L'école des princesses : chapitre 83
83) Retour chez la Francine
Le lendemain, après avoir fait ses adieux au couple royal et aux serviteurs, Marie quitta le palais royal, et rejoignit Drake qui l'attendait à la sortie pour l'accompagner durant son périple. La jeune fille avait en effet jugé que la présence de son ami dragon lui apporterait une sécurité supplémentaire contre les dangers qu'elle pourrait rencontrer sur la route. De plus, elle souhaitait sa compagnie pendant ce voyage, d'une part pour lui raconter la fin de son séjour parmi les siens, mais surtout pour pouvoir discuter avec lui du profond sentiment de culpabilité qu'elle avait ressenti à chaque fois qu'elle avait été contrainte de mentir à ses proches afin de préserver son incognito. La peine de ses parents et de ses serviteurs causée par sa disparition rendait la dissimulation de son identité d'autant plus douloureuse pour elle qu'elle était forcée de n'en parler à personne. Marie avait besoin de s'ouvrir à son ami sur cette souffrance qui la rongeait, et Drake la comprenait d'autant mieux que lui-même ressentait des remords, ne connaissant que trop bien sa part de responsabilité dans toutes les souffrances que l'enlèvement de la jeune fille avait suscitées. Et pourtant, malgré cela, tous deux ne pouvaient s'empêcher de convenir que les années qu'ils avaient vécues depuis leur rencontre correspondaient aux meilleurs moments de leur vie. Un jour, ses proches apprendraient la vérité, et elle espérait qu'à ce moment, ils la comprendraient et lui pardonneraient.
Afin de rejoindre au plus vite le village de la Francine, les deux compagnons décidèrent d'effectuer le trajet à cheval, en passant la nuit dans des auberges relais. Ils parvinrent ainsi à rejoindre en quelques jours le fief de Viersoul. Après le dernier relais, ils terminèrent leur voyage à pied et arrivèrent à leur destination en soirée. A leur grande surprise, Marie et Drake aperçurent un attroupement qui les attendait à l'entrée du village. En effet, tandis qu'ils marchaient sur le chemin, un jeune paysan les avait reconnus, et la nouvelle de leur arrivée au village les avait précédés. Or, l'exploit de Marie avait profondément marqué les esprits des habitants du fief, et tous voulaient rencontrer celle qui était parvenue à triompher du terrible Gaston de Viersoul, et peut être même lui parler. La jeune fille fut intimidée par la présence d'une telle foule, incertaine de sa capacité à la gérer. A son grand soulagement, elle reconnut la Francine et l'Antoine qui, s'interposant devant l'attroupement, accoururent vers elle.
"Bonne mère, bon père, commença Marie lorsqu'ils la rejoignirent, quel plaisir de vous revoir enfin. J'espère que les enfants se portent bien aussi. Mais dites donc, je suis étonnée de voir tant de monde à cette heure.
- B'soir, mamzelle Marie, répondit la Francine en l'embrassant. Nous aussi, on est ben content d'te voir. B'soir aussi, M'sieur Drake. Et les aut' là bas aussi, y sont contents. Faut dire que t'a épaté tout l'monde en f'sant mettre aux fers l'sire Gaston par l'roi. Mêm' deux ans après personne n'a oublié. Mais dis donc, Marie, qu'est c'que t'a fait pendant ces deux ans et pourquoi qu't'es rev'nue chez nous?
- Bonne mère, vous connaîtrez très bientôt le motif de mon retour parmi vous. Mais d'abord, à mon tour de te demander, est ce que les membres du conseil du village sont présents au sein de ce comité d'accueil?
- Oui, Marie, ils sont en tête d'la foule.
- Dans ce cas, je souhaiterais m'adresser à eux."
Et la jeune fille, entourée de Drake, la Francine et l'Antoine qui contenaient les curieux qui se détachaient de la foule pour tenter de l'approcher, rejoignit le petit groupe de notables.
"Bonsoir maître, commença Marie, s'adressant au chef du conseil. Je suis bien heureuse de me retrouver à nouveau dans ce village qui est si cher à mon coeur. Vous devez certainement vous demander la raison de ma visite. Afin de m'en expliquer devant tous les habitants du village et derépondre à leurs questions, je souhaiterais vous demander d'organiser au plus vite une réunion spéciale. Pourriez vous me dire quand elle pourra avoir lieu?
- Bonsoir Marie. Ca nous fait bien plaisir de t'revoir. On est tous impatients d't'entendre nous dire pourquoi t'es d'nouveau parmi nous. Ta réunion, on pourra la faire dès d'main, si tu veux.
- Je vous remercie de votre attention, et cela me convient parfaitement. Prévenez moi dès que tout sera prêt.
- Bien sûr. J'devine qu'on pourra t'trouver chez la Francine, pas vrai?"
Se tournant vers cette dernière, Marie lui dit :
"Bonne mère, même si je suis très heureuse de vous revoir, je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité en m'invitant chez vous sans prévenir
- Mais qu'est que tu racontes, Marie? protesta la Francine. T'es chez toi dans not' maison.
