L'école des princesses : chapitre 33

33) Premier jour à la ferme 

Le jour n'était pas encore levé que la Francine se dirigea vers la couche où dormait Marie, en compagnie des enfants
"Hé, debout mamzelle Marie, chuchota la la paysanne, tout en agitant vigoureusement le corps de la jeune fille, c'est pas l'moment d'fainéanter; la journée commence dès maintenant pour toi"

Marie, qui s'attendait à ce lever de très bonne heure, se réveilla aussi vite qu'elle put. La Francine lui donna des habits qui appartenaient à sa fille, et lui signifia de s'habiller en hâte et de la suivre. Une minute après, les deux femmes sortirent de la ferme et se dirigèrent vers le centre du village, où se situait le puits. Marie avait apporté deux grands seaux avec elle. Pendant, le trajet de la ferme au puits, la Francine expliqua à la jeune fille le travail qu'elle attendait d'elle:

"Mamzelle Marie, quand mon Antoine s'est blessé, j'espérais que Jacquot puisse prendre sa place pour l'travail aux champs. Mais comme c'est vous qui restez, c'est moi qui vais d'voir prendre la place de l'Antoine et j'veux qu'vous m'remplaciez à la ferme. J'vais d'voir donc vous montrer tout c'qui y a à faire. Grâce aux queques sous que vous avez apporté, j'peux rester c'jour à la ferme. Mais dès d'main, vous serez seule. Là maintenant, j'vous amène au puits car comme il a pas plu, on va d'voir chercher d'l'eau. Et vous d'vrez y aller tous les matins, l'plus tôt qu'vous pouvez, s'y pleut pas."

Une fois arrivée au puits, la Francine laissa Marie remplir les seaux d'eau, et lui signifia qu'elle devait les porter toute seule. Les deux seaux pesaient très lourds, et la jeune fille devait prendre garde à ne pas les renverser pendant le trajet de retour à la ferme, car la paysanne lui rappela que l'eau était très précieuse dans la contrée. Une fois de retour, la Francine demanda à Marie de vérifier que la cheminée était encore allumée, et demanda de remplir le chaudron d'eau, afin de faire bouillir celle-ci et la rendre consommable. A ce moment, le jour commençait à se lever, et toute la ferme était déjà réveillée.

La Francine guida Marie vers l'étable, qui renfermait quatre brebis et un jeune cochon. Elle lui indiqua de traire l'une des brebis, car, chaque matin, l'Antoine et les enfants buvaient un peu de lait. La jeune fille, qui n'avait jamais trait que les animaux que M. Drake avait créé par magie, se sentait mal à l'aise, et il lui fallut quelques minutes avant de pouvoir tirer un peu de lait de l'animal. Finalement, elle put remplir le petit pot, puis distribua le lait dans quatre coupes, qu'elle donna aux enfants et au blessé.

C'est à ce moment que Jean et Jacques informèrent leurs hôtes qu'ils devaient partir, car leur route était longue avant de retrouver leur troupe. Jacques fit ses adieux à sa famille et à Marie, les remerciant encore de lui permettre de pouvoir continuer sa vie d'acteur, et apporta quelques mots d'encouragement à la jeune fille pour le dur travail qu'elle allait devoir accomplir. Jean,à son tour, fit ses adieux à Marie, la remerciant pour tout ce qu'elle avait apporté à la troupe. A son tour, la jeune fille remercia ses anciens camarades pour tous les moments merveilleux qu'elle avait vécus avec eux.  Enfin, les deux hommes prirent la route.

Marie n'eut guère le temps de regretter leur absence, car la Francine la conduisit directement à l'étable, où elle devait apporter l'eau aux bêtes. Elle appela aussi les enfants, et leur signifia d'aller donner à manger et à boire aux poules. Dès que les enfants eurent quitté l'étable, la paysanne avertit Marie qu'elle devait vérifier que les enfants avaient effectué le travail demandé. Peu de temps après, elle la conduisit au poulailler, qui renfermait un coq, une demi-douzaine de poules et quelques jeunes poulets. Les animaux picoraient des graines répandues au sol, et leur écuelle d'eau était remplie.

