L'école des princesses : chapitre 76
76) Visite royale du fief de Viersoul
Le lendemain matin, pendant le déjeuner au cours duquel Gaston de Viersoul avait fait servir du café à ses invités, le roi s'adressa à son hôte :
"Je tiens tout d'abord à vous remercier pour cet excellent café. Je vous avoue que je ne m'attendais pas à en déguster ici. Cela dit, j'ai hâte que vous nous emmeniez découvrir votre beau fief.
- Votre Majesté, nous pourrons partir dès que le déjeuner sera achevé, répondit le seigneur. Mes serviteurs aident déjà les vôtres à préparer les chevaux pour notre départ.
- Voilà qui est parfait, et j'apprécie beaucoup votre sollicitude."
Et, en effet, une demi-heure plus tard, le couple seigneurial, le couple royal et les nobles quittèrent le château. Alors qu'ils chevauchaient côte à côte, le roi demanda à Gaston de Viersoul :
"Cher ami, où allez vous nous conduire pour le commencement de notre visite?
- Votre Altesse, pour ce matin, j'ai pris l'initiative de vous conduire au bourg de Viersoul, le plus important centre de mon fief, tant pour sa population que pour son économie. Il n'est que peu éloigné de mon château, et nous y parviendrons bientôt"
Et, en effet, une demi-heure plus tard, les nobles cavaliers entrèrent dans une petite ville. Ils commencèrent à parcourir les rues du bourg. La population de la ville, peu habituée à de tels visiteurs, se pressait pour observer le cortège royal, et plusieurs habitants enthousiastes clamaient "Vive le roi! Vive notre seigneur!". La compagnie arriva à la grande place de la ville, où se dressait un grand édifice en pierre sombre, dont la façade comportait de nombreuses figures sculptées, qui représentaient des scènes historiques et des récits mythologiques.
"Votre Majesté, voici l'hôtel du bourgmestre de Viersoul, qui, après mon château, est le plus grand, le plus beau et le plus ancien bâtiment de mon fief. Il a été construit il y a plus de trois cents ans par Jean-Pierre du Temple, le célèbre architecte.
- Voici en effet un bien bel édifice, et je reconnais bien le style de son artiste. Mais je vois qu'un comité d'accueil nous attend."
Et, en effet, devant l'entrée du bâtiment, un petit attroupement s'était formé, avec, à sa tête, un petit homme de taille moyenne, un peu trapu, aux cheveux gris.
" Votre Majesté, Messires et Gentes Dames, commença le seigneur en désignant l'homme, je vous présente Henri Coeur, le bourgmestre. Il est, après moi-même, l'homme le plus puissant et le plus respecté du fief, et c'est aussi un ami fidèle et dévoué.
- C'est un immense honneur pour moi, continua M. Coeur, de recevoir mon souverain et une si noble compagnie dans mon bourg
- Tout le plaisir est pour nous" répondit le roi.
Le bourgmestre présenta au couple royal et aux autres nobles les gens qui l'accompagnaient, ses adjoints, ainsi que les principaux notables de la ville et leurs familles. Les plus riches étaient le tisserand-drapier et le forgeron, qui ne tarissaient pas d'éloge sur le sire de Viersoul, leur principal client, à qui ils devaient leur fortune. Henri Coeur emmena ensuite ses illustres invités pour une visite guidée de Viersoul. Celle-ci commença par une présentation et un tour du bel hôtel, puis se poursuivit par une longue promenade à pied dans les rues de la ville en incluant des étapes dans les ateliers des riches artisans. La matinée s'achevait lorsqu'ils finirent le tour du bourg, et que le seigneur et ses invités prirent congé de leur guide afin de regagner le château.
A leur arrivée, le dîner était déjà préparé, la table dressée, avec, au menu, des plats à base de viandes de mouton, d'agneau, de porc, de volailles, préparés avec une grande variété d'épices, de condiments et d'aromates. A la fin du repas, suivant en cela la mode de la cour, le seigneur fit servir du chocolat à ses convives.
"Et maintenant mon ami, lui dit le roi tandis qu'il dégustait son chocolat, quelle est la suite du programme?
- Votre Majesté, il est temps à présent que vous visitiez nos belles campagnes."
Et Gaston de Viersoul emmena ses hôtes vers les grands champs et pâturages de son fief.
