L'école des princesses : chapitre 53
53) Une princesse et un dragon en communion avec la nature
Pendant les semaines qui suivirent, le dragon continua à révéler à son amie les splendeurs des Pyralpes. Chaque matin, ils commençaient par voler ensemble à travers les montagnes, admirant les sommets, les glaciers, et les vallées en contrebas, pour ensuite se poser au point de départ de la grande promenade du jour. Celui-ci pouvait être un col, le pied d'une montagne, ou au fond d'une vallée encaissée. Le but de l'excursion consistait soit à monter au sommet d'une montagne, ou bien atteindre un col, un lac, une forêt, un glacier et parfois même longer le cours de la rivière qui coulait entre les massifs. Les deux amis ensuite marchaient ensemble pendant toute la journée, s'arrêtant uniquement pour les repas, au cours desquels ils mangeaient les produits de la chasse du dragon et de la cueillette de la princesse. Dans les endroits où les fruits ou les champignons abondaient, la jeune fille constituait des provisions pour toute la journée. Quant au dragon, il consacrait près d'une heure chaque jour à traquer du gibier, rapportant tantôt un chamois, un bouquetin, ou, lorsqu'ils traversaient des forêts à plus faible altitude, un cerf, un chevreuil ou un sanglier. Pour la boisson, ils savouraient l'eau fraîche et abondante des nombreux torrents qui coulaient le long des montagnes. Lorsqu'ils atteignaient le but de leur promenade, ils consacraient quelque temps à admirer les paysages qui les entouraient. Mais, à ce moment, le soleil commençait à se coucher, et les deux amis devaient rejoindre par les airs l'une des nombreuses cavernes qui leur servaient d'abri pour la nuit.
Bien entendu, leurs projets dépendaient des caprices du ciel. Ils devaient parfois abréger une promenade et, même dans certains cas, y renoncer les jours où la pluie et l'orage sévissaient dans les montagnes. De plus, certains jours qui suivaient de longues excursions, la princesse suggérait à son ami de prendre une journée de repos, même lorsque la météo était favorable. Ces jours là, le dragon emmenait sa compagne au bord d'un lac ou d'une rivière, et proposait une partie de pêche. La princesse avait emporté dans son sac le matériel nécessaire, et, ces jours là, ils consacraient la matinée à pêcher le poisson qu'ils mangeraient pendant la journée, et le reste du temps au repos.
Les deux amis agrémentaient le plus souvent ces jours de repos en jouant ensemble le cliché classique de "la princesse prisonnière du dragon" : le dragon enchaînait les poignets et les chevilles de sa compagne, puis, une fois entravée, la princesse improvisait des complaintes, qu'elle récitait ou, le plus souvent, chantait de sa belle voix. Bien entendu, tout le plaisir consistait à imaginer les chants les plus tristes, émouvants et touchants possibles. Le reste du temps était consacré à admirer en silence les paysages qui les entouraient, écouter la brise, profiter de l'air pur, ou bien, lorsqu'ils devaient rester à l'abri, observer la fureur du ciel. Dès le lendemain, si le temps le permettait, ils reprenaient leurs longues excursions.
Ces quelques semaines apportèrent beaucoup de bonheur à la princesse. D'abord, elle découvrait chaque jour de nouveaux paysages d'une immense beauté. Ensuite, ces journées d'excursion au cours desquels elle se dépensait physiquement lui apportaient beaucoup de bien être et renforçaient son corps. De plus, elle se sentait en communion avec la nature qui l'entourait, au coeur de laquelle elle vivait au quotidien et où elle puisait sa subsistance. Elle se sentait libre comme elle ne l'avait jamais été, loin de la société des humains, et des responsabilités qu'elle devait y assumer. La jeune fille goûta d'autant plus cette liberté que pendant toute cette période, non seulement elle ne rencontra personne mais elle n'aperçut nulle trace de présence humaine. Enfin, et surtout, elle apprit à connaître son ami sous sa véritable apparence. En effet, pendant toutes ces semaines, celui-ci conserva en toutes circonstances sa forme de dragon, et jamais la princesse ne l'avait vu aussi longtemps sous cette forme. Drake se réjouissait aussi beaucoup de voir son amie l'apprécier sous sa vraie nature et de la voir prendre autant de plaisir avec lui, dans ces montagnes qui étaient son domaine, le refuge dans lequel il pouvait être lui-même. Parfois, un simple détail suffisait à lui apporter une grande joie, comme par exemple, de constater que la princesse ne détournait plus la tête lorsqu'il dévorait ses proies. Ainsi, leur amitié ne s'en voyait que renforcée, car plus complète, grâce à ces merveilleux moments partagés ensemble sans cacher leur véritable identité.
Mais, après un mois de promenades, de contemplation des beautés naturelles, de jeux et de repos, il était temps de retourner dans la caverne magique. A leur retour, le dragon dit à la princesse :
"Marie, avant que nous ne retournions dans la société des hommes, je souhaiterais te montrer une autre facette de ma vie de dragon. Mais auparavant, je dois m'assurer que cela me sera possible. C'est pourquoi je devrai partir demain et ne reviendrai probablement que le jour suivant. A mon retour, si j'en ai l'autorisation, je t'informerai de la possibilité de mettre en oeuvre mon projet. Qu'en penses tu?
