L'école des princesses : chapitre 30
30) L'histoire de Jacques
Dès l'aube, Jacques, Marie et Jean se mirent en marche avec le paysan, à qui Jacques avait expliqué que le chef de la troupe et une de ses partenaires souhaitaient parler à sa tante. Pendant qu'ils parcouraient le chemin à travers la campagne, Jean raconta à Marie l'histoire personnelle de Jacques, avec l'accord de celui-ci.
Jacques était né d'une famille de paysans très pauvres. Alors qu'il n'avait que six ans, ses parents et frères moururent de dysentérie. Seul survivant, il fut recueilli par un de ses oncles, celui-ci précisément chez qui ils allaient. Jacques était très aimé de son oncle et de sa tante, qui le considéraient comme leur propre enfant. Malheureusement, il dut subir la jalousie de ses cousins, qui n'acceptaient pas que cet enfant étranger reçoive l'affection de leurs parents. Ils se coalisèrent pour lui rendre la vie impossible, lui faisant subir quantité de brimades, tentant par tous les moyens de le brouiller avec son oncle. Même si celui-ci ne cessa jamais d'aimer son neveu, il souffrait d'observer tant de discorde dans son foyer, sans pouvoir y remédier. Aussi, dès l'âge de dix ans, Jacques décida de quitter la maison de son oncle pour mener sa propre vie. Ainsi, commença une vie d'errance, de village en village ; si Jacques parvenait occasionnellement à trouver du travail, très souvent, il était forcé de mendier pour gagner son pain. Afin d'attirer la sympathie et l'ouverture des bourses, il essayait de susciter le rire par ses mimiques, et des petits numéros comiques qu'il improvisait. Cette méthode ayant montré quelque résultat, il continua d'affiner ses talents de comique, et ainsi de mieux bénéficier de la générosité des villageois.
"Je rencontrai Jacques pour la première fois, continua Jean, au cours d'une tournée dans un petit village ; à l'époque, le couple Barnaud et moi étions les seuls membres de la compagnie. Alors que je revenais d'acheter du pain, je vis devant moi ce mendiant en haillons, qui me proposa un numéro où il mimait différents métiers, potier, forgeron, boulanger ou paysan ; et en même temps, il ajoutait toujours une mimique amusante, faisant semblant de rater un geste pour mimer des hurlements de douleur, feignait le désespoir face à un ouvrage raté. Je n'avais rarement autant ri qu'en regardant ses improvisations, et réalisa rapidement qu'il pourrait beaucoup apporter à la troupe, par son potentiel comique. Aussi, lorsqu'il me demanda un peu d'argent pour son numéro, je lui expliquai que j'étais le chef d'une troupe de théâtre, et que j'avais trouvé son numéro tellement drôle que j'estimais qu'il devrait avoir la possibilité de montrer ses talents comiques à travers le pays, et donc, lui proposai de me rejoindre. Jacques était stupéfait , et au début, ne comprit pas clairement ce que je lui proposais, car il n'avait jamais vu de théâtre de sa vie. Je lui fis signe de me suivre, car, justement, la représentation au village devait commencer. Jacques fut fasciné par le spectacle, et, une fois celui-ci terminé, me demanda si, vraiment, je lui avais suggéré de pouvoir monter sur la scène et faire son numéro devant tant de personnes. Je lui confirmai que telle était mon intention, et Jacques, ne croyant pas l'immense chance qui venait de lui arriver, pleura des larmes de joie. Lui, qui errait depuis des années, dont personne le voulait, qui bien des jours ne pouvait rien manger, il voyait enfin des gens l'accueillir, lui donner de la valeur, et il ne resterait plus seul. Dès le lendemain, il prenait la route avec nous, et ne nous a jamais plus quittés depuis"
Marie, à présent, comprenait bien mieux la gentillesse de son partenaire. Pour lui, la troupe avait été sa nouvelle famille, ceux qui l'avaient sorti de la misère la plus sordide, et qui lui avaient enfin donné de l'importance. Tous les petits drames que pouvaient endurer une troupe n'étaient que négligeables comparée à l'horrible misère de son ancienne vie ; et ainsi, il pouvait facilement montrer aux autres leur insignifiance. De plus, cela lui permettait d'exprimer sa reconnaissance à ceux qui l'avaient accueilli. Enfin, il tenait plus que tout que la troupe, sa famille, soit unie, car il ne voulait pas la perdre. Marie se figurait l'extrême détresse de Jacques, tiraillé entre son devoir familial et son attachement à la troupe. Cela renforça encore plus sa détermination à persuader la tante de Jacques de lui permettre de rester dans la troupe, et de le remplacer. Elle ne doutait pas que si Jacques lui avait permis de le suivre, cela signifiait qu'il gardait aussi un espoir, si minime soit il, de pouvoir rester dans la troupe qu'il chérissait tant, et qui représentait toute sa vie.