"Votre Majesté, nous bénéficions de terres très fertiles, et le blé qui pousse chez nous est l'un des meilleurs du pays. De plus, nous devons l'excellence de notre laine, de notre lait et de notre viande à la grande qualité de l'herbe et du foin dont bénéficie notre cheptel.
- Si j'en juge par les plats que nous avons dégustés tantôt, lui répliqua le roi, je ne peux que vous donner raison"
Le seigneur fit ainsi parcourir une grande partie de son fief à ses nobles hôtes, veillant néanmoins à ne pas s'attarder dans les villages et hameaux qu'ils traversaient. Au coucher du soleil, ils rejoignirent à nouveau le château pour le souper.
Plus tard, dans la nuit, alors qu'il avait pris congé de ses invités, dans l'intimité de leur chambre, Gaston de Viersoul s'adressa à son épouse
"Ma chère, réjouissez vous. Sa Majesté et sa cour m'ont témoigné le grand plaisir que cette journée leur avait procuré. Ils ont manifesté le plus grand intérêt à tout ce que je leur ai montré, et je ne doute pas de la grande fortune qui en résultera pour nous
- Je dois reconnaître que Sa Majesté la reine, ainsi que ses compagnes ont aussi semblé fort satisfaites de leur séjour parmi nous. Et pourtant, je m'interroge : tout cela paraît trop beau pour être vrai.
- Que voulez vous dire, ma chère?
- Ne trouvez vous pas étrange que notre roi montre un tel intérêt pour notre fief, qui est pourtant plutôt pauvre et isolé?
- Je n'y vois rien de surprenant : il est bien naturel que notre souverain accorde la même importance à tous les territoires de son royaume, et que notre domaine compte autant pour lui que les plus grandes villes du pays.
- Et pourtant, mon coeur ne peut s'empêcher d'être assailli par un pressentiment
- Oh, paix, femme, s'irrita le seigneur, Vos inquiétudes sont stupides et injustifiées, et je ne veux pas en entendre plus. Cette première journée s'est révélée un total succès, et je ne vois aucune raison pour laquelle la suivante ne suive pas l'exemple de la première.
- Je ne peux que souhaiter que vous avez raison. Je vous souhaite la bonne nuit, mon ami
- Bonne nuit à vous aussi, ma chère"
Et sur ces mots, le couple seigneurial rejoignirent leur lit.
Le lendemain matin, pendant le déjeuner au cours duquel Gaston de Viersoul avait fait servir du café à ses invités, le roi s'adressa à son hôte :
"Je tiens tout d'abord à vous remercier pour cet excellent café. Je vous avoue que je ne m'attendais pas à en déguster ici. Cela dit, j'ai hâte que vous nous emmeniez découvrir votre beau fief.
- Votre Majesté, nous pourrons partir dès que le déjeuner sera achevé, répondit le seigneur. Mes serviteurs aident déjà les vôtres à préparer les chevaux pour notre départ.
- Voilà qui est parfait, et j'apprécie beaucoup votre sollicitude."
Et, en effet, une demi-heure plus tard, le couple seigneurial, le couple royal et les nobles quittèrent le château. Alors qu'ils chevauchaient côte à côte, le roi demanda à Gaston de Viersoul :
"Cher ami, où allez vous nous conduire pour le commencement de notre visite?
- Votre Altesse, pour ce matin, j'ai pris l'initiative de vous conduire au bourg de Viersoul, le plus important centre de mon fief, tant pour sa population que pour son économie. Il n'est que peu éloigné de mon château, et nous y parviendrons bientôt"
Et, en effet, une demi-heure plus tard, les nobles cavaliers entrèrent dans une petite ville. Ils commencèrent à parcourir les rues du bourg. La population de la ville, peu habituée à de tels visiteurs, se pressait pour observer le cortège royal, et plusieurs habitants enthousiastes clamaient "Vive le roi! Vive notre seigneur!". La compagnie arriva à la grande place de la ville, où se dressait un grand édifice en pierre sombre, dont la façade comportait de nombreuses figures sculptées, qui représentaient des scènes historiques et des récits mythologiques.
"Votre Majesté, voici l'hôtel du bourgmestre de Viersoul, qui, après mon château, est le plus grand, le plus beau et le plus ancien bâtiment de mon fief. Il a été construit il y a plus de trois cents ans par Jean-Pierre du Temple, le célèbre architecte.
- Voici en effet un bien bel édifice, et je reconnais bien le style de son artiste. Mais je vois qu'un comité d'accueil nous attend."
