L'école des princesses : chapitre 72
72) Nouvelle révision d'"Horace et Calircé", et répétitions.
Au cours des jours qui suivirent, tandis que M. Corcine révisait à son tour sa pièce, Marie décida de proposer ses services aux comédiens de l'Illustre tragédie, afin de tisser des liens avec eux et ainsi gagner leur confiance. En effet, depuis son arrivée au grand théâtre, elle n'avait interagi de manière significative qu'avec M. Bournès, avec qui elle avait développé dès leur rencontre une solide complicité qui s'était renforcée lors de leur collaboration lors de la révision d'"Horace et Calircé", et dans une moindre mesure, Armande Bernard. Or Marie savait qu'elle parviendrait plus facilement à affronter l'hostilité de M. Corcine si elle parvenait à rompre son relatif isolement au sein de l'Illustre Tragédie.
Toujours intéressés par une paire de bras supplémentaires pour les aider, les comédiens n'hésitèrent pas à accepter l'initiative de la jeune fille. Ainsi elle les assista dans leur tâches quotidiennes, les aidant à répéter leur rôles en leur donnant la réplique, ou bien en participant à la préparation des décors, des costumes et des accessoires. Elle ne tarda pas à s'attirer la sympathie de l'ensemble de la troupe par son ardeur au travail, sa bonne volonté et sa profonde gentillesse.
Enfin, au bout d'une semaine, M. de la Salle convoqua Marie dans son bureau, dans lesquel elle vit Corcine tenant entre les mains un grand cahier. La jeune fille devina que le dramaturge avait terminé son travail sur sa pièce.
"Voici la version définitive d'"Horace et Calircé" mademoiselle, confirma M. Corcine en lui présentant le manuscrit. Je suis convaincu que vous reconnaîtrez aisément que j'ai grandement amélioré votre travail fort approximatif, et qu'à présent, cette pièce mérite enfin d'être présentée au public. M. le directeur, je vous propose de programmer la première d"Horace et Calircé" dans trois semaines.
- Voici une excellente suggestion, s'enthousiasma M. de la Salle. Je vous donne mon accord"
Marie commença à lire la nouvelle version de sa pièce. Elle constata rapidement que le dramaturge ne s'était pas seulement contenté de mettre en vers sa prose. Il avait également profondément modifié l'équilibre entre les différentes scènes, notamment, et à sa grande consternation, en réduisant l'importance du rôle de Vadius au profit de ceux d'Horace et Calircé. Les scènes de confrontation entre le jeune héros et la magicienne avaient été considérablement rallongées, par l'addition de longues tirades déclamées par les deux adversaires tandis que la participation de Vadius avait été réduite au minimum dans la dernière scène. Alors que dans la version de Marie, celle-ci le remettait au centre de l'attention en montrant la frayeur comique du pauvre compagnon face à l'enchanteresse, dans la révision du dramaturge, il n'y remplissait qu'un rôle de figuration.
Bien que Marie ne pût nier la qualité et la beauté du texte de M. Corcine, elle ne reconnaissait plus du tout sa pièce. Sa comédie féérique était devenue un drame légendaire destiné à mettre en valeur les talents oratoires des deux vedettes de l'Illustre Tragédie. Cependant, malgré son profond dépit, elle remercia le dramaturge pour ses efforts, bien conscience qu'elle avait encore besoin de lui pour parvenir à ses fins. Elle se contenta de demander à M. Corcine de lui restituer son manuscrit initial en prose ; celui-ci, ayant anticipé la demande de la jeune fille, lui rendit le petit paquet de feuillets qu'elle lui avait apporté la semaine précédente.
Peu après, M. Corcine, Marie et M. de la Salle rejoignirent la troupe dans la grande salle pour leur présenter la nouvelle pièce qu'ils devraient préparer. La plupart des comédiens, y compris Mme Bernard, approuvèrent cette version d"Horace et Calircé", à la notable exception de Bournès, profondément frustré de voir l'importance de son rôle diminuée par rapport à la version originale de Marie. Cependant, M. Corcine lui rappela que son rôle restait bien plus important que ceux qu'il lui écrivait habituellement, et qu'il n'avait de ce fait aucune raison valable de se plaindre.
Les répétitions d'"Horace et Calircé" commencèrent dès le lendemain. Le même jour, M. de la Salle annonça à la troupe la présence du couple royal lors de la grande première. Cette nouvelle augmenta encore plus l'exigence de M. Corcine vis à vis de ses comédiens, afin que la qualité de leur prestation se révèle digne d'une telle audience. Et bien que Marie ne disposât que du rôle relativement bref de la suivante de Calircé, le dramaturge se révéla tout aussi dur avec elle qu'avec les interprètes jouant les personnages principaux. La jeune fille supporta fort difficilement la sévérité du metteur en scène qui ne cessait de critiquer son jeu, malgré tous les efforts qu'elle fournissait. Elle se consolait grâce au soutien de ses partenaires, notamment Mme Bernard avec laquelle sa complicité se renforça lors de la préparation des parties chantées, et au plaisir qu'elle ressentait à donner la réplique à de si talenteux comédiens. A la veille de la grande première, tous maîtrisaient parfaitement leur rôle.
