L'école des princesses : chapitre 8
8) Le début du voyage
Le jour de leur départ, le printemps avait déjà commencé. Drake avait informé sa compagne que le village le plus proche se trouvait à quelques jours de marche de son antre. Pour le rejoindre, ils durent traverser la forêt durant près d'une semaine, pendant laquelle Marie et Drake dormirent à la belle étoile, s'abritant sous les arbres aux feuillages les plus épais, se nourrissant de tout ce qu'ils pouvaient trouver de comestible, végétal ou animal, en particulier du petit gibier (lapins, rongeurs), n'hésitant pas à achever des animaux blessés.
Peu avant de quitter la forêt, les deux compagnons aperçurent un chevreuil gravement blessé, probablement du fait de la confrontation avec un mâle rival. C'était une extraordinaire opportunité, car ils n'avaient pas encore eu l'occasion de rencontrer un gibier d'une telle taille. Marie se chargea de rabattre l'animal vers Drake, lequel visa la poitrine de l'animal et l'acheva d'un carreau d'arbalète.
Une fois abattu, nos deux chasseurs se chargèrent rapidement de saigner, vider et nettoyer l'animal. Marie se réjouissait à l'idée de manger du gros gibier. Aussi, sa déception fut grande quand Drake lui dit :
"Non, Marie, nous n'allons pas consommer ce chevreuil ; nous allons bientôt arriver au village, et cet animal nous sera très utile pour l'obtenir l'argent dont nous aurons besoin pour notre voyage ; je connais un aubergiste dans le village qui sera ravi de nous acheter à un bon prix notre gibier, et nous ne sommes qu'à quelques heures de marche de chez lui"
Marie comprit rapidement que les paroles de Drake étaient pleines de sagesse, et tous deux se dirigèrent aussi vite que possible vers le village.
Ses habitants connaissaient M. Drake, mais ils furent surpris de le voir accompagné d'une jeune fille et transportant la dépouille d'un si gros animal.
A leur arrivée dans l'auberge, le propriétaire s'exclama
"Bonsoir, M'sieur Jean; cela fait longtemps qu'on ne vous avez vu par ici. Et voilà que vous revenez parmi nous en compagnie d'une mignonne jeune fille et d'une carcasse de chevreuil : voilà ce qui s'appelle un retour remarqué
- Oui, Pierre, je suis resté longtemps éloigné de la région, car j'espérais trouver un compagnon ou une compagne de voyage, qui ait autant le goût de l'apprentissage et de la découverte que moi. J'ai eu la chance de rencontrer cette jeune fille qui a accepté avec enthousiasme de partager ma route. Et voilà qu'en arrivant dans le village, je croise ce chevreuil blessé ; je n'allais pas manquer une telle occasion
-Vous avez bien raison, M'sieur Jean ; et je vous remercie d'avoir pensé à moi ; un repas de chevreuil, cela va avoir du succès dans le village, et voilà une bonne affaire pour moi. Je vous le paie comptant vingt cinq pièces d'argent.
- Oh, mon cher Pierre, vous abusez ; une telle pièce vaut bien plus, cinquante pièces me semble un minimum
- Oh non, M'sieur Jean, cinquante pièces et j'y perds ; je vous en propose trente
- Trente me semblent encore trop peu ; je vous le donne pour quarante
- Je ne peux pas plus que trente ; mais j'ajoute pour vous et la demoiselle le gîte et le couvert pour la nuit.
- Marché conclu"
Marie observa ce marchandage avec beaucoup d'intérêt, et comprenait d'autant mieux l'insistance de M. Drake à rapporter le chevreuil. Trente pièces d'argent ne seront pas de trop pour commencer leur long voyage. L'aubergiste les installa bientôt dans leur chambre, et là, la jeune fille demanda à son compagnon :
"L'aubergiste vous a appelé M'sieur Jean? Est ce le nom que vous utilisez?
- Oui, Marie, je suis connu dans le pays sous le nom de Jean Drake; Tu devras aussi choisir un nom d'emprunt, car Marie ne suffit pas. Que dirais tu de t'appeler Marie Fabre?
- C'est un joli nom ; en plus, il est bien choisi pour moi qui souhaite apprendre plus sur le métier d'artisan.
- Très bien ; je souhaite donc le bonsoir à Mme Fabre
- A vous aussi, M'sieur Jean"
Pendant le souper, M. Drake demanda à l'aubergiste quelles étaient les opportunités d'emploi dans la région. Celui-ci répondit que d'ici quelques jours, une grande foire allait commencer dans la ville située à une vingtaine de lieues d'ici, et que deux paires de bras travailleurs y seraient toujours appréciés.
"Eh bien, Marie, je crois que nous connaissons la prochaine étape de notre voyage ; par ailleurs, pendant la foire, nous pourrons discuter avec les commerçants, artisans et paysans qui vendront leurs produits, et si possible, rechercher une situation un peu plus durable
- C'est évidemment fort judicieux; de plus il y a peut être une chance que vous rencontriez une connaissance qui pourra nous recommander à un employeur potentiel"
Pour le plus grand plaisir de Marie, l'aubergiste avait préparé un petit morceau de chevreuil pour le souper, qu'ils prirent avec du pain et du chou. Peu après le souper, ils remontèrent dans leur chambre pour la nuit.
