L'école des princesses : chapitre 35
35) Le temps de la tonte
Un soir, lors du souper, un mois après l'arrivée de Marie, la Francine fit une annonce importante :
"A partir de d'main, ce s'ra le moment de la tonte des brebis et d'la préparation de la laine. Marie, tu d'vras tondre les animaux avant l'arrivée du berger, puis y faudra préparer la laine pour qu'elle puisse être filée. Tu t'feras aider par l'Antoine : il a beau avoir sa patte folle, il lui reste ses deux bras, il faut quand même qu'il s'en serve. Par contre, faudra qu'tu lui apportes ce qu'il faudra pour l'ouvrage. Tout ça s'ajoute à tes charges de d'habitude. Est ce que tout est clair?
- Oui, bonne mère (c'est ainsi que Marie appelait la Francine)
- Pas trop tôt de pouvoir servir à queque chose dans c'te ferme, répliqua l'Antoine; t'inquiète pas Marie, à nous deux, l'travail sera vite fait"
Depuis son arrivée, et en partie grâce aux soins de la jeune fille, le paysan avait progressivement repris des forces. Même s'il n'était pas encore capable de marcher, il pouvait déambuler en béquilles dans la ferme, et soulageait autant qu'il pouvait Marie de sa charge de travail en participant à toutes les tâches ne nécessitant pas de déplacement. La jeune fille se félicita de pouvoir compter sur l'aide de l'Antoine pour tout le travail de traitement de la laine qui était long, difficile et fastidieux, comme elle l'avait constaté lorsqu'elle était employée chez le tisserand.
Le lendemain, dès le départ de la Francine, Marie prépara la pièce principale de la maison afin qu'elle puisse être utilisée comme pièce de tonte. D'abord, le foyer fut éteint, afin d'éviter tout risque d'accident, au cas où les brebis se débattraient trop vivement, et la pièce fut soigneusement rangée et nettoyée. Enfin, une fois que le foyer eut suffisamment refroidi, la jeune fille se rendit à l'étable pour chercher une des brebis. Elle avait déjà préparé des ciseaux pour le travail. Malheureusement, Marie rencontra des difficultés à maîtriser l'animal, et à le maintenir de manière adaptée pour le tondre. Malgré les conseils de l'Antoine, il lui fallut au moins un quart d'heure pour enfin pouvoir commencer la tonte elle même, non seulement, afin de positionner correctement la brebis, mais surtout, pour rassurer l'animal qui sentait trop bien la nervosité de la jeune fille. Marie n'avait jamais tondu de brebis de sa vie ; aussi cette première tonte fut lente et laborieuse. Lorsque le berger vint les récupérer pour les faire paître, seule une d'entre elles avait été tondue. Marie ressentait une grande honte de n'avoir pu terminer sa tâche, mais l'Antoine la rassura vite : la Francine ne la réprimanderait pas, car elle comprendrait qu'une première fois prend beaucoup de temps, et de toute façon, il la défendrait. Le brave paysan lui demanda ensuite d'aller chercher de l'eau au puits et du savon au village : ils en auraient besoin pour le lavage de la laine. Pendant ce temps, il commencerait le triage de la fibre. Il lui demanda aussi de rallumer le foyer, car ils auraient besoin d'eau chaude pour leur ouvrage.
Au bout d'une demi-heure, lorsque Marie revint avec ce que le paysan lui avait demandé, celui-ci n'avait pas terminé de trier la laine. Il lui indiqua de poser l'eau et le savon près de lui, ainsi que plusieurs cuves et seaux dont il se servirait pour travailler la fibre.
Pendant le reste de la journée, la jeune fille vaqua à ses travaux habituels, pendant que le paysan commença le long travail de lavage de la laine. Régulièrement, il appelait Marie pour qu'elle lui apporte tout ce dont il avait besoin pour chacune des étapes de son ouvrage. Il lui expliqua de conserver soigneusement le suint, qui était ensuite vendu à un bon prix au seigneur voisin, qui l'utilisait pour en faire des parfums pour les dames de sa cour.
A son retour des champs, la Francine grommela en constatant qu'une seule des brebis avait pu être tondue, mais Marie et l'Antoine lui promirent que la tonte serait terminée dès le lendemain.
Et en effet la jeune fille, qui avait tiré les leçons de toutes les difficultés qu'elle avait rencontré la veille pour acquérir les bons gestes, tondit sa deuxième brebis bien plus rapidement que la première, si bien qu'elle put ensuite s'occuper des deux autres animaux avant l'arrivée du berger.
Les jours qui suivirent furent consacrés au nettoyage, au cardage et au peignage de la laine. Pendant toute cette période, Marie devait régulièrement se rendre au puits, car ce travail nécessitait d'importantes quantités d'eau.
Un jour, alors qu'elle revenait du puits, Marie fut accueillie à son arrivée par une Jeanne complètement paniquée. La jeune fille demanda ce qui préoccupait l'enfant:
"Mamoiselle Marie, pleura la petite fille, Martin et le p'tit Pierre sont plus dans la ferme."
