Marie. Je sais à présent que je vais réussir à retrouver ma fille et à mettre fin à ses souffrances."
Après ce touchant entretien, les deux femmes se séparèrent, la reine rejoignant son époux et Marie retournant avec Jeanne à la ferme.
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