L'école des princesses : chapitre 50
50) Entretien familial à la caverne
Une fois arrivés à la chambre magique, le dragon demanda à sa jeune compagne à quel moment elle désirait parler à ses parents. La princesse lui suggéra d'informer le couple royal que l'entretien semestriel avec leur fille aurait lieu le lendemain matin. Ainsi, d'une part elle pourrait profiter de cette journée pour prendre du repos, et, surtout, cela donnerait du temps à ses parents pour réunir le plus grand nombre possible d'amis, de serviteurs, avec qui elle pourra avoir le plaisir de discuter. La jeune fille indiqua aussi au dragon qu'elle souhaitait faire durer autant que possible l'entrevue avec ses proches, car, pour une fois, elle n'était contrainte par aucune obligation extérieure limitant sa disponibilité. Drake approuva la proposition de la princesse, et transmit par télépathie au couple royal les modalités de l'entretien avec leur fille, en les justifiant par la qualité du travail de sa captive.
Les deux amis consacrèrent ensuite le reste de la journée à la sieste et à la lecture, avec, en fin d'après midi, une promenade dans les environs de la caverne.
Le lendemain, le dragon prépara le miroir magique, et, peu après, la princesse, habillée en jardinière, y vit à travers non seulement le couple royal, mais aussi toute une foule de personnes qu'elle avait connues et appréciées, dont certaines qu'elle n'avait pas eu l'occasion de voir lors des deux premières entrevues par miroir. Ses parents lui demandèrent si elle se portait bien, et de leur raconter les derniers détails de sa captivité. La jeune fille les informa que le dragon avait décidé de la faire travailler dans ses jardins potagers, que le travail était dur, mais qu'heureusement, elle s'était lié d'amitié avec les autres jardiniers qui lui apportaient leur aide et d'utiles conseils. Ces informations ne manquèrent point d'intéresser le vieux jardinier du palais, pour qui la jeune fille avait toujours eu de l'affection, et bientôt, tous deux se lancèrent dans une grande conversation sur la culture des légumes. Mais, après une vingtaine de minutes de discussions passionnées sur la meilleure manière d'obtenir les carottes, oignons et radis les plus savoureux, la princesse demanda à reparler à nouveau à ses parents pour qu'ils lui donnent à leur tour des nouvelles. Ceux-ci commencèrent à parler des derniers évènements au palais, de la situation diplomatique avec les pays voisins, ainsi que des nouvelles de plusieurs connaissances de Marie qui n'étaient point présentes ce jour. La princesse constata avec plaisir que ses parents semblaient montrer moins de tristesse qu'aux entretiens précédents. La possibilité de voir régulièrement leur fille, et de constater de leur propres yeux qu'elle supportait bien sa captivité avait efficacement permis d'atténuer la détresse du couple royal. Si le roi supportait toujours fort mal que sa fille en soit réduite à faire des travaux de personne de basse condition, son épouse montrait une plus grande ouverture d'esprit et appréciait de voir son enfant acquérir des nouvelles connaissances et aptitudes.
Ensuite, la princesse décida d'amener le sujet du théâtre avec sa mère :
"Mère, à notre dernier entretien, vous m'aviez parlé d'une pièce qui avait été proposée par la troupe de comédiens qui se produit au cours de l'été au palais et que vous aviez beaucoup aimée. Avez vous eu le plaisir de la revoir lors de leur dernier passage?
- Oh, hélas non, ma chérie, répondit la reine. Et pourtant, j'attendais avec impatience leur retour pour revoir "Horace et Calircé". Malheureusement, la jeune fille qui avait écrit et interprété le spectacle avait quitté la troupe quelques mois auparavant, et ils ne pouvaient pas jouer la pièce sans elle.
- Quel dommage ; cela me fait de la peine d'apprendre que votre attente ait ainsi été déçue. Avez vous su pourquoi cette actrice avait quitté la troupe?
