L'école des princesses : chapitre 32
Chapitre 32 : la proposition de Marie
La Francine demanda à son neveu :
"Alors, mon Jacquot, fais donc les présentations
- La tante, voici M'sieur Jean Polequin : c'est mon patron, et j'lui dois tout. Sans lui, je s'rais p'tet mort aujourd'hui, car il m'a trouvé alors qu'j'étais un pauv' vagabond mendiant. Il m'a r'cueilli, nourri, et en plus, il me paie juste pour faire rire. Moi que tous voyaient comme un bon à rien, j'suis devenu quelqu'un qu'on aime, qu'on applaudit. J'ai jamais été aussi heureux qu'avec lui et les aut' de la troupe. La d'moiselle, c'est Marie Fabre. Elle est aussi d'la troupe, mais qu'depuis un an et demi. C'est une jeune fille, qui joue, mais aussi qui écrit, et en plus pour moi. J'ai rarement vu d'moiselle aussi gentille, et elle m'aime bien, tu sais
Marie, Jean, voici ma tante, la Francine, mon oncle, l'Antoine et mes p'tis cousins.
- M'sieur Jean, répliqua Francine, merci pour tout c' que vous avez fait pour mon Jacquot. Vous savez, on l'aime bien, le Jacquot, et quand il est parti, on avait le coeur crevé. On avait peur qu'il meure de faim comme un chien, tout seul. Et là, j'vois le Jacquot en pleine santé. On dirait qu' faire l'saltimbanque, ça lui réussit. Et vous mamzelle, le Jacquot m'dit que vous l'aimez bien. Vous êtes sa fiancée?
- Non, madame, répondit Marie, Jacques n'est qu'un ami, mais qui m'est très cher. Et c'est parce qu'il m'est si cher que j'ai souhaité l'accompagner, car cela me fait tant de peine de le voir obligé de quitter la troupe, qui compte tant pour lui. Et c'est pour cela que je souhaite vous demander une faveur. Je souhaiterais que vous permettiez à Jacques de rester dans la troupe, et qu'à la place, je puisse rester à la ferme pour le remplacer, afin de vous apporter l'aide dont vous avez besoin."
La Francine se tourna rapidement vers Jacques, et, d'une voix pleine de colère, lui lança :
"Dis donc, Jacquot, qu'est que ça veut dire? Tu d'mandes aux d'moiselles d'faire ton travail? Tu veux nous faire honte? La famille, ça compte plus pour toi?
- Non madame, dit Marie, Jacques n'y est pour rien, et ne m'a rien demandé. C'est moi qui ai insisté pour le suivre, alors qu'il ne l'approuvait pas. Il est vrai que nous ne connaissons pas, et que vous n'avez aucune raison d'accepter ma demande.
- Et pourquoi que j'accepterais? Qu'est que je f'rais d'une jeune fille comme vous? Vous êtes pas paysanne, ça s'entend à vot' façon de parler. Vous s'riez bonne à rien. J'ai b'soin d'un homme avec des bras forts pour remplacer l'mien. Et j'vois pas le Jacquot laisser sa famille quand elle en a b'soin.
- Vous avez raison, madame, car je sais à quel point Jacques est loyal et dévoué. Mais si Jacques a un devoir familial vis à vis de vous et votre mari, il a aussi des devoirs vis à vis de sa troupe, car sa troupe, c'est aussi un peu sa famille, qui l'a adopté, et lui a permis de trouver le bonheur. Sans lui, elle est en danger, car c'est lui qui lui permet de faire rire. Et madame, si vous saviez à quel point les gens ont besoin de rire ; le pauvre paysan fatigué, le manoeuvre après un dur travail à l'atelier, les mères, après un long travail à la maison avec les enfants : pendant un court moment, tous ces gens oublient combien leur vie est difficile, quand Jacques leur offre le rire. S'il quitte la troupe, non seulement sa famille d'adoption et son bonheur sont menacés, mais tous ces gens qui ont besoin d'un peu de soulagement dans leur vie le perdront, sans lui. Je sais à quel point Jacques est déchiré entre sa loyauté vis à vis de vous, et celle vis à vis de tous ceux qui comptent sur lui pour les faire rire. Et c'est pourquoi, je vous supplie de réfléchir à ma proposition. Je ne suis peut être pas paysanne, mais je suis travailleuse, et je suis prête à faire tous les efforts possibles pour vous aider"
La Francine resta silencieuse pendant un moment. Puis, elle s'adressa à Jacques
"Dis moi, Jacquot, c'est vrai qu't'es heureux parmi tes saltimbanques? Et j'veux la vérité.