Un soir, lors du souper, un mois après l'arrivée de Marie, la Francine fit une annonce importante :
"A partir de d'main, ce s'ra le moment de la tonte des brebis et d'la préparation de la laine. Marie, tu d'vras tondre les animaux avant l'arrivée du berger, puis y faudra préparer la laine pour qu'elle puisse être filée. Tu t'feras aider par l'Antoine : il a beau avoir sa patte folle, il lui reste ses deux bras, il faut quand même qu'il s'en serve. Par contre, faudra qu'tu lui apportes ce qu'il faudra pour l'ouvrage. Tout ça s'ajoute à tes charges de d'habitude. Est ce que tout est clair?
- Oui, bonne mère (c'est ainsi que Marie appelait la Francine)
- Pas trop tôt de pouvoir servir à queque chose dans c'te ferme, répliqua l'Antoine; t'inquiète pas Marie, à nous deux, l'travail sera vite fait"
Depuis son arrivée, et en partie grâce aux soins de la jeune fille, le paysan avait progressivement repris des forces. Même s'il n'était pas encore capable de marcher, il pouvait déambuler en béquilles dans la ferme, et soulageait autant qu'il pouvait Marie de sa charge de travail en participant à toutes les tâches ne nécessitant pas de déplacement. La jeune fille se félicita de pouvoir compter sur l'aide de l'Antoine pour tout le travail de traitement de la laine qui était long, difficile et fastidieux, comme elle l'avait constaté lorsqu'elle était employée chez le tisserand.
Le lendemain, dès le départ de la Francine, Marie prépara la pièce principale de la maison afin qu'elle puisse être utilisée comme pièce de tonte. D'abord, le foyer fut éteint, afin d'éviter tout risque d'accident, au cas où les brebis se débattraient trop vivement, et la pièce fut soigneusement rangée et nettoyée. Enfin, une fois que le foyer eut suffisamment refroidi, la jeune fille se rendit à l'étable pour chercher une des brebis. Elle avait déjà préparé des ciseaux pour le travail. Malheureusement, Marie rencontra des difficultés à maîtriser l'animal, et à le maintenir de manière adaptée pour le tondre. Malgré les conseils de l'Antoine, il lui fallut au moins un quart d'heure pour enfin pouvoir commencer la tonte elle même, non seulement, afin de positionner correctement la brebis, mais surtout, pour rassurer l'animal qui sentait trop bien la nervosité de la jeune fille. Marie n'avait jamais tondu de brebis de sa vie ; aussi cette première tonte fut lente et laborieuse. Lorsque le berger vint les récupérer pour les faire paître, seule une d'entre elles avait été tondue. Marie ressentait une grande honte de n'avoir pu terminer sa tâche, mais l'Antoine la rassura vite : la Francine ne la réprimanderait pas, car elle comprendrait qu'une première fois prend beaucoup de temps, et de toute façon, il la défendrait. Le brave paysan lui demanda ensuite d'aller chercher de l'eau au puits et du savon au village : ils en auraient besoin pour le lavage de la laine. Pendant ce temps, il commencerait le triage de la fibre. Il lui demanda aussi de rallumer le foyer, car ils auraient besoin d'eau chaude pour leur ouvrage.
Au bout d'une demi-heure, lorsque Marie revint avec ce que le paysan lui avait demandé, celui-ci n'avait pas terminé de trier la laine. Il lui indiqua de poser l'eau et le savon près de lui, ainsi que plusieurs cuves et seaux dont il se servirait pour travailler la fibre.
Pendant le reste de la journée, la jeune fille vaqua à ses travaux habituels, pendant que le paysan commença le long travail de lavage de la laine. Régulièrement, il appelait Marie pour qu'elle lui apporte tout ce dont il avait besoin pour chacune des étapes de son ouvrage. Il lui expliqua de conserver soigneusement le suint, qui était ensuite vendu à un bon prix au seigneur voisin, qui l'utilisait pour en faire des parfums pour les dames de sa cour.
A son retour des champs, la Francine grommela en constatant qu'une seule des brebis avait pu être tondue, mais Marie et l'Antoine lui promirent que la tonte serait terminée dès le lendemain.
Et en effet la jeune fille, qui avait tiré les leçons de toutes les difficultés qu'elle avait rencontré la veille pour acquérir les bons gestes, tondit sa deuxième brebis bien plus rapidement que la première, si bien qu'elle put ensuite s'occuper des deux autres animaux avant l'arrivée du berger.
Les jours qui suivirent furent consacrés au nettoyage, au cardage et au peignage de la laine. Pendant toute cette période, Marie devait régulièrement se rendre au puits, car ce travail nécessitait d'importantes quantités d'eau.
Un jour, alors qu'elle revenait du puits, Marie fut accueillie à son arrivée par une Jeanne complètement paniquée. La jeune fille demanda ce qui préoccupait l'enfant:
"Mamoiselle Marie, pleura la petite fille, Martin et le p'tit Pierre sont plus dans la ferme."
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