- Oui ; j'ai demandé des informations à leur chef ; et l'explication qu'il m'a donnée m'a profondément ému. L'un des membres de la troupe est issu d'une famille de paysans. Or, apparemment, son oncle s'était gravement blessé et avait envoyé quelqu'un lui demander de revenir à la ferme pour aider son épouse en attendant sa guérison. Or, le départ de ce comédien spécialisé dans les rôles comiques compromettait l'avenir de la compagnie. Eh bien, sache qu'afin de permettre à cet acteur de rester dans la troupe, cette fille, Marie Fabre, s'est sacrifiée et a décidé de prendre sa place. Je ne pouvais m'empêcher de juger ma frustration dérisoire comparée à l'abnégation montrée par cette jeune demoiselle. Cela m'a confirmé la belle impression qu'elle m'avait donnée lorsque je lui avais parlé l'année dernière. Cela me ferait plaisir de la revoir un jour ; tu sais, quand je la voyais, elle me faisait un peu penser à toi.
- Voilà une bien belle histoire, Mère. Moi aussi, j'aimerais bien rencontrer cette jeune femme, qui a ainsi réussi à toucher votre coeur."
Puis, la princesse orienta la conversation avec ses parents sur d'autres sujets. Ensuite, elle discuta avec les serviteurs du palais, qui lui parlèrent de leurs famille, et lui montraient leurs enfants, petits enfants, neveux et nièces, qui avaient tant grandi depuis la dernière fois qu'elle les avait vus. Le bouffon lui annonça que son fils Thomas était devenu musicien officiel à la cour. Celui-ci lui montra fièrement sa livrée et la princesse félicita son ancien compagnon de jeu Elle revit aussi avec grand plaisir certaines amies d'enfance dont elle n'avait plus eu de nouvelles depuis qu'elle avait quitté le palais ; certaines s'étaient mariées et avaient déjà des enfants ; d'autres se refusaient au mariage et rejetaient tous les fiancés que leur parents leur proposaient, à leur grand désespoir.
Après plusieurs heures de discussions ininterrompues, le dragon constata que la princesse montrait des signes de fatigue. Afin de lui éviter l'embarras de demander elle-même de terminer l'entretien, il s'en chargea à sa place, signifiant au couple royal que l'entrevue était terminée. Il accorda quelques minutes à la princesse et à ses proches pour faire leurs adieux, puis mit fin au sortilège permettant la communication entre les miroirs.
Une fois arrivés à la chambre magique, le dragon demanda à sa jeune compagne à quel moment elle désirait parler à ses parents. La princesse lui suggéra d'informer le couple royal que l'entretien semestriel avec leur fille aurait lieu le lendemain matin. Ainsi, d'une part elle pourrait profiter de cette journée pour prendre du repos, et, surtout, cela donnerait du temps à ses parents pour réunir le plus grand nombre possible d'amis, de serviteurs, avec qui elle pourra avoir le plaisir de discuter. La jeune fille indiqua aussi au dragon qu'elle souhaitait faire durer autant que possible l'entrevue avec ses proches, car, pour une fois, elle n'était contrainte par aucune obligation extérieure limitant sa disponibilité. Drake approuva la proposition de la princesse, et transmit par télépathie au couple royal les modalités de l'entretien avec leur fille, en les justifiant par la qualité du travail de sa captive.
Les deux amis consacrèrent ensuite le reste de la journée à la sieste et à la lecture, avec, en fin d'après midi, une promenade dans les environs de la caverne.
Le lendemain, le dragon prépara le miroir magique, et, peu après, la princesse, habillée en jardinière, y vit à travers non seulement le couple royal, mais aussi toute une foule de personnes qu'elle avait connues et appréciées, dont certaines qu'elle n'avait pas eu l'occasion de voir lors des deux premières entrevues par miroir. Ses parents lui demandèrent si elle se portait bien, et de leur raconter les derniers détails de sa captivité. La jeune fille les informa que le dragon avait décidé de la faire travailler dans ses jardins potagers, que le travail était dur, mais qu'heureusement, elle s'était lié d'amitié avec les autres jardiniers qui lui apportaient leur aide et d'utiles conseils. Ces informations ne manquèrent point d'intéresser le vieux jardinier du palais, pour qui la jeune fille avait toujours eu de l'affection, et bientôt, tous deux se lancèrent dans une grande conversation sur la culture des légumes. Mais, après une vingtaine de minutes de discussions passionnées sur la meilleure manière d'obtenir les carottes, oignons et radis les plus savoureux, la princesse demanda à reparler à nouveau à ses parents pour qu'ils lui donnent à leur tour des nouvelles. Ceux-ci commencèrent à parler des derniers évènements au palais, de la situation diplomatique avec les pays voisins, ainsi que des nouvelles de plusieurs connaissances de Marie qui n'étaient point présentes ce jour. La princesse constata avec plaisir que ses parents semblaient montrer moins de tristesse qu'aux entretiens précédents. La possibilité de voir régulièrement leur fille, et de constater de leur propres yeux qu'elle supportait bien sa captivité avait efficacement permis d'atténuer la détresse du couple royal. Si le roi supportait toujours fort mal que sa fille en soit réduite à faire des travaux de personne de basse condition, son épouse montrait une plus grande ouverture d'esprit et appréciait de voir son enfant acquérir des nouvelles connaissances et aptitudes.
