L'école des princesses : chapitre 64
64) Visite guidée au Pays Enchanté : arrivée chez les gobelins.
Après le repas, Drake et la princesse partirent avec Smaugnir pour se rendre au village des gobelins. Ils prirent ensemble la direction du sud et, au bout d'une heure de vol, arrivèrent au pied de montagnes rocheuses. En contrebas d'une des montagnes, la jeune fille remarqua que la forêt avait été partiellement défrichée et aperçut de légers panaches de fumée provenant de la zone dégagée. Lorsqu'elle vit Smaugnir les conduire en direction de ce lieu, elle comprit qu'ils arrivaient à leur destination. A mesure qu'ils se rapprochaient, la princesse put distinguer de petites maisons en pierre qui semblaient s'organiser en plusieurs quartiers séparés par de grandes rues. Une grande place, au milieu de laquelle se dressait un édifice plus vaste, constituait le coeur du village. Pour la première fois depuis qu'elle avait quitté la caverne de Drake, la princesse retrouvait un site qui lui rappelait la civilisation humaine.
Les dragons se posèrent à l'entrée du village, puis Smaugnir les quitta pour rejoindre la grande place. A son retour, quelques minutes plus tard, il les informa que le chef du village était prêt à recevoir la jeune fille. Smaugnir resterait avec elle afin de lui servir d'interprète.
"Combien de temps envisagez vous de rester parmi les gobelins? demanda Drake
- Je pense que nous resterons près de trois heures. répondit son frère
- Dans ce cas, je vais vous laisser, et je vous propose que nous nous donnions rendez vous ici-même dans trois heures.
- Entendu ; si jamais la rencontre se prolongeait, nous te préviendrons."
Drake quitta ses compagnons et prit la direction de la forêt, tandis que la princesse monta sur Smaugnir pour rejoindre la place du village. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils furent accueillis par un petit groupe de créatures humanoïdes de couleur brun terre, d'une hauteur avoisinant le mètre, dotés de bras et jambes minces mais vigoureux, avec un visage anguleux, des cheveux noirs, le nez proéminent, et des petits yeux qui exprimaient un mélange de curiosité et de méfiance. La jeune fille reconnut le chef à ses habits plus somptueux et à l'autorité qui se dégageait de son expression.
Smaugnir envoya à celui-ci un message télépathique, et la princesse présuma qu'il la présentait à son interlocuteur. Le gobelin répondit par un langage qui sonna aux oreilles de la jeune fille comme de sourds grognements, qui, traduits par Smaugnir, exprimaient le message suivant :
"Bonjour, mademoiselle. Smaugnir nous a expliqué que vous n'étiez pas une humaine comme les autres, car vous souhaitiez nous connaître sans vous intéresser à nous biens. J'espère que vous ne ferez pas mentir ses propos."
La princesse comprit par ces propos peu amènes que les gobelins ne lui accordaient pas encore leur confiance. Cependant, au lieu de s'en offusquer, elle prit le parti de répondre le plus aimablement possible, afin de démontrer sa bonne foi:
"Je vous souhaite le bonjour, excellence, ainsi qu'à vous tous qui m'accueillez chez vous. Je suis très honorée que vous ayez consenti à m'accueillir, vous remercie de votre hospitalité et souhaite me montrer la plus digne que possible de la confiance que vous m'accordez."
Après que Smaugnir eut traduit ses propos, la jeune fille sembla déceler chez le chef une expression de surprise mêlée de plaisir. Et en effet, son ton se radoucit considérablement lorsqu'il répondit à son tour:
"Je vous remercie pour ces propos fort aimables. J'espère que votre séjour parmi nous vous sera agréable. A présent, pouvez vous nous préciser ce que vous espérez de votre visite?
- Je souhaiterais apprendre tout ce que vous serez prêts à me révéler sur votre civilisation, votre mode de vie, votre histoire et votre organisation sociale, et cela en vous assurant de mon plus profond respect.
- Voici de bien vastes sujets à aborder. Cependant, permettez moi au préalable de me présenter : je suis Albermimich, chef de ce village, le plus grand et le plus peuplé parmi la douzaine qui réunissent l'ensemble de la population gobeline du Pays Enchanté. Chaque village a été construit à proximité des mines d'où nous extrayons les métaux, pierres précieuses et fines, mais aussi le charbon dont nous avons besoin dans notre artisanat. Or, ces montagnes sont particulièrement riches en minerais, ce qui explique notre grand nombre en ces lieux.