- Oui, la tante, répondit Jacques, c'est vrai; j'ai jamais été aussi heureux d'ma vie
- Et dites moi, M'sieur Jean, c'est vrai qu'vous avez b'soin du Jacquot pour qu'vos saltimbanques puissent faire leur numéro?
- Je suis forcé d'admettre, répondit Jean que Jacques est un membre essentiel de la troupe, et que je ne vois personne pour le remplacer.
- Et la Marie, qui dit être travailleuse, c'est la vérité?
- Oui, madame, cela est vrai. Marie n'est arrivée que depuis un an et demi, mais elle a su apprendre le métier, et cela par un travail acharné, sans ménager ses efforts. Elle est toujours volontaire dès qu'il y a besoin qu'une tâche quelconque soit effectuée ; et je puis vous assurer que la vie de comédien ambulant implique un lourd labeur, et Marie a toujours été à la hauteur des attentes de la troupe.
- Mais vous mamzelle Marie, pourquoi qu'vous voulez tant prendre la place du Jacquot? Z'avez la belle vie d'saltimbanque ; pourquoi qu'vous voulez quitter ça? Vous savez pas c'que c'est qu'la vie de paysanne. C'est très dur. On a froid, on a faim, le labeur est dur et ça s'arrête jamais. Si j'étais vous, jamais j'quitterais vot' belle vie
- Vous avez raison, madame, mais je savais qu'en demandant de remplacer Jacques, je choisirais une existence bien plus difficile que celle que j'ai vécue au sein de la troupe. Mais pensez à Jacques. Lui aussi serait forcé de faire ce choix. Vous savez maintenant à quel point il est heureux parmi la troupe. N'aimez vous pas votre neveu, et ne souhaitez vous pas son bonheur?
- Elle a raison, femme, dit soudainement l'Antoine. Ca me crèverait l'coeur de savoir le Jacquot malheureux.
- L'Antoine, personne t'a rien demandé, l'interrompit la Francine. Dites moi, mamzelle Marie, vous savez filer la laine?
- Oui, répondit Marie.
- Et faire le pain?
- Oui
- Et cultiver le potager?
- Aussi"
Lors de leur séjour dans la grotte, Drake avait en effet appris à Marie les bases de l'agriculture, grâce à une ferme magique de sa création. Marie le remercia silencieusement de ces leçons, qui lui permettraient d'aider son ami.
" Mamzelle Marie, j'pense que vous d'vez bien l'aimer, not' Jacquot, pour vous sacrifier afin d'lui permettre d'être heureux. Et vous savez, pour l'Antoine et moi, qu' not' n'veu soit heureux, ça compte beaucoup. Vous m' semblez une fille courageuse. Alors, pour l'amour qu'on a pour l'Jacquot, j'ai décidé d'vous donner une chance. Mais vous d'vez savoir qu'j'vous ferai pas de cadeau, que le labeur s'ra très dur, et que j'supporte pas les fainéantes. Toujours d'accord?
- Oui, madame ; et merci pour Jacques"
Celui-ci, comprenant qu'il pouvait rester dans la troupe, ne croyant pas son bonheur, pleura des larmes de joie, et, se jetant dans les bras de sa tante, lui dit
"Merci ma tante, merci, merci. J'le crois pas, j'vais pouvoir rester avec M'sieur Jean. Merci Marie, j'sais pas si j'pourrais te l'repayer un jour. J'aurais jamais pensé un jour avoir de tels amis, et c'est trop pour moi.
- Jacques, lui assura Marie, tu as les amis que tu mérites. Crois moi, je ne fais que te repayer la dette que je te dois. Tu ne peux pas imaginer à quel point c'est aussi grâce à toi que j'ai été si heureuse parmi vous dans la compagnie. Tu m'as fait oublier tous les moments difficiles, et c'est aussi toi qui m'a donné confiance en moi pour montrer à Jean ma pièce. Va Jacques, rejoins la troupe que tu aimes tant, et sois tranquille ; ta tante ne regrettera pas de m'avoir fait confiance."