Et, en effet, devant l'entrée du bâtiment, un petit attroupement s'était formé, avec, à sa tête, un petit homme de taille moyenne, un peu trapu, aux cheveux gris.
" Votre Majesté, Messires et Gentes Dames, commença le seigneur en désignant l'homme, je vous présente Henri Coeur, le bourgmestre. Il est, après moi-même, l'homme le plus puissant et le plus respecté du fief, et c'est aussi un ami fidèle et dévoué.
- C'est un immense honneur pour moi, continua M. Coeur, de recevoir mon souverain et une si noble compagnie dans mon bourg
- Tout le plaisir est pour nous" répondit le roi.
Le bourgmestre présenta au couple royal et aux autres nobles les gens qui l'accompagnaient, ses adjoints, ainsi que les principaux notables de la ville et leurs familles. Les plus riches étaient le tisserand-drapier et le forgeron, qui ne tarissaient pas d'éloge sur le sire de Viersoul, leur principal client, à qui ils devaient leur fortune. Henri Coeur emmena ensuite ses illustres invités pour une visite guidée de Viersoul. Celle-ci commença par une présentation et un tour du bel hôtel, puis se poursuivit par une longue promenade à pied dans les rues de la ville en incluant des étapes dans les ateliers des riches artisans. La matinée s'achevait lorsqu'ils finirent le tour du bourg, et que le seigneur et ses invités prirent congé de leur guide afin de regagner le château.
A leur arrivée, le dîner était déjà préparé, la table dressée, avec, au menu, des plats à base de viandes de mouton, d'agneau, de porc, de volailles, préparés avec une grande variété d'épices, de condiments et d'aromates. A la fin du repas, suivant en cela la mode de la cour, le seigneur fit servir du chocolat à ses convives.
"Et maintenant mon ami, lui dit le roi tandis qu'il dégustait son chocolat, quelle est la suite du programme?
- Votre Majesté, il est temps à présent que vous visitiez nos belles campagnes."
Et Gaston de Viersoul emmena ses hôtes vers les grands champs et pâturages de son fief.
"Votre Majesté, nous bénéficions de terres très fertiles, et le blé qui pousse chez nous est l'un des meilleurs du pays. De plus, nous devons l'excellence de notre laine, de notre lait et de notre viande à la grande qualité de l'herbe et du foin dont bénéficie notre cheptel.
- Si j'en juge par les plats que nous avons dégustés tantôt, lui répliqua le roi, je ne peux que vous donner raison"
Le seigneur fit ainsi parcourir une grande partie de son fief à ses nobles hôtes, veillant néanmoins à ne pas s'attarder dans les villages et hameaux qu'ils traversaient. Au coucher du soleil, ils rejoignirent à nouveau le château pour le souper.
Plus tard, dans la nuit, alors qu'il avait pris congé de ses invités, dans l'intimité de leur chambre, Gaston de Viersoul s'adressa à son épouse
"Ma chère, réjouissez vous. Sa Majesté et sa cour m'ont témoigné le grand plaisir que cette journée leur avait procuré. Ils ont manifesté le plus grand intérêt à tout ce que je leur ai montré, et je ne doute pas de la grande fortune qui en résultera pour nous
- Je dois reconnaître que Sa Majesté la reine, ainsi que ses compagnes ont aussi semblé fort satisfaites de leur séjour parmi nous. Et pourtant, je m'interroge : tout cela paraît trop beau pour être vrai.
- Que voulez vous dire, ma chère?
- Ne trouvez vous pas étrange que notre roi montre un tel intérêt pour notre fief, qui est pourtant plutôt pauvre et isolé?
- Je n'y vois rien de surprenant : il est bien naturel que notre souverain accorde la même importance à tous les territoires de son royaume, et que notre domaine compte autant pour lui que les plus grandes villes du pays.
- Et pourtant, mon coeur ne peut s'empêcher d'être assailli par un pressentiment
- Oh, paix, femme, s'irrita le seigneur, Vos inquiétudes sont stupides et injustifiées, et je ne veux pas en entendre plus. Cette première journée s'est révélée un total succès, et je ne vois aucune raison pour laquelle la suivante ne suive pas l'exemple de la première.
- Je ne peux que souhaiter que vous avez raison. Je vous souhaite la bonne nuit, mon ami
- Bonne nuit à vous aussi, ma chère"
Et sur ces mots, le couple seigneurial rejoignirent leur lit.
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