Ensuite, la princesse décida d'amener le sujet du théâtre avec sa mère :
"Mère, à notre dernier entretien, vous m'aviez parlé d'une pièce qui avait été proposée par la troupe de comédiens qui se produit au cours de l'été au palais et que vous aviez beaucoup aimée. Avez vous eu le plaisir de la revoir lors de leur dernier passage?
- Oh, hélas non, ma chérie, répondit la reine. Et pourtant, j'attendais avec impatience leur retour pour revoir "Horace et Calircé". Malheureusement, la jeune fille qui avait écrit et interprété le spectacle avait quitté la troupe quelques mois auparavant, et ils ne pouvaient pas jouer la pièce sans elle.
- Quel dommage ; cela me fait de la peine d'apprendre que votre attente ait ainsi été déçue. Avez vous su pourquoi cette actrice avait quitté la troupe?
- Oui ; j'ai demandé des informations à leur chef ; et l'explication qu'il m'a donnée m'a profondément ému. L'un des membres de la troupe est issu d'une famille de paysans. Or, apparemment, son oncle s'était gravement blessé et avait envoyé quelqu'un lui demander de revenir à la ferme pour aider son épouse en attendant sa guérison. Or, le départ de ce comédien spécialisé dans les rôles comiques compromettait l'avenir de la compagnie. Eh bien, sache qu'afin de permettre à cet acteur de rester dans la troupe, cette fille, Marie Fabre, s'est sacrifiée et a décidé de prendre sa place. Je ne pouvais m'empêcher de juger ma frustration dérisoire comparée à l'abnégation montrée par cette jeune demoiselle. Cela m'a confirmé la belle impression qu'elle m'avait donnée lorsque je lui avais parlé l'année dernière. Cela me ferait plaisir de la revoir un jour ; tu sais, quand je la voyais, elle me faisait un peu penser à toi.
- Voilà une bien belle histoire, Mère. Moi aussi, j'aimerais bien rencontrer cette jeune femme, qui a ainsi réussi à toucher votre coeur."
Puis, la princesse orienta la conversation avec ses parents sur d'autres sujets. Ensuite, elle discuta avec les serviteurs du palais, qui lui parlèrent de leurs famille, et lui montraient leurs enfants, petits enfants, neveux et nièces, qui avaient tant grandi depuis la dernière fois qu'elle les avait vus. Le bouffon lui annonça que son fils Thomas était devenu musicien officiel à la cour. Celui-ci lui montra fièrement sa livrée et la princesse félicita son ancien compagnon de jeu Elle revit aussi avec grand plaisir certaines amies d'enfance dont elle n'avait plus eu de nouvelles depuis qu'elle avait quitté le palais ; certaines s'étaient mariées et avaient déjà des enfants ; d'autres se refusaient au mariage et rejetaient tous les fiancés que leur parents leur proposaient, à leur grand désespoir.
Après plusieurs heures de discussions ininterrompues, le dragon constata que la princesse montrait des signes de fatigue. Afin de lui éviter l'embarras de demander elle-même de terminer l'entretien, il s'en chargea à sa place, signifiant au couple royal que l'entrevue était terminée. Il accorda quelques minutes à la princesse et à ses proches pour faire leurs adieux, puis mit fin au sortilège permettant la communication entre les miroirs.
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