Ensuite, la Francine conduisit Marie au potager :
" Comme le printemps vient'd commencer, c'est l'moment de semer les légumes.  T'nez, voilà des graines de carottes. Montrez moi c'que vous savez faire"

Drake avait appris à Marie où et comment semer les carottes. Cependant, à plusieurs reprises, la Francine dut reprendre la jeune fille afin que les graines soient plantées dans les conditions optimales.
"Eh ben, mamzelle Marie, on voit bien qu'vous êtes pas paysanne : même si en gros, vous savez faire, ça pourrait être mieux. Va falloir que c'jour, j'vous voie semer de tous les légumes du jardin, afin de vous corriger"

C'est à ce moment que Jeanne les rejoignit, et les informa que le berger du village venait d'arriver :
"Marie, chaque jour, vous d'vrez attendre le berger et lui confier les brebis, et il faudra aussi qu'vous soyez là à son retour pour récupérer les bêtes."

Marie, Jeanne et Francine rejoignirent le berger, à qui la jeune fille fut présentée, puis ils se rendirent à l'étable. Peu après, le berger partit avec les brebis.

Marie et la Francine consacrèrent les heures qui suivirent à s'occuper ensemble du potager, la paysanne exigeant de la jeune fille qu'elle sème quelques graines de divers légumes : épinard, laitue, pois, navet, radis, panais, oignon, la reprenant à plusieurs reprises quand elle n'effectuait pas la tâche correctement. Elles durent s'interrompre à plusieurs reprises afin de surveiller que les enfants ne faisaient pas de bêtises et pour s'occuper des soins de l'Antoine.

Marie dut aussi préparer le repas de la mi-journée, à base de pain et d'une soupe de légumes. En milieu d'après midi, la Francine demanda à la jeune fille de l'accompagner, et elles se rendirent au moulin du village, et y récupérèrent de la farine de seigle. La paysanne présenta Marie au meunier, et lui indiqua qu'il devait dorénavant fournir la farine à la jeune fille plutôt qu'à elle. Les deux femmes revinrent rapidement à la ferme, après avoir récupéré de l'eau au puits.

Dès leur retour, la Francine demanda à Marie de préparer le pain. La jeune fille commença à préparer la pâte à pain. Malgré les cours de Drake, elle eut encore besoin des conseils de la paysanne pour réussir sa pâte, puis, une fois celle-ci prête, toutes deux se rendirent au four du village pour faire cuire le pain. La Francine prévint Marie qu'elle devait se hâter, car le pain devait être prêt avant que le berger ne revienne à la ferme ramener les brebis. Le jour commençait à se coucher lorsque le pain fut prêt, mais, heureusement, les deux femmes arrivèrent à temps pour le berger. Marie dut encore préparer le souper, et le servir, puis aider la Francine à préparer les couches pour la nuit.

Peu avant l'heure du coucher, la paysanne fit le bilan de la journée avec la jeune fille :
"Eh ben, mamzelle Marie, z'avez encore bien des progrès à faire avant d'savoir bien t'nir une ferme. Heureusement, mon Jacquot avait raison : vous êtes travailleuse, et cherchez qu'à  faire mieux. J'crois que j'peux vous laisser seule dès d'main. Faudra just' que j'vérifie vot' ouvrage après qu'j'sois rentré des champs. Faut qu'vous dormiez, Marie, car d'main, la journée sera longue"

Marie avait travaillé dur avec M. Drake dans les ateliers, puis seule à la boulangerie, puis au sein de la troupe. Cependant, cette première journée à la ferme se révéla de loin la plus difficile pour elle, et dès qu'elle eut rejoint sa couche, elle s'endormit immédiatement, vaincue par l'épuisement.

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