L'école des princesses : chapitre 77

77) Visite royale au château de Viersoul : chasse et grand bal

Le lendemain, dès l'aube, Gaston de Viersoul et ses illustres invités quittèrent le château afin de se rendre dans les grandes forêts du fief pour la partie de chasse. Le seigneur emmena délibérément le roi et sa cour dans les zones qu'il savait les plus giboyeuses, afin de s'assurer que les chasseurs rapportent du gibier, et reviennent satisfaits à la fin de la journée. Et, en effet, ils parvinrent à tuer plusieurs cerfs et chevreuils, et même trois sangliers.
Pendant que leur maître chassait, tout le personnel au château se consacra aux préparatifs du grand bal du soir. La grande salle fut aménagée et décorée, les musiciens répétèrent leurs morceaux, les habits et masques  furent apprêtés. De plus, dès l'aube, les cuisiniers se consacrèrent au festin du soir ; ils devaient avancer le plus possible leur travail, afin de n'avoir plus qu'à s'occuper de préparer le gibier rapporté par les chasseurs à leur retour, qui survint en milieu d'après midi.
Tandis que ses hôtes rejoignirent leurs quartiers pour prendre un peu de repos, le seigneur parcourut le château, afin d'inspecter l'avancement des préparatifs, réprimandant son personnel lorsqu'il n'était pas satisfait. Ensuite, il se prépara à son tour afin d'accueillir les autres invités pour le bal. En effet, Gaston de Viersoul avait décidé de convier les notables de son fief, ainsi que d'autres seigneurs des environs, afin qu'ils soient tous témoins de sa récente gloire. Et dès le coucher du soleil, il fut lavé, parfumé, vêtu de son plus bel habit, et prêt à accueillir les nouveaux arrivants, qui déjà commençaient à entrer au château, les premiers d'entre eux étant Henri Coeur et sa famille.
Enfin, à la tombée de la nuit, tous furent installés pour le grand banquet qui devait précéder le bal, le seigneur de Viersoul et son épouse assis aux côtés du couple royal. Les cuisiniers avaient déployé toute l'étendue de leurs talents, tirant avantageusement parti de toutes les denrées raffinées que le seigneur avait achetées pour l'occasion, et les convives louèrent la grande qualité et la grande diversité des plats et boissons, qui n'avaient d'équivalent que dans les banquets royaux. Gaston de Viersoul jubilait et se rengorgeait à chaque éloge de ses invités.
Ensuite, le bal commença. Le seigneur avait ordonné que les danses se succèdent selon les usages à la cour. Une série de quatre branles ouvrit le bal. Suivirent des courantes, puis des menuets et des bourrées, et enfin, une nouvelle série de branles conclut le bal. Le roi impressionna les hôtes de la région par ses talents de danseur, en particulier Gaston de Viersoul, qui ne manqua pas une occasion d'en complimenter son souverain.
Alors que la soirée touchait à sa fin, le roi s'adressa à son hôte :
"Messire de Viersoul, je tiens à vous remercier du fond du coeur de votre accueil dans votre maison.
Tous les efforts que vous avez déployés montrent votre dévouement et votre loyauté à votre roi, et vous méritez d'en être récompensé à la hauteur de vos mérites. Je souhaiterais vous confier l'organisation des réceptions des seigneurs et diplomates étrangers au palais : personne ne pourrait s'acquitter aussi bien que vous de cette importante tâche. La paix du royaume peut dépendre de la qualité de votre travail ; vous pouvez mesurer combien je place ma confiance en vous"
Gaston de Viersoul ressentit alors dans son coeur la plus grande joie qu'il eût jamais éprouvé de sa vie. Il allait rejoindre la cour du roi, et le prestige de cette charge dépassait ses plus grandes espérances. Mobilisant tous ses efforts pour contenir son immense jubilation, il répondit à son souverain
"Votre Altesse, je ne puis que vous remercier du plus profond de mon coeur de la grande confiance que vous m'accordez. Je mesure avec grande humilité le poids de la responsabilité dont vous m'avez chargé, et vous promets de faire tout mon possible pour m'en montrer digne. De plus, je souhaiterais trouver un moyen de vous témoigner ma profonde reconnaissance.
- Croyez bien que je suis fort touché par votre sollicitude. Et justement, je désirerais à mon tour vous demander une faveur. Mon épouse et moi avons pour pupille une jeune fille de noble famille, mais qui a perdu ses parents et sa fortune, et nous souhaiterions lui trouver une situation à la cour. Consentiriez vous, lorsque vous rejoindrez le palais, à l'engager comme dame de compagnie pour votre épouse?
- Votre Altesse, comparé à l'immense honneur que vous m'avez accordé, je serais bien ingrat de ne pas consentir à une si modeste demande. Et je suis sûr que mon épouse pense comme moi"
Celle-ci ne dit mot, ce que Gaston de Viersoul interpréta comme un consentement. En réalité, à la différence de son mari, ces honneurs si soudains ne faisaient que renforcer son pressentiment. Néanmoins, elle garda ses pensées pour elle-même et attendit la suite des évènements.
"Je n'en attendais pas moins de vous, répondit le roi. Je vais faire appeler ma pupille, pour vous la présenter"
Et bientôt, une jeune fille aux cheveux noirs, portant un masque blanc et vêtue d'une robe bleue apparut. Elle traversa la salle pour s'approcher du roi et de Gaston de Viersoul. Enfin, retirant son masque, Marie Fabre s'adressa au seigneur :
"Enchantée de faire votre connaissance, Messire" 

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