Dès l'aube, Jacques, Marie et Jean se mirent en marche avec le paysan, à qui Jacques avait expliqué que le chef de la troupe et une de ses partenaires souhaitaient parler à sa tante. Pendant qu'ils parcouraient le chemin à travers la campagne, Jean raconta à Marie l'histoire personnelle de Jacques, avec l'accord de celui-ci.
Jacques était né d'une famille de paysans très pauvres. Alors qu'il n'avait que six ans, ses parents et frères moururent de dysentérie. Seul survivant, il fut recueilli par un de ses oncles, celui-ci précisément chez qui ils allaient. Jacques était très aimé de son oncle et de sa tante, qui le considéraient comme leur propre enfant. Malheureusement, il dut subir la jalousie de ses cousins, qui n'acceptaient pas que cet enfant étranger reçoive l'affection de leurs parents. Ils se coalisèrent pour lui rendre la vie impossible, lui faisant subir quantité de brimades, tentant par tous les moyens de le brouiller avec son oncle. Même si celui-ci ne cessa jamais d'aimer son neveu, il souffrait d'observer tant de discorde dans son foyer, sans pouvoir y remédier. Aussi, dès l'âge de dix ans, Jacques décida de quitter la maison de son oncle pour mener sa propre vie. Ainsi, commença une vie d'errance, de village en village ; si Jacques parvenait occasionnellement à trouver du travail, très souvent, il était forcé de mendier pour gagner son pain. Afin d'attirer la sympathie et l'ouverture des bourses, il essayait de susciter le rire par ses mimiques, et des petits numéros comiques qu'il improvisait. Cette méthode ayant montré quelque résultat, il continua d'affiner ses talents de comique, et ainsi de mieux bénéficier de la générosité des villageois.
"Je rencontrai Jacques pour la première fois, continua Jean, au cours d'une tournée dans un petit village ; à l'époque, le couple Barnaud et moi étions les seuls membres de la compagnie. Alors que je revenais d'acheter du pain, je vis devant moi ce mendiant en haillons, qui me proposa un numéro où il mimait différents métiers, potier, forgeron, boulanger ou paysan ; et en même temps, il ajoutait toujours une mimique amusante, faisant semblant de rater un geste pour mimer des hurlements de douleur, feignait le désespoir face à un ouvrage raté. Je n'avais rarement autant ri qu'en regardant ses improvisations, et réalisa rapidement qu'il pourrait beaucoup apporter à la troupe, par son potentiel comique. Aussi, lorsqu'il me demanda un peu d'argent pour son numéro, je lui expliquai que j'étais le chef d'une troupe de théâtre, et que j'avais trouvé son numéro tellement drôle que j'estimais qu'il devrait avoir la possibilité de montrer ses talents comiques à travers le pays, et donc, lui proposai de me rejoindre. Jacques était stupéfait , et au début, ne comprit pas clairement ce que je lui proposais, car il n'avait jamais vu de théâtre de sa vie. Je lui fis signe de me suivre, car, justement, la représentation au village devait commencer. Jacques fut fasciné par le spectacle, et, une fois celui-ci terminé, me demanda si, vraiment, je lui avais suggéré de pouvoir monter sur la scène et faire son numéro devant tant de personnes. Je lui confirmai que telle était mon intention, et Jacques, ne croyant pas l'immense chance qui venait de lui arriver, pleura des larmes de joie. Lui, qui errait depuis des années, dont personne le voulait, qui bien des jours ne pouvait rien manger, il voyait enfin des gens l'accueillir, lui donner de la valeur, et il ne resterait plus seul. Dès le lendemain, il prenait la route avec nous, et ne nous a jamais plus quittés depuis"
Marie, à présent, comprenait bien mieux la gentillesse de son partenaire. Pour lui, la troupe avait été sa nouvelle famille, ceux qui l'avaient sorti de la misère la plus sordide, et qui lui avaient enfin donné de l'importance. Tous les petits drames que pouvaient endurer une troupe n'étaient que négligeables comparée à l'horrible misère de son ancienne vie ; et ainsi, il pouvait facilement montrer aux autres leur insignifiance. De plus, cela lui permettait d'exprimer sa reconnaissance à ceux qui l'avaient accueilli. Enfin, il tenait plus que tout que la troupe, sa famille, soit unie, car il ne voulait pas la perdre. Marie se figurait l'extrême détresse de Jacques, tiraillé entre son devoir familial et son attachement à la troupe. Cela renforça encore plus sa détermination à persuader la tante de Jacques de lui permettre de rester dans la troupe, et de le remplacer. Elle ne doutait pas que si Jacques lui avait permis de le suivre, cela signifiait qu'il gardait aussi un espoir, si minime soit il, de pouvoir rester dans la troupe qu'il chérissait tant, et qui représentait toute sa vie.
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