- Drake, tout ce qui me permettrait de mieux te connaître ne peut susciter en moi que de l'enthousiasme. Je t'attendrai, fort curieuse d'apprendre ces nouveaux secrets que tu souhaites me révéler
- Merci, ma chère Marie, et j'espère que je pourrai satisfaire ta curiosité. Mais, pour le moment, je ne peux rien te dire de plus. Tu sauras tout à mon retour"
Pendant les semaines qui suivirent, le dragon continua à révéler à son amie les splendeurs des Pyralpes. Chaque matin, ils commençaient par voler ensemble à travers les montagnes, admirant les sommets, les glaciers, et les vallées en contrebas, pour ensuite se poser au point de départ de la grande promenade du jour. Celui-ci pouvait être un col, le pied d'une montagne, ou au fond d'une vallée encaissée. Le but de l'excursion consistait soit à monter au sommet d'une montagne, ou bien atteindre un col, un lac, une forêt, un glacier et parfois même longer le cours de la rivière qui coulait entre les massifs. Les deux amis ensuite marchaient ensemble pendant toute la journée, s'arrêtant uniquement pour les repas, au cours desquels ils mangeaient les produits de la chasse du dragon et de la cueillette de la princesse. Dans les endroits où les fruits ou les champignons abondaient, la jeune fille constituait des provisions pour toute la journée. Quant au dragon, il consacrait près d'une heure chaque jour à traquer du gibier, rapportant tantôt un chamois, un bouquetin, ou, lorsqu'ils traversaient des forêts à plus faible altitude, un cerf, un chevreuil ou un sanglier. Pour la boisson, ils savouraient l'eau fraîche et abondante des nombreux torrents qui coulaient le long des montagnes. Lorsqu'ils atteignaient le but de leur promenade, ils consacraient quelque temps à admirer les paysages qui les entouraient. Mais, à ce moment, le soleil commençait à se coucher, et les deux amis devaient rejoindre par les airs l'une des nombreuses cavernes qui leur servaient d'abri pour la nuit.
Bien entendu, leurs projets dépendaient des caprices du ciel. Ils devaient parfois abréger une promenade et, même dans certains cas, y renoncer les jours où la pluie et l'orage sévissaient dans les montagnes. De plus, certains jours qui suivaient de longues excursions, la princesse suggérait à son ami de prendre une journée de repos, même lorsque la météo était favorable. Ces jours là, le dragon emmenait sa compagne au bord d'un lac ou d'une rivière, et proposait une partie de pêche. La princesse avait emporté dans son sac le matériel nécessaire, et, ces jours là, ils consacraient la matinée à pêcher le poisson qu'ils mangeraient pendant la journée, et le reste du temps au repos.
Les deux amis agrémentaient le plus souvent ces jours de repos en jouant ensemble le cliché classique de "la princesse prisonnière du dragon" : le dragon enchaînait les poignets et les chevilles de sa compagne, puis, une fois entravée, la princesse improvisait des complaintes, qu'elle récitait ou, le plus souvent, chantait de sa belle voix. Bien entendu, tout le plaisir consistait à imaginer les chants les plus tristes, émouvants et touchants possibles. Le reste du temps était consacré à admirer en silence les paysages qui les entouraient, écouter la brise, profiter de l'air pur, ou bien, lorsqu'ils devaient rester à l'abri, observer la fureur du ciel. Dès le lendemain, si le temps le permettait, ils reprenaient leurs longues excursions.
Ces quelques semaines apportèrent beaucoup de bonheur à la princesse. D'abord, elle découvrait chaque jour de nouveaux paysages d'une immense beauté. Ensuite, ces journées d'excursion au cours desquels elle se dépensait physiquement lui apportaient beaucoup de bien être et renforçaient son corps. De plus, elle se sentait en communion avec la nature qui l'entourait, au coeur de laquelle elle vivait au quotidien et où elle puisait sa subsistance. Elle se sentait libre comme elle ne l'avait jamais été, loin de la société des humains, et des responsabilités qu'elle devait y assumer. La jeune fille goûta d'autant plus cette liberté que pendant toute cette période, non seulement elle ne rencontra personne mais elle n'aperçut nulle trace de présence humaine. Enfin, et surtout, elle apprit à connaître son ami sous sa véritable apparence. En effet, pendant toutes ces semaines, celui-ci conserva en toutes circonstances sa forme de dragon, et jamais la princesse ne l'avait vu aussi longtemps sous cette forme. Drake se réjouissait aussi beaucoup de voir son amie l'apprécier sous sa vraie nature et de la voir prendre autant de plaisir avec lui, dans ces montagnes qui étaient son domaine, le refuge dans lequel il pouvait être lui-même. Parfois, un simple détail suffisait à lui apporter une grande joie, comme par exemple, de constater que la princesse ne détournait plus la tête lorsqu'il dévorait ses proies. Ainsi, leur amitié ne s'en voyait que renforcée, car plus complète, grâce à ces merveilleux moments partagés ensemble sans cacher leur véritable identité.
Mais, après un mois de promenades, de contemplation des beautés naturelles, de jeux et de repos, il était temps de retourner dans la caverne magique. A leur retour, le dragon dit à la princesse :
"Marie, avant que nous ne retournions dans la société des hommes, je souhaiterais te montrer une autre facette de ma vie de dragon. Mais auparavant, je dois m'assurer que cela me sera possible. C'est pourquoi je devrai partir demain et ne reviendrai probablement que le jour suivant. A mon retour, si j'en ai l'autorisation, je t'informerai de la possibilité de mettre en oeuvre mon projet. Qu'en penses tu?
- Drake, tout ce qui me permettrait de mieux te connaître ne peut susciter en moi que de l'enthousiasme. Je t'attendrai, fort curieuse d'apprendre ces nouveaux secrets que tu souhaites me révéler
- Merci, ma chère Marie, et j'espère que je pourrai satisfaire ta curiosité. Mais, pour le moment, je ne peux rien te dire de plus. Tu sauras tout à mon retour"
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