Au cours des jours qui suivirent, tandis que M. Corcine révisait à son tour sa pièce, Marie décida de proposer ses services aux comédiens de l'Illustre tragédie, afin de tisser des liens avec eux et ainsi gagner leur confiance. En effet, depuis son arrivée au grand théâtre, elle n'avait interagi de manière significative qu'avec M. Bournès, avec qui elle avait développé dès leur rencontre une solide complicité qui s'était renforcée lors de leur collaboration lors de la révision d'"Horace et Calircé", et dans une moindre mesure, Armande Bernard. Or Marie savait qu'elle parviendrait plus facilement à affronter l'hostilité de M. Corcine si elle parvenait à rompre son relatif isolement au sein de l'Illustre Tragédie.
Toujours intéressés par une paire de bras supplémentaires pour les aider, les comédiens n'hésitèrent pas à accepter l'initiative de la jeune fille. Ainsi elle les assista dans leur tâches quotidiennes, les aidant à répéter leur rôles en leur donnant la réplique, ou bien en participant à la préparation des décors, des costumes et des accessoires. Elle ne tarda pas à s'attirer la sympathie de l'ensemble de la troupe par son ardeur au travail, sa bonne volonté et sa profonde gentillesse.
Enfin, au bout d'une semaine, M. de la Salle convoqua Marie dans son bureau, dans lesquel elle vit Corcine tenant entre les mains un grand cahier. La jeune fille devina que le dramaturge avait terminé son travail sur sa pièce.
"Voici la version définitive d'"Horace et Calircé" mademoiselle, confirma M. Corcine en lui présentant le manuscrit. Je suis convaincu que vous reconnaîtrez aisément que j'ai grandement amélioré votre travail fort approximatif, et qu'à présent, cette pièce mérite enfin d'être présentée au public. M. le directeur, je vous propose de programmer la première d"Horace et Calircé" dans trois semaines.
- Voici une excellente suggestion, s'enthousiasma M. de la Salle. Je vous donne mon accord"
Marie commença à lire la nouvelle version de sa pièce. Elle constata rapidement que le dramaturge ne s'était pas seulement contenté de mettre en vers sa prose. Il avait également profondément modifié l'équilibre entre les différentes scènes, notamment, et à sa grande consternation, en réduisant l'importance du rôle de Vadius au profit de ceux d'Horace et Calircé. Les scènes de confrontation entre le jeune héros et la magicienne avaient été considérablement rallongées, par l'addition de longues tirades déclamées par les deux adversaires tandis que la participation de Vadius avait été réduite au minimum dans la dernière scène. Alors que dans la version de Marie, celle-ci le remettait au centre de l'attention en montrant la frayeur comique du pauvre compagnon face à l'enchanteresse, dans la révision du dramaturge, il n'y remplissait qu'un rôle de figuration.
Bien que Marie ne pût nier la qualité et la beauté du texte de M. Corcine, elle ne reconnaissait plus du tout sa pièce. Sa comédie féérique était devenue un drame légendaire destiné à mettre en valeur les talents oratoires des deux vedettes de l'Illustre Tragédie. Cependant, malgré son profond dépit, elle remercia le dramaturge pour ses efforts, bien conscience qu'elle avait encore besoin de lui pour parvenir à ses fins. Elle se contenta de demander à M. Corcine de lui restituer son manuscrit initial en prose ; celui-ci, ayant anticipé la demande de la jeune fille, lui rendit le petit paquet de feuillets qu'elle lui avait apporté la semaine précédente.
Peu après, M. Corcine, Marie et M. de la Salle rejoignirent la troupe dans la grande salle pour leur présenter la nouvelle pièce qu'ils devraient préparer. La plupart des comédiens, y compris Mme Bernard, approuvèrent cette version d"Horace et Calircé", à la notable exception de Bournès, profondément frustré de voir l'importance de son rôle diminuée par rapport à la version originale de Marie. Cependant, M. Corcine lui rappela que son rôle restait bien plus important que ceux qu'il lui écrivait habituellement, et qu'il n'avait de ce fait aucune raison valable de se plaindre.
Les répétitions d'"Horace et Calircé" commencèrent dès le lendemain. Le même jour, M. de la Salle annonça à la troupe la présence du couple royal lors de la grande première. Cette nouvelle augmenta encore plus l'exigence de M. Corcine vis à vis de ses comédiens, afin que la qualité de leur prestation se révèle digne d'une telle audience. Et bien que Marie ne disposât que du rôle relativement bref de la suivante de Calircé, le dramaturge se révéla tout aussi dur avec elle qu'avec les interprètes jouant les personnages principaux. La jeune fille supporta fort difficilement la sévérité du metteur en scène qui ne cessait de critiquer son jeu, malgré tous les efforts qu'elle fournissait. Elle se consolait grâce au soutien de ses partenaires, notamment Mme Bernard avec laquelle sa complicité se renforça lors de la préparation des parties chantées, et au plaisir qu'elle ressentait à donner la réplique à de si talenteux comédiens. A la veille de la grande première, tous maîtrisaient parfaitement leur rôle.
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