- Je comprends. La civilisation gobeline est basée sur l'exploitation minière
- Mademoiselle, nous ne considérons pas notre travail comme de l'exploitation. Nous, gobelins, nous considérons comme indissociablement liés à la terre, et nous exprimons notre relation intime avec elle par notre recherche des richesses qu'elle comporte. Chaque filon que nous découvrons représente pour nous un cadeau que la terre nous offre et la récompense des efforts que nous avons consacré à l'explorer. La plus grande joie de tout gobelin est de prendre sa pioche et de creuser le sous-sol pour en découvrir les secrets.
- Quels minerais extrayez vous dans ces montagnes?
- Le fer représente l'essentiel de notre production minière : notre village est situé à proximité des principales réserves de ce métal dans le Pays Enchanté. La sidérurgie représente notre principale activité, et c'est ici que sont rassemblés nos plus habiles forgerons. Nous sommes très fiers de la remarquable qualité de notre acier.
Nous exploitons aussi des mines de charbon car celui-ci représente notre principale source d'énergie ; lorsque nous choisissons de nous établir sur un site donné, nous devons toujours nous assurer de bénéficier d'un approvisionnement suffisant en ce combustible.
Enfin, nous exploitons aussi quelques mines d'or, d'argent, et de gemmes telles que l'aigue-marine, l'améthyste et le saphir. Il existe aussi une mine de diamant, mais dont la qualité ne nous permet pas de l'utiliser comme gemme ; nous les utilisons plutôt pour nos outils. Cependant, notre activité d'orfèvrerie reste relativement modeste par rapport à celle d'autres villages.
- Je suppose que les gobelins se répartissent entre ceux qui extraient les minerais et ceux qui les travaillent.
- En effet ; chacun choisit sa modalité d'exprimer son attachement à la terre ; certains préfèrent le contact direct dans les mines, d'autres considèrent que la mise en valeur de ses richesses constitue le meilleur hommage.
- Accepteriez vous de me montrer vos ateliers de forge, s'il vous plaît?
- Pourquoi pas, mais à une condition; que vous ne nous demandiez pas de détails approfondis sur notre technologie sidérurgique.
- Cela va de soi.
- Dans ce cas, veuillez me suivre"
Après le repas, Drake et la princesse partirent avec Smaugnir pour se rendre au village des gobelins. Ils prirent ensemble la direction du sud et, au bout d'une heure de vol, arrivèrent au pied de montagnes rocheuses. En contrebas d'une des montagnes, la jeune fille remarqua que la forêt avait été partiellement défrichée et aperçut de légers panaches de fumée provenant de la zone dégagée. Lorsqu'elle vit Smaugnir les conduire en direction de ce lieu, elle comprit qu'ils arrivaient à leur destination. A mesure qu'ils se rapprochaient, la princesse put distinguer de petites maisons en pierre qui semblaient s'organiser en plusieurs quartiers séparés par de grandes rues. Une grande place, au milieu de laquelle se dressait un édifice plus vaste, constituait le coeur du village. Pour la première fois depuis qu'elle avait quitté la caverne de Drake, la princesse retrouvait un site qui lui rappelait la civilisation humaine.
Les dragons se posèrent à l'entrée du village, puis Smaugnir les quitta pour rejoindre la grande place. A son retour, quelques minutes plus tard, il les informa que le chef du village était prêt à recevoir la jeune fille. Smaugnir resterait avec elle afin de lui servir d'interprète.
"Combien de temps envisagez vous de rester parmi les gobelins? demanda Drake
- Je pense que nous resterons près de trois heures. répondit son frère
- Dans ce cas, je vais vous laisser, et je vous propose que nous nous donnions rendez vous ici-même dans trois heures.
- Entendu ; si jamais la rencontre se prolongeait, nous te préviendrons."
Drake quitta ses compagnons et prit la direction de la forêt, tandis que la princesse monta sur Smaugnir pour rejoindre la place du village. Lorsqu'ils y arrivèrent, ils furent accueillis par un petit groupe de créatures humanoïdes de couleur brun terre, d'une hauteur avoisinant le mètre, dotés de bras et jambes minces mais vigoureux, avec un visage anguleux, des cheveux noirs, le nez proéminent, et des petits yeux qui exprimaient un mélange de curiosité et de méfiance. La jeune fille reconnut le chef à ses habits plus somptueux et à l'autorité qui se dégageait de son expression.
