L'école des princesses : chapitre 74
74) Annonce et préparatifs d'une visite royale au château de Viersoul
Un mois après la rencontre de Marie avec la reine, au château de Gaston de Viersoul, le garde en faction à l'entrée vit un cavalier qui s'approchait au galop. Lorsque ce dernier arriva à proximité de la forteresse, il lui lança du sommet des remparts :
"Halte. Qui êtes vous et que voulez vous?
- Laissez moi entrer, répondit le cavalier. J'ai un message d'une haute importance à l'intention du seigneur de Viersoul, de la part de Sa Majesté le Roi."
Fort troublée par cette réponse, la sentinelle quitta son poste pour rejoindre le seigneur
"Eh bien, garde, gronda le sire de Viersoul, que venez vous faire ici? Pourquoi avez vous quitté votre poste?
- Messire, il y a un homme qui prétend venir de la part du roi. Dois-je le laisser entrer?
- Est il seul?
- Oui, messire
- Dans ce cas, qu'attendez vous pour le faire entrer? S'il dit la vérité, lui refuser notre accueil serait fort inapproprié, et s'il ment, nous pourrons à loisir punir le drôle pour son insolence.
- A vos ordres, messire"
Gaston de Viersoul, accompagné de ses conseillers, se rendit dans la cour de son château pour recevoir le messager, tandis que la sentinelle baissa le pont-levis. Le cavalier rejoignit rapidement le seigneur, s'inclina respectueusement devant lui puis s'adressa à son hôte en ces termes :
"Je vous souhaite le bonjour, messire, et vous présente mes respects. Sa Majesté le Roi m'a chargé de vous annoncer qu'il souhaitait vous faire l'honneur d'une visite dans votre domaine. Voici la lettre qu'il m'a chargée de vous transmettre"
Gaston de Viersoul saisit l'enveloppe, et reconnut le sceau royal, qui confirmait les dires du messager. Dans la lettre, le roi annonçait une visite de deux jours, en compagnie de la reine et des membres les plus illustres de sa cour. De plus, il proposait à son hôte un programme pour la durée de son séjour. Le monarque désirait découvrir le fief de son vassal, où il n'était jamais venu auparavant, en demandant au seigneur de lui servir de guide. De plus, il suggérait aussi comme divertissements, une partie de chasse et enfin, le dernier soir de sa visite, un grand bal masqué.
A la lecture de la lettre du roi, le seigneur de Viersoul ressentit un immense plaisir. Une visite du couple royal et de sa cour représentait une insigne honneur et une grande marque de considération pour le seigneur qui la recevait. Il ne doutait pas que son suzerain rendait ainsi hommage à son grand mérite en lui accordant une telle faveur. De plus, il entretenait aussi l'espoir d'une charge prestigieuse à la cour ou d'un autre privilège spécial que le roi pourrait lui accorder s'il se révélait un hôte exemplaire. Aussi, il fit répondre au messager qu'il désirait témoigner sa reconnaissance pour la grande faveur que lui accordait son souverain, qu'il approuvait avec enthousiasme le programme qui lui était proposé, et qu'il recevrait ses hôtes avec tous les honneurs dus à leur rang. Après avoir reçu le témoignage écrit de l'hommage de Gaston de Viersoul à son suzerain, l'envoyé du roi remonta sur son cheval et quitta le château.
Pendant les semaines qui suivirent, le seigneur mobilisa tous ses gens pour les préparatifs de la visite royale. Il fit réparer en urgences certaines aires du château qui avaient été endommagées, en vue d'y accueillir certains de ses hôtes. Il ordonna aussi à ses servantes de nettoyer de fond en comble l'ensemble de sa vaste demeure, n'hésitant pas à les contraindre à travailler alors que la nuit était déjà fort avancée. Gaston de Viersoul n'hésita pas à dépenser sans compter pour impressionner ses invités.
Il fit acheter dans le grand port des des denrées de luxe, épices, chocolat, café, vins réputés, liqueurs exotiques, ainsi que de grandes bannières figurant les armoiries du roi pour en décorer les remparts du château lors de la visite royale. Il n'hésita pas à choisir des cadeaux somptueux pour le couple royal et sa cour : un collier en or massif avec des saphirs et diamants pour la reine, une épée d'un acier de très haute qualité, avec un fourreau orné de pierreries pour le roi et de beaux habits et soieries pour les autres nobles invités.
Pour financer toutes ces dépenses, le seigneur leva des impôts spéciaux sur ses sujets, menaçant les récalcitrants de saisir leurs biens, de les fouetter publiquement et de les jeter en prison. Il leur imposa aussi des corvées afin de s'assurer d'une main d'oeuvre suffisante pour les travaux qu'il avait planifiés. Il n'hésita pas à réquisitionner quelques têtes du cheptel de ses paysans qui seraient destinés au festin de ses invités. Et bien qu'il accablât autant qu'il pût ses sujets, il ne parvint pas à obtenir suffisamment de fonds pour satisfaire ses besoins, et fut forcé d'emprunter à fort intérêt à des usuriers du grand port. Devant son épouse qui critiquait son excessive prodigalité, il insistait que cette visite royale représentait une exceptionnelle opportunité et que les bénéfices qu'il pourrait en tirer compenseraient plus que largement son investissement initial. Bien que sceptique face à l'optimisme de son mari, elle se résigna à le laisser agir à sa guise sans protester davantage.