Puis, s'adressant à Jean, elle ajouta
"Monsieur Polequin, je souhaiterais vous demander une faveur. Je souhaiterais que dès que possible, vous fassiez connaître mon départ de la troupe, afin que la nouvelle se répande dans le pays. Ainsi, mon ami et tuteur, M. Drake sera au courant, car il se renseigne régulièrement sur votre compagnie, et ainsi, s'il vient s'informer auprès de vous, vous pourrez lui dire ce que je suis devenue. Ainsi, il souhaitera peut être me rejoindre et m'aider.
- Bien sûr, Marie, lui répondit Jean, et cela d'autant plus que je tenterai de retrouver au plus vite une jeune comédienne pour te remplacer."
La Francine leur demanda:
"Vous v'nez d'dire qu'si la Marie reste, quelqu'un d'autre pourrait v'nir plus tard, pour travailler avec nous?
- Je ne peux rien vous garantir, répondit Marie, mais je sais que M. Drake, qui est comme un père pour moi, viendrait dès qu'il lui serait possible s'il savait que j'ai besoin de lui
- Ce s'rait ben d'la chance d'avoir deux gens pour la ferme, pendant qu'mon homme s'remette d'aplomb"
Enfin, Jean sortit de sa poche une petite bourse, qu'il remit à la Francine
"Voici de l'argent, pour vous aider pour les jours qui viennent. Cela représente la part de salaire de Jacques, qu'il m'a demandé de vous donner pour l'amour qu'il éprouve pour vous, ainsi que la part de Marie, qui souhaitais aussi contribuer.
- Oh, merci, m'sieur Jean. répondit Francine. Ce soir, vous rest'rez avec nous pour l'souper; pour l'occasion, on va prendre un peu du reste de lard, pour fêter la visite de notre Jacquot.
- Je vous remercie de votre hospitalité, et serai honoré de souper avec vous"
La Francine prépara la table, et tous prirent le souper, qui fut composé de pain de seigle, de soupe, qu'ils prirent avec du lard du cochon tué l'hiver précédent. Puis, à l'insistance de la Francine, Jean et Jacques passèrent la nuit à la ferme, qu'ils quitteraient le lendemain à l'aube pour rejoindre leur camarades.
La Francine demanda à son neveu :
"Alors, mon Jacquot, fais donc les présentations
- La tante, voici M'sieur Jean Polequin : c'est mon patron, et j'lui dois tout. Sans lui, je s'rais p'tet mort aujourd'hui, car il m'a trouvé alors qu'j'étais un pauv' vagabond mendiant. Il m'a r'cueilli, nourri, et en plus, il me paie juste pour faire rire. Moi que tous voyaient comme un bon à rien, j'suis devenu quelqu'un qu'on aime, qu'on applaudit. J'ai jamais été aussi heureux qu'avec lui et les aut' de la troupe. La d'moiselle, c'est Marie Fabre. Elle est aussi d'la troupe, mais qu'depuis un an et demi. C'est une jeune fille, qui joue, mais aussi qui écrit, et en plus pour moi. J'ai rarement vu d'moiselle aussi gentille, et elle m'aime bien, tu sais
Marie, Jean, voici ma tante, la Francine, mon oncle, l'Antoine et mes p'tis cousins.
- M'sieur Jean, répliqua Francine, merci pour tout c' que vous avez fait pour mon Jacquot. Vous savez, on l'aime bien, le Jacquot, et quand il est parti, on avait le coeur crevé. On avait peur qu'il meure de faim comme un chien, tout seul. Et là, j'vois le Jacquot en pleine santé. On dirait qu' faire l'saltimbanque, ça lui réussit. Et vous mamzelle, le Jacquot m'dit que vous l'aimez bien. Vous êtes sa fiancée?
- Non, madame, répondit Marie, Jacques n'est qu'un ami, mais qui m'est très cher. Et c'est parce qu'il m'est si cher que j'ai souhaité l'accompagner, car cela me fait tant de peine de le voir obligé de quitter la troupe, qui compte tant pour lui. Et c'est pour cela que je souhaite vous demander une faveur. Je souhaiterais que vous permettiez à Jacques de rester dans la troupe, et qu'à la place, je puisse rester à la ferme pour le remplacer, afin de vous apporter l'aide dont vous avez besoin."