- Alors, on f'ra comme ça, rétorqua le chef du conseil. Puis, s'adressant aux habitants massés derrière lui
"Les amis, faut rentrer chez vous maint'nant. Mais d'main, vous pourrez la r'voir, la Marie, et vous pourrez lui d'mander c'que vous voudrez. On vous dira où et quand qu'ça s'passera"
Après avoir entendu ces mots, la foule se dispersa progressivement.
La Francine dit alors à Marie:
"Marie, allons à la maison. Les enfants s'ront si contents d'te voir. Z'ont tant poussé d'puis qu't'es partie qu'tu les r'connaitrais plus. Et vous aussi, M'sieur Drake, v'nez pour l'souper.
- Je vous remercie bonne mère, et moi aussi, j'ai hâte de les revoir. Mais aurez vous assez à manger pour deux convives imprévus?
- T'inquiète pas, on trouv'ra toujours queq'chose. Ton r'tour, ça s'fête. Tu peux rester chez nous tant qu'tu veux. Et m'sieur Drake aussi. Toute façon, L'Antoine et moi, on insiste.
- Dans ce cas, nous acceptons avec plaisir"
Dès leur arrivée à la ferme, Marie et Drake furent assaillis par trois paires de bras et de jambes ; les deux vieux paysans eurent toutes les peines à séparer les enfants de leurs invités. La Francine avait raison : ils avaient bien changé depuis son départ. Jeanne commençait à devenir une jeune fille, et les deux garçons avaient pris de la stature. Le souper fit bientôt prêt, et pour l'occasion, l'Antoine apporta le reste des charcuteries préparées avec le cochon de l'année précédente. Pendant le repas, les paysans racontèrent à Marie les évènements survenus depuis la chute du seigneur, autant dans leur vie qu'au village. L'existence était toujours dure, car la nature n'est pas tendre pour les paysans, mais au moins, on n'avait plus peur quand des gens du nouveau seigneur venaient au village. Et puis, tout le monde gardait la santé, et c'est bien le plus important. De son côté, Marie suscita encore plus l'étonnement de ses hôtes quand elle leur raconta qu'elle avait vécu au palais, pendant deux ans, et qu'elle y avait étudié.
" Et qu'est qu't'as étudié, Marie? demanda l'Antoine
- C'est justement ce dont je vais parler lors de la réunion de demain.
- En tout cas, y sont bien gentils avec toi, l'roi et la reine, pour te laisser avoir d'l'instruction chez eux"
Puis, la conversation s'orienta vers d'autres sujets. Ce fut un repas fort gai pour tout le monde. Marie et Drake passèrent la nuit chez la Francine qui avait préparé une couche à leur intention.
Le lendemain, après avoir fait ses adieux au couple royal et aux serviteurs, Marie quitta le palais royal, et rejoignit Drake qui l'attendait à la sortie pour l'accompagner durant son périple. La jeune fille avait en effet jugé que la présence de son ami dragon lui apporterait une sécurité supplémentaire contre les dangers qu'elle pourrait rencontrer sur la route. De plus, elle souhaitait sa compagnie pendant ce voyage, d'une part pour lui raconter la fin de son séjour parmi les siens, mais surtout pour pouvoir discuter avec lui du profond sentiment de culpabilité qu'elle avait ressenti à chaque fois qu'elle avait été contrainte de mentir à ses proches afin de préserver son incognito. La peine de ses parents et de ses serviteurs causée par sa disparition rendait la dissimulation de son identité d'autant plus douloureuse pour elle qu'elle était forcée de n'en parler à personne. Marie avait besoin de s'ouvrir à son ami sur cette souffrance qui la rongeait, et Drake la comprenait d'autant mieux que lui-même ressentait des remords, ne connaissant que trop bien sa part de responsabilité dans toutes les souffrances que l'enlèvement de la jeune fille avait suscitées. Et pourtant, malgré cela, tous deux ne pouvaient s'empêcher de convenir que les années qu'ils avaient vécues depuis leur rencontre correspondaient aux meilleurs moments de leur vie. Un jour, ses proches apprendraient la vérité, et elle espérait qu'à ce moment, ils la comprendraient et lui pardonneraient.
Afin de rejoindre au plus vite le village de la Francine, les deux compagnons décidèrent d'effectuer le trajet à cheval, en passant la nuit dans des auberges relais. Ils parvinrent ainsi à rejoindre en quelques jours le fief de Viersoul. Après le dernier relais, ils terminèrent leur voyage à pied et arrivèrent à leur destination en soirée. A leur grande surprise, Marie et Drake aperçurent un attroupement qui les attendait à l'entrée du village. En effet, tandis qu'ils marchaient sur le chemin, un jeune paysan les avait reconnus, et la nouvelle de leur arrivée au village les avait précédés. Or, l'exploit de Marie avait profondément marqué les esprits des habitants du fief, et tous voulaient rencontrer celle qui était parvenue à triompher du terrible Gaston de Viersoul, et peut être même lui parler. La jeune fille fut intimidée par la présence d'une telle foule, incertaine de sa capacité à la gérer. A son grand soulagement, elle reconnut la Francine et l'Antoine qui, s'interposant devant l'attroupement, accoururent vers elle.