Un mois après la rencontre de Marie avec la reine, au château de Gaston de Viersoul, le garde en faction à l'entrée vit un cavalier qui s'approchait au galop. Lorsque ce dernier arriva à proximité de la forteresse, il lui lança du sommet des remparts :
"Halte. Qui êtes vous et que voulez vous?
- Laissez moi entrer, répondit le cavalier. J'ai un message d'une haute importance à l'intention du seigneur de Viersoul, de la part de Sa Majesté le Roi."
Fort troublée par cette réponse, la sentinelle quitta son poste pour rejoindre le seigneur
"Eh bien, garde, gronda le sire de Viersoul, que venez vous faire ici? Pourquoi avez vous quitté votre poste?
- Messire, il y a un homme qui prétend venir de la part du roi. Dois-je le laisser entrer?
- Est il seul?
- Oui, messire
- Dans ce cas, qu'attendez vous pour le faire entrer? S'il dit la vérité, lui refuser notre accueil serait fort inapproprié, et s'il ment, nous pourrons à loisir punir le drôle pour son insolence.
- A vos ordres, messire"
Gaston de Viersoul, accompagné de ses conseillers, se rendit dans la cour de son château pour recevoir le messager, tandis que la sentinelle baissa le pont-levis. Le cavalier rejoignit rapidement le seigneur, s'inclina respectueusement devant lui puis s'adressa à son hôte en ces termes :
"Je vous souhaite le bonjour, messire, et vous présente mes respects. Sa Majesté le Roi m'a chargé de vous annoncer qu'il souhaitait vous faire l'honneur d'une visite dans votre domaine. Voici la lettre qu'il m'a chargée de vous transmettre"
Gaston de Viersoul saisit l'enveloppe, et reconnut le sceau royal, qui confirmait les dires du messager. Dans la lettre, le roi annonçait une visite de deux jours, en compagnie de la reine et des membres les plus illustres de sa cour. De plus, il proposait à son hôte un programme pour la durée de son séjour. Le monarque désirait découvrir le fief de son vassal, où il n'était jamais venu auparavant, en demandant au seigneur de lui servir de guide. De plus, il suggérait aussi comme divertissements, une partie de chasse et enfin, le dernier soir de sa visite, un grand bal masqué.
A la lecture de la lettre du roi, le seigneur de Viersoul ressentit un immense plaisir. Une visite du couple royal et de sa cour représentait une insigne honneur et une grande marque de considération pour le seigneur qui la recevait. Il ne doutait pas que son suzerain rendait ainsi hommage à son grand mérite en lui accordant une telle faveur. De plus, il entretenait aussi l'espoir d'une charge prestigieuse à la cour ou d'un autre privilège spécial que le roi pourrait lui accorder s'il se révélait un hôte exemplaire. Aussi, il fit répondre au messager qu'il désirait témoigner sa reconnaissance pour la grande faveur que lui accordait son souverain, qu'il approuvait avec enthousiasme le programme qui lui était proposé, et qu'il recevrait ses hôtes avec tous les honneurs dus à leur rang. Après avoir reçu le témoignage écrit de l'hommage de Gaston de Viersoul à son suzerain, l'envoyé du roi remonta sur son cheval et quitta le château.
Pendant les semaines qui suivirent, le seigneur mobilisa tous ses gens pour les préparatifs de la visite royale. Il fit réparer en urgences certaines aires du château qui avaient été endommagées, en vue d'y accueillir certains de ses hôtes. Il ordonna aussi à ses servantes de nettoyer de fond en comble l'ensemble de sa vaste demeure, n'hésitant pas à les contraindre à travailler alors que la nuit était déjà fort avancée. Gaston de Viersoul n'hésita pas à dépenser sans compter pour impressionner ses invités.
Il fit acheter dans le grand port des des denrées de luxe, épices, chocolat, café, vins réputés, liqueurs exotiques, ainsi que de grandes bannières figurant les armoiries du roi pour en décorer les remparts du château lors de la visite royale. Il n'hésita pas à choisir des cadeaux somptueux pour le couple royal et sa cour : un collier en or massif avec des saphirs et diamants pour la reine, une épée d'un acier de très haute qualité, avec un fourreau orné de pierreries pour le roi et de beaux habits et soieries pour les autres nobles invités.
Pour financer toutes ces dépenses, le seigneur leva des impôts spéciaux sur ses sujets, menaçant les récalcitrants de saisir leurs biens, de les fouetter publiquement et de les jeter en prison. Il leur imposa aussi des corvées afin de s'assurer d'une main d'oeuvre suffisante pour les travaux qu'il avait planifiés. Il n'hésita pas à réquisitionner quelques têtes du cheptel de ses paysans qui seraient destinés au festin de ses invités. Et bien qu'il accablât autant qu'il pût ses sujets, il ne parvint pas à obtenir suffisamment de fonds pour satisfaire ses besoins, et fut forcé d'emprunter à fort intérêt à des usuriers du grand port. Devant son épouse qui critiquait son excessive prodigalité, il insistait que cette visite royale représentait une exceptionnelle opportunité et que les bénéfices qu'il pourrait en tirer compenseraient plus que largement son investissement initial. Bien que sceptique face à l'optimisme de son mari, elle se résigna à le laisser agir à sa guise sans protester davantage.
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