La Francine se tourna rapidement vers Jacques, et, d'une voix pleine de colère, lui lança :
"Dis donc, Jacquot, qu'est que ça veut dire? Tu d'mandes aux d'moiselles d'faire ton travail? Tu veux nous faire honte? La famille, ça compte plus pour toi?
- Non madame, dit Marie, Jacques n'y est pour rien, et ne m'a rien demandé. C'est moi qui ai insisté pour le suivre, alors qu'il ne l'approuvait pas. Il est vrai que nous ne connaissons pas, et que vous n'avez aucune raison d'accepter ma demande.
- Et pourquoi que j'accepterais? Qu'est que je f'rais d'une jeune fille comme vous? Vous êtes pas paysanne, ça s'entend à vot' façon de parler. Vous s'riez bonne à rien. J'ai b'soin d'un homme avec des bras forts pour remplacer l'mien. Et j'vois pas le Jacquot laisser sa famille quand elle en a b'soin.
- Vous avez raison, madame, car je sais à quel point Jacques est loyal et dévoué. Mais si Jacques a un devoir familial vis à vis de vous et votre mari, il a aussi des devoirs vis à vis de sa troupe, car sa troupe, c'est aussi un peu sa famille, qui l'a adopté, et lui a permis de trouver le bonheur. Sans lui, elle est en danger, car c'est lui qui lui permet de faire rire. Et madame, si vous saviez à quel point les gens ont besoin de rire ; le pauvre paysan fatigué, le manoeuvre après un dur travail à l'atelier, les mères, après un long travail à la maison avec les enfants : pendant un court moment, tous ces gens oublient combien leur vie est difficile, quand Jacques leur offre le rire. S'il quitte la troupe, non seulement sa famille d'adoption et son bonheur sont menacés, mais tous ces gens qui ont besoin d'un peu de soulagement dans leur vie le perdront, sans lui. Je sais à quel point Jacques est déchiré entre sa loyauté vis à vis de vous, et celle vis à vis de tous ceux qui comptent sur lui pour les faire rire. Et c'est pourquoi, je vous supplie de réfléchir à ma proposition. Je ne suis peut être pas paysanne, mais je suis travailleuse, et je suis prête à faire tous les efforts possibles pour vous aider"
La Francine resta silencieuse pendant un moment. Puis, elle s'adressa à Jacques
"Dis moi, Jacquot, c'est vrai qu't'es heureux parmi tes saltimbanques? Et j'veux la vérité.
- Oui, la tante, répondit Jacques, c'est vrai; j'ai jamais été aussi heureux d'ma vie
- Et dites moi, M'sieur Jean, c'est vrai qu'vous avez b'soin du Jacquot pour qu'vos saltimbanques puissent faire leur numéro?
- Je suis forcé d'admettre, répondit Jean que Jacques est un membre essentiel de la troupe, et que je ne vois personne pour le remplacer.
- Et la Marie, qui dit être travailleuse, c'est la vérité?
- Oui, madame, cela est vrai. Marie n'est arrivée que depuis un an et demi, mais elle a su apprendre le métier, et cela par un travail acharné, sans ménager ses efforts. Elle est toujours volontaire dès qu'il y a besoin qu'une tâche quelconque soit effectuée ; et je puis vous assurer que la vie de comédien ambulant implique un lourd labeur, et Marie a toujours été à la hauteur des attentes de la troupe.
- Mais vous mamzelle Marie, pourquoi qu'vous voulez tant prendre la place du Jacquot? Z'avez la belle vie d'saltimbanque ; pourquoi qu'vous voulez quitter ça? Vous savez pas c'que c'est qu'la vie de paysanne. C'est très dur. On a froid, on a faim, le labeur est dur et ça s'arrête jamais. Si j'étais vous, jamais j'quitterais vot' belle vie
- Vous avez raison, madame, mais je savais qu'en demandant de remplacer Jacques, je choisirais une existence bien plus difficile que celle que j'ai vécue au sein de la troupe. Mais pensez à Jacques. Lui aussi serait forcé de faire ce choix. Vous savez maintenant à quel point il est heureux parmi la troupe. N'aimez vous pas votre neveu, et ne souhaitez vous pas son bonheur?
- Elle a raison, femme, dit soudainement l'Antoine. Ca me crèverait l'coeur de savoir le Jacquot malheureux.