"Bonne mère, bon père, commença Marie lorsqu'ils la rejoignirent, quel plaisir de vous revoir enfin. J'espère que les enfants se portent bien aussi. Mais dites donc, je suis étonnée de voir tant de monde à cette heure.
- B'soir, mamzelle Marie, répondit la Francine en l'embrassant. Nous aussi, on est ben content d'te voir. B'soir aussi, M'sieur Drake. Et les aut' là bas aussi, y sont contents. Faut dire que t'a épaté tout l'monde en f'sant mettre aux fers l'sire Gaston par l'roi. Mêm' deux ans après personne n'a oublié. Mais dis donc, Marie, qu'est c'que t'a fait pendant ces deux ans et pourquoi qu't'es rev'nue chez nous?
- Bonne mère, vous connaîtrez très bientôt le motif de mon retour parmi vous. Mais d'abord, à mon tour de te demander, est ce que les membres du conseil du village sont présents au sein de ce comité d'accueil?
- Oui, Marie, ils sont en tête d'la foule.
- Dans ce cas, je souhaiterais m'adresser à eux."
Et la jeune fille, entourée de Drake, la Francine et l'Antoine qui contenaient les curieux qui se détachaient de la foule pour tenter de l'approcher, rejoignit le petit groupe de notables.
"Bonsoir maître, commença Marie, s'adressant au chef du conseil. Je suis bien heureuse de me retrouver à nouveau dans ce village qui est si cher à mon coeur. Vous devez certainement vous demander la raison de ma visite. Afin de m'en expliquer devant tous les habitants du village et derépondre à leurs questions, je souhaiterais vous demander d'organiser au plus vite une réunion spéciale. Pourriez vous me dire quand elle pourra avoir lieu?
- Bonsoir Marie. Ca nous fait bien plaisir de t'revoir. On est tous impatients d't'entendre nous dire pourquoi t'es d'nouveau parmi nous. Ta réunion, on pourra la faire dès d'main, si tu veux.
- Je vous remercie de votre attention, et cela me convient parfaitement. Prévenez moi dès que tout sera prêt.
- Bien sûr. J'devine qu'on pourra t'trouver chez la Francine, pas vrai?"
Se tournant vers cette dernière, Marie lui dit :
"Bonne mère, même si je suis très heureuse de vous revoir, je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité en m'invitant chez vous sans prévenir
- Mais qu'est que tu racontes, Marie? protesta la Francine. T'es chez toi dans not' maison.
- Alors, on f'ra comme ça, rétorqua le chef du conseil. Puis, s'adressant aux habitants massés derrière lui
"Les amis, faut rentrer chez vous maint'nant. Mais d'main, vous pourrez la r'voir, la Marie, et vous pourrez lui d'mander c'que vous voudrez. On vous dira où et quand qu'ça s'passera"
Après avoir entendu ces mots, la foule se dispersa progressivement.
La Francine dit alors à Marie:
"Marie, allons à la maison. Les enfants s'ront si contents d'te voir. Z'ont tant poussé d'puis qu't'es partie qu'tu les r'connaitrais plus. Et vous aussi, M'sieur Drake, v'nez pour l'souper.
- Je vous remercie bonne mère, et moi aussi, j'ai hâte de les revoir. Mais aurez vous assez à manger pour deux convives imprévus?
- T'inquiète pas, on trouv'ra toujours queq'chose. Ton r'tour, ça s'fête. Tu peux rester chez nous tant qu'tu veux. Et m'sieur Drake aussi. Toute façon, L'Antoine et moi, on insiste.
- Dans ce cas, nous acceptons avec plaisir"
Dès leur arrivée à la ferme, Marie et Drake furent assaillis par trois paires de bras et de jambes ; les deux vieux paysans eurent toutes les peines à séparer les enfants de leurs invités. La Francine avait raison : ils avaient bien changé depuis son départ. Jeanne commençait à devenir une jeune fille, et les deux garçons avaient pris de la stature. Le souper fit bientôt prêt, et pour l'occasion, l'Antoine apporta le reste des charcuteries préparées avec le cochon de l'année précédente. Pendant le repas, les paysans racontèrent à Marie les évènements survenus depuis la chute du seigneur, autant dans leur vie qu'au village. L'existence était toujours dure, car la nature n'est pas tendre pour les paysans, mais au moins, on n'avait plus peur quand des gens du nouveau seigneur venaient au village. Et puis, tout le monde gardait la santé, et c'est bien le plus important. De son côté, Marie suscita encore plus l'étonnement de ses hôtes quand elle leur raconta qu'elle avait vécu au palais, pendant deux ans, et qu'elle y avait étudié.
" Et qu'est qu't'as étudié, Marie? demanda l'Antoine
- C'est justement ce dont je vais parler lors de la réunion de demain.
- En tout cas, y sont bien gentils avec toi, l'roi et la reine, pour te laisser avoir d'l'instruction chez eux"
Puis, la conversation s'orienta vers d'autres sujets. Ce fut un repas fort gai pour tout le monde. Marie et Drake passèrent la nuit chez la Francine qui avait préparé une couche à leur intention.
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