Smaugnir envoya à celui-ci un message télépathique, et la princesse présuma qu'il la présentait à son interlocuteur. Le gobelin répondit par un langage qui sonna aux oreilles de la jeune fille comme de sourds grognements, qui, traduits par Smaugnir, exprimaient le message suivant :
"Bonjour, mademoiselle. Smaugnir nous a expliqué que vous n'étiez pas une humaine comme les autres, car vous souhaitiez nous connaître sans vous intéresser à nous biens. J'espère que vous ne ferez pas mentir ses propos."
La princesse comprit par ces propos peu amènes que les gobelins ne lui accordaient pas encore leur confiance. Cependant, au lieu de s'en offusquer, elle prit le parti de répondre le plus aimablement possible, afin de démontrer sa bonne foi:
"Je vous souhaite le bonjour, excellence, ainsi qu'à vous tous qui m'accueillez chez vous. Je suis très honorée que vous ayez consenti à m'accueillir, vous remercie de votre hospitalité et souhaite me montrer la plus digne que possible de la confiance que vous m'accordez."
Après que Smaugnir eut traduit ses propos, la jeune fille sembla déceler chez le chef une expression de surprise mêlée de plaisir. Et en effet, son ton se radoucit considérablement lorsqu'il répondit à son tour:
"Je vous remercie pour ces propos fort aimables. J'espère que votre séjour parmi nous vous sera agréable. A présent, pouvez vous nous préciser ce que vous espérez de votre visite?
- Je souhaiterais apprendre tout ce que vous serez prêts à me révéler sur votre civilisation, votre mode de vie, votre histoire et votre organisation sociale, et cela en vous assurant de mon plus profond respect.
- Voici de bien vastes sujets à aborder. Cependant, permettez moi au préalable de me présenter : je suis Albermimich, chef de ce village, le plus grand et le plus peuplé parmi la douzaine qui réunissent l'ensemble de la population gobeline du Pays Enchanté. Chaque village a été construit à proximité des mines d'où nous extrayons les métaux, pierres précieuses et fines, mais aussi le charbon dont nous avons besoin dans notre artisanat. Or, ces montagnes sont particulièrement riches en minerais, ce qui explique notre grand nombre en ces lieux.
- Je comprends. La civilisation gobeline est basée sur l'exploitation minière
- Mademoiselle, nous ne considérons pas notre travail comme de l'exploitation. Nous, gobelins, nous considérons comme indissociablement liés à la terre, et nous exprimons notre relation intime avec elle par notre recherche des richesses qu'elle comporte. Chaque filon que nous découvrons représente pour nous un cadeau que la terre nous offre et la récompense des efforts que nous avons consacré à l'explorer. La plus grande joie de tout gobelin est de prendre sa pioche et de creuser le sous-sol pour en découvrir les secrets.
- Quels minerais extrayez vous dans ces montagnes?
- Le fer représente l'essentiel de notre production minière : notre village est situé à proximité des principales réserves de ce métal dans le Pays Enchanté. La sidérurgie représente notre principale activité, et c'est ici que sont rassemblés nos plus habiles forgerons. Nous sommes très fiers de la remarquable qualité de notre acier.
Nous exploitons aussi des mines de charbon car celui-ci représente notre principale source d'énergie ; lorsque nous choisissons de nous établir sur un site donné, nous devons toujours nous assurer de bénéficier d'un approvisionnement suffisant en ce combustible.
Enfin, nous exploitons aussi quelques mines d'or, d'argent, et de gemmes telles que l'aigue-marine, l'améthyste et le saphir. Il existe aussi une mine de diamant, mais dont la qualité ne nous permet pas de l'utiliser comme gemme ; nous les utilisons plutôt pour nos outils. Cependant, notre activité d'orfèvrerie reste relativement modeste par rapport à celle d'autres villages.
- Je suppose que les gobelins se répartissent entre ceux qui extraient les minerais et ceux qui les travaillent.
- En effet ; chacun choisit sa modalité d'exprimer son attachement à la terre ; certains préfèrent le contact direct dans les mines, d'autres considèrent que la mise en valeur de ses richesses constitue le meilleur hommage.
- Accepteriez vous de me montrer vos ateliers de forge, s'il vous plaît?
- Pourquoi pas, mais à une condition; que vous ne nous demandiez pas de détails approfondis sur notre technologie sidérurgique.
- Cela va de soi.
- Dans ce cas, veuillez me suivre"
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