- L'Antoine, personne t'a rien demandé, l'interrompit la Francine. Dites moi, mamzelle Marie, vous savez filer la laine?
- Oui, répondit Marie.
- Et faire le pain?
- Oui
- Et cultiver le potager?
- Aussi"
Lors de leur séjour dans la grotte, Drake avait en effet appris à Marie les bases de l'agriculture, grâce à une ferme magique de sa création. Marie le remercia silencieusement de ces leçons, qui lui permettraient d'aider son ami.
" Mamzelle Marie, j'pense que vous d'vez bien l'aimer, not' Jacquot, pour vous sacrifier afin d'lui permettre d'être heureux. Et vous savez, pour l'Antoine et moi, qu' not' n'veu soit heureux, ça compte beaucoup. Vous m' semblez une fille courageuse. Alors, pour l'amour qu'on a pour l'Jacquot, j'ai décidé d'vous donner une chance. Mais vous d'vez savoir qu'j'vous ferai pas de cadeau, que le labeur s'ra très dur, et que j'supporte pas les fainéantes. Toujours d'accord?
- Oui, madame ; et merci pour Jacques"
Celui-ci, comprenant qu'il pouvait rester dans la troupe, ne croyant pas son bonheur, pleura des larmes de joie, et, se jetant dans les bras de sa tante, lui dit
"Merci ma tante, merci, merci. J'le crois pas, j'vais pouvoir rester avec M'sieur Jean. Merci Marie, j'sais pas si j'pourrais te l'repayer un jour. J'aurais jamais pensé un jour avoir de tels amis, et c'est trop pour moi.
- Jacques, lui assura Marie, tu as les amis que tu mérites. Crois moi, je ne fais que te repayer la dette que je te dois. Tu ne peux pas imaginer à quel point c'est aussi grâce à toi que j'ai été si heureuse parmi vous dans la compagnie. Tu m'as fait oublier tous les moments difficiles, et c'est aussi toi qui m'a donné confiance en moi pour montrer à Jean ma pièce. Va Jacques, rejoins la troupe que tu aimes tant, et sois tranquille ; ta tante ne regrettera pas de m'avoir fait confiance."
Puis, s'adressant à Jean, elle ajouta
"Monsieur Polequin, je souhaiterais vous demander une faveur. Je souhaiterais que dès que possible, vous fassiez connaître mon départ de la troupe, afin que la nouvelle se répande dans le pays. Ainsi, mon ami et tuteur, M. Drake sera au courant, car il se renseigne régulièrement sur votre compagnie, et ainsi, s'il vient s'informer auprès de vous, vous pourrez lui dire ce que je suis devenue. Ainsi, il souhaitera peut être me rejoindre et m'aider.
- Bien sûr, Marie, lui répondit Jean, et cela d'autant plus que je tenterai de retrouver au plus vite une jeune comédienne pour te remplacer."
La Francine leur demanda:
"Vous v'nez d'dire qu'si la Marie reste, quelqu'un d'autre pourrait v'nir plus tard, pour travailler avec nous?
- Je ne peux rien vous garantir, répondit Marie, mais je sais que M. Drake, qui est comme un père pour moi, viendrait dès qu'il lui serait possible s'il savait que j'ai besoin de lui
- Ce s'rait ben d'la chance d'avoir deux gens pour la ferme, pendant qu'mon homme s'remette d'aplomb"
Enfin, Jean sortit de sa poche une petite bourse, qu'il remit à la Francine
"Voici de l'argent, pour vous aider pour les jours qui viennent. Cela représente la part de salaire de Jacques, qu'il m'a demandé de vous donner pour l'amour qu'il éprouve pour vous, ainsi que la part de Marie, qui souhaitais aussi contribuer.
- Oh, merci, m'sieur Jean. répondit Francine. Ce soir, vous rest'rez avec nous pour l'souper; pour l'occasion, on va prendre un peu du reste de lard, pour fêter la visite de notre Jacquot.
- Je vous remercie de votre hospitalité, et serai honoré de souper avec vous"
La Francine prépara la table, et tous prirent le souper, qui fut composé de pain de seigle, de soupe, qu'ils prirent avec du lard du cochon tué l'hiver précédent. Puis, à l'insistance de la Francine, Jean et Jacques passèrent la nuit à la ferme, qu'ils quitteraient le lendemain à l'aube pour rejoindre leur camarades.
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