Le jour de leur départ, le printemps avait déjà commencé. Drake avait informé sa compagne que le village le plus proche se trouvait à quelques jours de marche de son antre. Pour le rejoindre, ils durent traverser la forêt durant près d'une semaine, pendant laquelle Marie et Drake dormirent à la belle étoile, s'abritant sous les arbres aux feuillages les plus épais, se nourrissant de tout ce qu'ils pouvaient trouver de comestible, végétal ou animal, en particulier du petit gibier (lapins, rongeurs), n'hésitant pas à achever des animaux blessés.
Peu avant de quitter la forêt, les deux compagnons aperçurent un chevreuil gravement blessé, probablement du fait de la confrontation avec un mâle rival. C'était une extraordinaire opportunité, car ils n'avaient pas encore eu l'occasion de rencontrer un gibier d'une telle taille. Marie se chargea de rabattre l'animal vers Drake, lequel visa la poitrine de l'animal et l'acheva d'un carreau d'arbalète.
Une fois abattu, nos deux chasseurs se chargèrent rapidement de saigner, vider et nettoyer l'animal. Marie se réjouissait à l'idée de manger du gros gibier. Aussi, sa déception fut grande quand Drake lui dit :
"Non, Marie, nous n'allons pas consommer ce chevreuil ; nous allons bientôt arriver au village, et cet animal nous sera très utile pour l'obtenir l'argent dont nous aurons besoin pour notre voyage ; je connais un aubergiste dans le village qui sera ravi de nous acheter à un bon prix notre gibier, et nous ne sommes qu'à quelques heures de marche de chez lui"
Marie comprit rapidement que les paroles de Drake étaient pleines de sagesse, et tous deux se dirigèrent aussi vite que possible vers le village.
Ses habitants connaissaient M. Drake, mais ils furent surpris de le voir accompagné d'une jeune fille et transportant la dépouille d'un si gros animal.
A leur arrivée dans l'auberge, le propriétaire s'exclama
"Bonsoir, M'sieur Jean; cela fait longtemps qu'on ne vous avez vu par ici. Et voilà que vous revenez parmi nous en compagnie d'une mignonne jeune fille et d'une carcasse de chevreuil : voilà ce qui s'appelle un retour remarqué
- Oui, Pierre, je suis resté longtemps éloigné de la région, car j'espérais trouver un compagnon ou une compagne de voyage, qui ait autant le goût de l'apprentissage et de la découverte que moi. J'ai eu la chance de rencontrer cette jeune fille qui a accepté avec enthousiasme de partager ma route. Et voilà qu'en arrivant dans le village, je croise ce chevreuil blessé ; je n'allais pas manquer une telle occasion
-Vous avez bien raison, M'sieur Jean ; et je vous remercie d'avoir pensé à moi ; un repas de chevreuil, cela va avoir du succès dans le village, et voilà une bonne affaire pour moi. Je vous le paie comptant vingt cinq pièces d'argent.
- Oh, mon cher Pierre, vous abusez ; une telle pièce vaut bien plus, cinquante pièces me semble un minimum
- Oh non, M'sieur Jean, cinquante pièces et j'y perds ; je vous en propose trente
- Trente me semblent encore trop peu ; je vous le donne pour quarante
- Je ne peux pas plus que trente ; mais j'ajoute pour vous et la demoiselle le gîte et le couvert pour la nuit.
- Marché conclu"
Marie observa ce marchandage avec beaucoup d'intérêt, et comprenait d'autant mieux l'insistance de M. Drake à rapporter le chevreuil. Trente pièces d'argent ne seront pas de trop pour commencer leur long voyage. L'aubergiste les installa bientôt dans leur chambre, et là, la jeune fille demanda à son compagnon :
"L'aubergiste vous a appelé M'sieur Jean? Est ce le nom que vous utilisez?
- Oui, Marie, je suis connu dans le pays sous le nom de Jean Drake; Tu devras aussi choisir un nom d'emprunt, car Marie ne suffit pas. Que dirais tu de t'appeler Marie Fabre?
- C'est un joli nom ; en plus, il est bien choisi pour moi qui souhaite apprendre plus sur le métier d'artisan.
- Très bien ; je souhaite donc le bonsoir à Mme Fabre
- A vous aussi, M'sieur Jean"
Pendant le souper, M. Drake demanda à l'aubergiste quelles étaient les opportunités d'emploi dans la région. Celui-ci répondit que d'ici quelques jours, une grande foire allait commencer dans la ville située à une vingtaine de lieues d'ici, et que deux paires de bras travailleurs y seraient toujours appréciés.
"Eh bien, Marie, je crois que nous connaissons la prochaine étape de notre voyage ; par ailleurs, pendant la foire, nous pourrons discuter avec les commerçants, artisans et paysans qui vendront leurs produits, et si possible, rechercher une situation un peu plus durable
- C'est évidemment fort judicieux; de plus il y a peut être une chance que vous rencontriez une connaissance qui pourra nous recommander à un employeur potentiel"
Pour le plus grand plaisir de Marie, l'aubergiste avait préparé un petit morceau de chevreuil pour le souper, qu'ils prirent avec du pain et du chou. Peu après le souper, ils remontèrent dans leur chambre pour la nuit.
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