L'école des princesses : chapitre 26
26) Le plan de Drake
Le jour dit, quatre jours après l'arrivée de Marie en ville, Drake vint au théâtre pour récupérer la jeune fille, et tous deux traversèrent la ville pendant près d'une demi-heure, jusqu'à une petite maison, dans laquelle ils entrèrent tous deux. Là, Drake exposa à une Marie dévorée par l'impatience et la curiosité le projet qu'il avait préparé :
"Ma chère Marie, commença t-il, j'ai réfléchi longuement à ta situation, et j'en suis arrivé à la conclusion que si ta première rencontre avec tes parents et tes proches après tant d'années se déroule dans des circonstances où tu ne pourras te faire reconnaître, leur parler, leur donner de tes nouvelles, ta souffrance et ta frustration seront si grandes qu'il te sera impossible de pouvoir les dissimuler à tes partenaires et aux membres de la cour. Aussi, j'ai estimé que la seule solution pour éviter cette situation consistait à t'offrir l'opportunité de revoir tes parents et tes proches en tant que princesse Marie, avant que tu ne les rencontres en tant que Marie Fabre. Pour cela, j'ai décidé de profiter de l'occasion de notre communication semestrielle avec tes parents, et, par message télépathique, je leur ai expliqué qu'à titre de grâce exceptionnelle, en récompense de ton travail, au lieu d'un simple message, je te permettais de les voir et de leur parler directement, ainsi qu'une liste de proches que tu m'as soumise (celle que je t'ai demandé il y a quelques jours), grâce à un miroir magique que je ferai communiquer au grand miroir du palais, en leur indiquant la date et l'heure de la rencontre ; en ce moment, ils doivent déjà être en train de nous attendre.
Le sortilège que j'utiliserai pour cette rencontre est le même que celui qui est contenu dans les médaillons que nous utilisons pour communiquer ; néanmoins, la quantité de magie nécessaire pour le jeter sur un objet aussi vaste qu'un miroir ne peut être disponible que dans ma caverne. Aussi, afin de la rejoindre au plus vite, j'ai créé un portail reliant la grotte à cette petite maison ; cependant, du fait de l'immense quantité de magie nécessaire pour le maintenir, celui-ci ne restera ouvert que quelques heures. Aussi, nous devons nous hâter. Le sortilège utilisé pour le portail génère en même temps une illusion : ainsi, toute personne qui risquerait de regarder à travers une ouverture quelconque ne verra que nous deux, occupés ensemble à des tâches agréables mais anodines. Es tu prête à me suivre?'
Marie était simultanément stupéfaite et extatique. Elle n'en revenait pas de l'ingéniosité du plan de Drake ; et elle ressentait un bonheur immense à la perspective de revoir et reparler à ses parents et aux gens qu'elle aimait après tant d'années, voir leurs visages, entendre le son de leur voix. Elle était si reconnaissante devant la sollicitude de son ami, qui avait si bien compris sa détresse et l'aidait ainsi à la surmonter.
Mais elle savait aussi que le temps était compté, aussi répondit elle brièvement "Oui, allons y", puis Drake prononça quelques incantations, et soudain, apparut sur le plancher un couloir sombre, qui semblait descendre dans les profondeurs de la terre. Drake lui indiqua de la suivre, et, en une minute, ils étaient de retour dans la caverne magique qu'elle connaissait si bien. Là, elle vit un gigantesque miroir, de six pieds de hauteur et trois de largeur, qui serait le conduit qui serait utilisé pour cette merveilleuse rencontre. Promptement, Drake rendit à Marie son apparence initiale de princesse, tout en la vêtant d'habits de servante, puis lui-même prit son apparence de dragon. Enfin, il lança le sortilège vers le miroir, d'un très léger jet de flammes, et la princesse eut l'immense joie d'y voir à travers les visages de ses parents :
"Père, mère, quel bonheur de vous revoir enfin après tant d'années. s'exclama-t-elle, tant envahie par l'émotion que les larmes en coulaient de ses yeux. Vous m'avez tant manqué.
