L'école des princesses : chapitre 31
Chapitre 31 : Arrivée à la ferme
Pendant trois jours, le petit groupe traversa la campagne à pied, logeant et soupant la nuit dans des gîtes; Jean et Marie avaient emporté quelque argent afin de payer le couvert et la couche. Enfin, à la fin du troisième jour, alors que le soleil se couchait, les quatre voyageurs parvinrent au village où Jacques avait vécu son enfance. Après s'être séparés de leur accompagnateur, Jean et Marie suivirent Jacques qui les mena vers la ferme de son oncle. La ferme était une petite mansarde, flanquée d'un côté d'un poulailler et de l'autre d'une petite étable, avec, à l'arrière un jardin potager. Une fois arrivés, Jacques expliqua à ses compagnons qu'il souhaitait d'abord voir sa famille seul, ce qu'ils acceptèrent sans hésitation. Marie et Jean se mirent à l'écart, tandis que Jacques s'approcha de la maison de son oncle.
Jacques frappa à la porte, et, peu après, une femme grande, massive, vêtue d'un bliaud de couleur sombre apparut sur le seuil.
" Bonsoir, la tante, commença Jacques ; cela fait plaisir de te voir
- C'est y bien toi, mon Jacquot? répondit la femme : eh bien, t'es d'venu bien grand. Ca fait plaisir de t'voir. Et l'Antoine aussi sera bien content.
- Comment va l'oncle?
- Oh, depuis qu'il s'est cassé la jambe, il peut plus s'lever ; mais pour ce qui est d'gémir, d'vouloir êt'le chef et de bâfrer, là, il est en forme."
Puis, apercevant Marie et Jean, elle ajouta
"Mais dis donc, Jacquot, t'es pas venu seul; c'est qui c'te belle jeune fille et l'vieux gars avec elle? C'est ta fiancée et son père?
- Non, la tante ; ils travaillent avec moi, et ont fait l'effort de m'accompagner
- Ah, c'est vrai; j'oubliais que tu f'sais l'saltimbanque; et pourquoi qu'y sont venus?
- Je t'expliquerai ; mais d'abord, je voudrais voir l'oncle
- Il est sur sa couche ; j'vais t'amener à lui"
Jacques et sa tante entrèrent, et rejoignirent un homme d'âge mûr, mince, encore vigoureux, vêtu d'une tunique, mais jambes nues, la gauche maintenue immobile par deux planches placées de chaque côté, reliées ensemble par des cordes. Il était assis sur la couche, et à la vue de Jacques, s'exclama
"-Oh, femme ; alors v'là donc l'Jacquot? Eh ben, t'es d'venu un homme ; et moi, ton oncle, suis plus qu'un vieil éclopé, incapable d'rester d'bout. Mais j'suis content de t'voir; ça fait plaisir de voir qu' le n'veu tient encore à ses vieux
- Salut, l'oncle, répondit Jacques ; dès qu'j'ai appris le malheur, je suis v'nu aussi vite que j'ai pu.
- Et j'te remercie, n'veu : la Francine, elle a bien b'soin d'secours, entre son vieil estropié et les p'tits; eh, les enfants, appela-t-il, venez voir vot' cousin"
Un instant après, trois petits enfants vêtus de quelques hardes et pieds nus apparurent ; une petite fille de 8 ans, la plus âgée, et deux garçons de 6 et 5 ans. Ils regardèrent Jacques avec curiosité, mais sans rien dire
"Jacquot, v'ilà les enfants d'ton pauvre cousin Blaise : Jeanne, Martin et le p'tit Pierre. C'est y pas malheureux de voir ces p'tits sans leurs parents ; mais comme toi, j'pouvais pas les abandonner. Et maintenant, voilà qu' c'est eux qui doivent s'occuper de leur vieux ; quelle pitié. Alors, les p'tits, on dit pas bonsoir au cousin?
- B'soir, m'sieur" murmurèrent trois petites voix.
"C'est pas tout ça, l'Antoine, interrompit la Francine, mais l'Jacquot, il est pas v'nu tout seul ; y a deux gens avec lui. Et j'aimerais savoir pourquoi q'y sont v'nus. Dis leur d'entrer, Jacquot.
- D'accord, la tante"
Et Jacques sortit de la petite maison, et et fit signe à Jean et Marie de le rejoindre, puis tous entrèrent.