- Ma chère enfant, ma douce Marie, quel bonheur de te revoir enfin, lui répondit sa mère. Toutes ces années, nous avons vécu dans l'espoir de revoir ton visage, d'entendre ta voix, de te dire à quel point nous t'aimions, de te prendre dans nos bras. Même si nous regrettons du plus profond de notre coeur de te savoir toujours prisonnière de ce monstre, au moins, aujourd'hui, nos voeux sont en partie exaucés
- Ma pauvre enfant, continua son père, même si notre coeur est heureux de te voir, il est aussi affligé en te voyant réduite au rang de servante, forcée de servir cette abominable créature et de satisfaire ses caprices
- Ne vous affligez pas tant, mon père ; je ne ressens aucune honte dans le travail de servante ; de plus, afin de servir le dragon à sa convenance, j'ai eu l'occasion de tant apprendre, de tant découvrir, que j'en oubliais facilement mon ancien rang. De plus, il n'est pas un si mauvais maître, puisqu'il m'avait permis de vous apporter la consolation afin de diminuer votre douleur de m'avoir perdue, et qu'aujourd'hui, il m'offre l'immense joie de vous rencontrer enfin, même si nous ne pouvons que nous voir et nous parler, et non nous toucher. Mais cessons ces bien tristes propos à présent, et racontez moi les évènements des six derniers mois ; j'ai hâte de recevoir les dernières nouvelles"
Et pendant près de trois heures, la princesse s'entretint d'abord avec ses parents, puis avec tous ceux qu'elle aimait. La liste qu'elle avait fournie à Drake incluait entre autres les noms des serviteurs et suivantes qui s'étaient occupés d'elle pendant son enfance. Sa nourrice lui raconta que sa fille s'était mariée et lui présenta sa petite fille, qui s'appelait Marie comme elle. Elle eut le plaisir de parler avec ses précepteurs, qui étaient fiers de voir leur enfant appliquer leurs leçons et leur enseignement même dans ces difficiles circonstances. Le bouffon s'amusa beaucoup d'apprendre que Marie elle aussi avait appris à faire rire, même si bien sûr il souffrait de la savoir prisonnière. Le princesse eut aussi le bonheur de parler avec ses deux meilleurs amis d'enfance, qui lui racontèrent qu'ils s'étaient mariés tous deux et leur montra leur premier enfant, un petit garçon d'un an.
Pendant tout ce temps, le dragon était resté silencieux, laissant la princesse profiter pleinement de sa rencontre avec ses proches. Mais, finalement, lorsque les trois heures s'achevèrent, il signifia à la princesse et à ses proches que l'entretien était terminé. Néanmoins, afin de leur donner espoir, il les informa que si sa captive fournissait du bon travail pendant les six mois à venir, il pourrait à nouveau lui accorder la faveur de les revoir ainsi. Aussitôt après, le miroir reprit son apparence initiale. Le dragon rendit à nouveau à la princesse son apparence de Marie Fabre, et lui même redevint M. Drake. Ils rejoignirent rapidement la petite maison, où le portail magique se ferma.
Avant de repartir, Marie étreignit Drake et le remercia du magnifique cadeau qu'il venait de lui offrir. Grâce à cette merveilleuse rencontre, elle se sentait maintenant prête à se rendre au palais sous l'apparence de Marie Fabre, et revoir ces personnes qui lui étaient si chères tout en cachant son identité, car elle conserverait encore au fond de son coeur le souvenir de leur rencontre d'aujourd'hui, et l'espoir de les revoir bientôt sous sa réelle identité (car Drake lui avait confirmé, voyant le bonheur qu'elle avait ressenti, qu'ils renouveleraient l'expérience le semestre prochain). Drake était heureux d'avoir pu ainsi aider son amie, qu'il raccompagna au théâtre, où Marie revient le coeur léger et plein d'allégresse, ce que ses partenaires attribuèrent (et c'était en partie vrai) au plaisir qu'elle avait ressenti en revoyant celui qu'ils croyaient (et il y avait aussi là une part de vérité) son père adoptif.
Le jour dit, quatre jours après l'arrivée de Marie en ville, Drake vint au théâtre pour récupérer la jeune fille, et tous deux traversèrent la ville pendant près d'une demi-heure, jusqu'à une petite maison, dans laquelle ils entrèrent tous deux. Là, Drake exposa à une Marie dévorée par l'impatience et la curiosité le projet qu'il avait préparé :
"Ma chère Marie, commença t-il, j'ai réfléchi longuement à ta situation, et j'en suis arrivé à la conclusion que si ta première rencontre avec tes parents et tes proches après tant d'années se déroule dans des circonstances où tu ne pourras te faire reconnaître, leur parler, leur donner de tes nouvelles, ta souffrance et ta frustration seront si grandes qu'il te sera impossible de pouvoir les dissimuler à tes partenaires et aux membres de la cour. Aussi, j'ai estimé que la seule solution pour éviter cette situation consistait à t'offrir l'opportunité de revoir tes parents et tes proches en tant que princesse Marie, avant que tu ne les rencontres en tant que Marie Fabre. Pour cela, j'ai décidé de profiter de l'occasion de notre communication semestrielle avec tes parents, et, par message télépathique, je leur ai expliqué qu'à titre de grâce exceptionnelle, en récompense de ton travail, au lieu d'un simple message, je te permettais de les voir et de leur parler directement, ainsi qu'une liste de proches que tu m'as soumise (celle que je t'ai demandé il y a quelques jours), grâce à un miroir magique que je ferai communiquer au grand miroir du palais, en leur indiquant la date et l'heure de la rencontre ; en ce moment, ils doivent déjà être en train de nous attendre.
Le sortilège que j'utiliserai pour cette rencontre est le même que celui qui est contenu dans les médaillons que nous utilisons pour communiquer ; néanmoins, la quantité de magie nécessaire pour le jeter sur un objet aussi vaste qu'un miroir ne peut être disponible que dans ma caverne. Aussi, afin de la rejoindre au plus vite, j'ai créé un portail reliant la grotte à cette petite maison ; cependant, du fait de l'immense quantité de magie nécessaire pour le maintenir, celui-ci ne restera ouvert que quelques heures. Aussi, nous devons nous hâter. Le sortilège utilisé pour le portail génère en même temps une illusion : ainsi, toute personne qui risquerait de regarder à travers une ouverture quelconque ne verra que nous deux, occupés ensemble à des tâches agréables mais anodines. Es tu prête à me suivre?'
Marie était simultanément stupéfaite et extatique. Elle n'en revenait pas de l'ingéniosité du plan de Drake ; et elle ressentait un bonheur immense à la perspective de revoir et reparler à ses parents et aux gens qu'elle aimait après tant d'années, voir leurs visages, entendre le son de leur voix. Elle était si reconnaissante devant la sollicitude de son ami, qui avait si bien compris sa détresse et l'aidait ainsi à la surmonter.
Mais elle savait aussi que le temps était compté, aussi répondit elle brièvement "Oui, allons y", puis Drake prononça quelques incantations, et soudain, apparut sur le plancher un couloir sombre, qui semblait descendre dans les profondeurs de la terre. Drake lui indiqua de la suivre, et, en une minute, ils étaient de retour dans la caverne magique qu'elle connaissait si bien. Là, elle vit un gigantesque miroir, de six pieds de hauteur et trois de largeur, qui serait le conduit qui serait utilisé pour cette merveilleuse rencontre. Promptement, Drake rendit à Marie son apparence initiale de princesse, tout en la vêtant d'habits de servante, puis lui-même prit son apparence de dragon. Enfin, il lança le sortilège vers le miroir, d'un très léger jet de flammes, et la princesse eut l'immense joie d'y voir à travers les visages de ses parents :
"Père, mère, quel bonheur de vous revoir enfin après tant d'années. s'exclama-t-elle, tant envahie par l'émotion que les larmes en coulaient de ses yeux. Vous m'avez tant manqué.