Pendant trois jours, le petit groupe traversa la campagne à pied, logeant et soupant la nuit dans des gîtes; Jean et Marie avaient emporté quelque argent afin de payer le couvert et la couche. Enfin, à la fin du troisième jour, alors que le soleil se couchait, les quatre voyageurs parvinrent au village où Jacques avait vécu son enfance. Après s'être séparés de leur accompagnateur, Jean et Marie suivirent Jacques qui les mena vers la ferme de son oncle. La ferme était une petite mansarde, flanquée d'un côté d'un poulailler et de l'autre d'une petite étable, avec, à l'arrière un jardin potager. Une fois arrivés, Jacques expliqua à ses compagnons qu'il souhaitait d'abord voir sa famille seul, ce qu'ils acceptèrent sans hésitation. Marie et Jean se mirent à l'écart, tandis que Jacques s'approcha de la maison de son oncle.
Jacques frappa à la porte, et, peu après, une femme grande, massive, vêtue d'un bliaud de couleur sombre apparut sur le seuil.
" Bonsoir, la tante, commença Jacques ; cela fait plaisir de te voir
- C'est y bien toi, mon Jacquot? répondit la femme : eh bien, t'es d'venu bien grand. Ca fait plaisir de t'voir. Et l'Antoine aussi sera bien content.
- Comment va l'oncle?
- Oh, depuis qu'il s'est cassé la jambe, il peut plus s'lever ; mais pour ce qui est d'gémir, d'vouloir êt'le chef et de bâfrer, là, il est en forme."
Puis, apercevant Marie et Jean, elle ajouta
"Mais dis donc, Jacquot, t'es pas venu seul; c'est qui c'te belle jeune fille et l'vieux gars avec elle? C'est ta fiancée et son père?
- Non, la tante ; ils travaillent avec moi, et ont fait l'effort de m'accompagner
- Ah, c'est vrai; j'oubliais que tu f'sais l'saltimbanque; et pourquoi qu'y sont venus?
- Je t'expliquerai ; mais d'abord, je voudrais voir l'oncle
- Il est sur sa couche ; j'vais t'amener à lui"
Jacques et sa tante entrèrent, et rejoignirent un homme d'âge mûr, mince, encore vigoureux, vêtu d'une tunique, mais jambes nues, la gauche maintenue immobile par deux planches placées de chaque côté, reliées ensemble par des cordes. Il était assis sur la couche, et à la vue de Jacques, s'exclama
"-Oh, femme ; alors v'là donc l'Jacquot? Eh ben, t'es d'venu un homme ; et moi, ton oncle, suis plus qu'un vieil éclopé, incapable d'rester d'bout. Mais j'suis content de t'voir; ça fait plaisir de voir qu' le n'veu tient encore à ses vieux
- Salut, l'oncle, répondit Jacques ; dès qu'j'ai appris le malheur, je suis v'nu aussi vite que j'ai pu.
- Et j'te remercie, n'veu : la Francine, elle a bien b'soin d'secours, entre son vieil estropié et les p'tits; eh, les enfants, appela-t-il, venez voir vot' cousin"
Un instant après, trois petits enfants vêtus de quelques hardes et pieds nus apparurent ; une petite fille de 8 ans, la plus âgée, et deux garçons de 6 et 5 ans. Ils regardèrent Jacques avec curiosité, mais sans rien dire
"Jacquot, v'ilà les enfants d'ton pauvre cousin Blaise : Jeanne, Martin et le p'tit Pierre. C'est y pas malheureux de voir ces p'tits sans leurs parents ; mais comme toi, j'pouvais pas les abandonner. Et maintenant, voilà qu' c'est eux qui doivent s'occuper de leur vieux ; quelle pitié. Alors, les p'tits, on dit pas bonsoir au cousin?
- B'soir, m'sieur" murmurèrent trois petites voix.
"C'est pas tout ça, l'Antoine, interrompit la Francine, mais l'Jacquot, il est pas v'nu tout seul ; y a deux gens avec lui. Et j'aimerais savoir pourquoi q'y sont v'nus. Dis leur d'entrer, Jacquot.
- D'accord, la tante"
Et Jacques sortit de la petite maison, et et fit signe à Jean et Marie de le rejoindre, puis tous entrèrent.
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