- Ma chère enfant, ma douce Marie, quel bonheur de te revoir enfin, lui répondit sa mère. Toutes ces années, nous avons vécu dans l'espoir de revoir ton visage, d'entendre ta voix, de te dire à quel point nous t'aimions, de te prendre dans nos bras. Même si nous regrettons du plus profond de notre coeur de te savoir toujours prisonnière de ce monstre, au moins, aujourd'hui, nos voeux sont en partie exaucés
- Ma pauvre enfant, continua son père, même si notre coeur est heureux de te voir, il est aussi affligé en te voyant réduite au rang de servante, forcée de servir cette abominable créature et de satisfaire ses caprices
- Ne vous affligez pas tant, mon père ; je ne ressens aucune honte dans le travail de servante ; de plus, afin de servir le dragon à sa convenance, j'ai eu l'occasion de tant apprendre, de tant découvrir, que j'en oubliais facilement mon ancien rang. De plus, il n'est pas un si mauvais maître, puisqu'il m'avait permis de vous apporter la consolation afin de diminuer votre douleur de m'avoir perdue, et qu'aujourd'hui, il m'offre l'immense joie de vous rencontrer enfin, même si nous ne pouvons que nous voir et nous parler, et non nous toucher. Mais cessons ces bien tristes propos à présent, et racontez moi les évènements des six derniers mois ; j'ai hâte de recevoir les dernières nouvelles"
Et pendant près de trois heures, la princesse s'entretint d'abord avec ses parents, puis avec tous ceux qu'elle aimait. La liste qu'elle avait fournie à Drake incluait entre autres les noms des serviteurs et suivantes qui s'étaient occupés d'elle pendant son enfance. Sa nourrice lui raconta que sa fille s'était mariée et lui présenta sa petite fille, qui s'appelait Marie comme elle. Elle eut le plaisir de parler avec ses précepteurs, qui étaient fiers de voir leur enfant appliquer leurs leçons et leur enseignement même dans ces difficiles circonstances. Le bouffon s'amusa beaucoup d'apprendre que Marie elle aussi avait appris à faire rire, même si bien sûr il souffrait de la savoir prisonnière. Le princesse eut aussi le bonheur de parler avec ses deux meilleurs amis d'enfance, qui lui racontèrent qu'ils s'étaient mariés tous deux et leur montra leur premier enfant, un petit garçon d'un an.
Pendant tout ce temps, le dragon était resté silencieux, laissant la princesse profiter pleinement de sa rencontre avec ses proches. Mais, finalement, lorsque les trois heures s'achevèrent, il signifia à la princesse et à ses proches que l'entretien était terminé. Néanmoins, afin de leur donner espoir, il les informa que si sa captive fournissait du bon travail pendant les six mois à venir, il pourrait à nouveau lui accorder la faveur de les revoir ainsi. Aussitôt après, le miroir reprit son apparence initiale. Le dragon rendit à nouveau à la princesse son apparence de Marie Fabre, et lui même redevint M. Drake. Ils rejoignirent rapidement la petite maison, où le portail magique se ferma.
Avant de repartir, Marie étreignit Drake et le remercia du magnifique cadeau qu'il venait de lui offrir. Grâce à cette merveilleuse rencontre, elle se sentait maintenant prête à se rendre au palais sous l'apparence de Marie Fabre, et revoir ces personnes qui lui étaient si chères tout en cachant son identité, car elle conserverait encore au fond de son coeur le souvenir de leur rencontre d'aujourd'hui, et l'espoir de les revoir bientôt sous sa réelle identité (car Drake lui avait confirmé, voyant le bonheur qu'elle avait ressenti, qu'ils renouveleraient l'expérience le semestre prochain). Drake était heureux d'avoir pu ainsi aider son amie, qu'il raccompagna au théâtre, où Marie revient le coeur léger et plein d'allégresse, ce que ses partenaires attribuèrent (et c'était en partie vrai) au plaisir qu'elle avait ressenti en revoyant celui qu'ils croyaient (et il y avait aussi là une part de vérité) son père adoptif.
Commentaires
Enregistrer un commentaire