L'école des princesses : chapitre 22
22) Le triomphe de Marie
Dès le lendemain, les comédiens commencèrent à tout préparer pour la création de la pièce de Marie.
Jean informa le directeur du théâtre que sa troupe préparait une nouvelle oeuvre, qu'ils souhaitaient créer dans les prochaines semaines. Ravi, le directeur leur laissa carte blanche. Ensuite, Jean confia à Louis et Madeleine, qui n'avaient que des rôles secondaires, et donc nécessitant moins de préparation, la mission de rechercher tous le matériel nécessaire à la représentation. Jean soumit chaque accessoire, costume ou élément de décor apportés par les Barnaud à l'approbation de Marie. Fort heureusement, la tâche se révéla relativement aisée, car, les pièces à thèmes légendaires représentant une part importante de répertoire du théâtre, beaucoup de matériel utilisé pour d'autres pièces pouvait être repris pour "Horace et Calircé".
Pendant ce temps, Jacques, Marie et Thierry, qui jouaient les personnages principaux, préparaient intensivement leurs rôles. En particulier, Jacques travailla avec acharnement son jeu pour les scènes de métamorphoses, recherchant les mimiques, le jeu corporel, les effets vocaux les plus justes pour interpréter un cochon convainquant. Il demanda même à Marie de le frapper afin de perfectionner ses cris de porc maltraité. Souvent, ses partenaires, à leur grand amusement, le voyaient marcher lourdement à quatre pattes par terre, grognant, reniflant le sol, comme un vrai pourceau. Il savait que le succès de la pièce dépendrait en grande partie de son aptitude à imiter de manière convaincante un porc face au public.
De son côté, Thierry travaillait avec autant de diligence son rôle de héros, et Marie admirait toute l'application et le soin qu'il mettait dans son travail. De plus, il la consultait souvent pour lui demander si son jeu était juste par rapport au personnage qu'elle avait écrit, afin d'améliorer sa performance.
Marie, quant à elle, devait non seulement répéter un rôle long et exigeant, en particulier en travaillant sa voix pour les parties chantées, mais aussi approuver tous les éléments de mise en scène que Jean lui soumettait. Mais le bonheur qu'elle ressentait de voir tous ses partenaires fournir autant de travail pour créer son oeuvre lui faisait facilement oublier l'intense effort qu'elle devait fournir.
Au bout d'une semaine, Jean l'informa que tout le matériel nécessaire à la mise en scène avait été réuni, et que les répétitions en conditions de représentation pouvaient commencer. L'enthousiasme fut tel que la semaine suivante, Jean informa le directeur qu'il pouvait programmer la grande première de "Horace et Calircé"
La création de la nouvelle pièce fut un nouveau triomphe. Les prestations de Jacques, en particulier ses hilarantes imitations de cochon, et de Marie, dont la beauté du chant émerveilla le public, furent particulièrement appréciées. Chaque représentation faisait salle comble. Le succès était tel que le directeur insista auprès de Jean pour que sa troupe restât deux semaines de plus dans son théâtre, alors que la compagnie devait quitter la ville à la fin de la semaine. Jean y consentit, à condition de voir augmenter la part des recettes réservées à sa troupe, ce à quoi le directeur consentit sans hésitation.
Marie n'avait jamais été aussi heureuse de sa vie : elle était aimée du public, non seulement en tant que comédienne, mais aussi par son talent d'auteur. Mais aucun moment ne lui apporta plus de bonheur qu'un soir, quand, après la représentation, Jacques l'appela pour l'informer qu'un spectateur qui disait la connaître souhaitait lui parler. Marie suivit son partenaire, et, à sa plus grande joie, vit M. Drake qui l'attendait. Il avait appris que son amie avait rejoint une troupe de théâtre, et avait décidé de la voir en représentation. Marie fut si heureuse de le revoir qu'elle le prit dans ses bras, puis, présenta son ami à ses partenaires. Tous furent ravis de faire connaissance avec l'homme que Marie avait présenté comme sa figure paternelle, ce qui fit rougir, dans un mélange de gêne et de plaisir, M. Drake. Enfin, ce dernier demanda brièvement de pouvoir parler à Marie en tête à tête.
Quand ils furent seuls, Drake dit à son amie :
"Marie, lorsque nous nous sommes quittés il y a bientôt un an, mon plus grand souhait était de te voir réussir dans la voie que tu aurais choisie. Je peux affirmer aujourd'hui que mon voeu a été exaucé au delà de mes espérances. Je ne fus pas étonné d'apprendre ton choix de rejoindre une troupe de théâtre : pendant notre séjour dans la grotte, tu m'avais déjà montré combien tu appréciais les disciplines artistiques ainsi que ton désir de me faire partager cette passion. Quand je t'ai vue ce soir sur scène, d'abord dans cette pièce comique où tu étais si drôle, puis dans cette féerie, où tu m'as littéralement enchantée comme ton personnage, j'étais si heureux et si fier ; et ces sentiments ne firent que croître lorsque j'appris que tu étais non seulement l'interprète, mais aussi l'auteur de la féerie. Je ne peux que te féliciter pour ta grande réussite et te faire part de mon immense joie. Puisse l'avenir te réserver encore plein de bonheurs et de succès.
- Merci mon cher Drake ; tu ne peux imaginer à quel point je suis heureuse de te voir en des circonstances aussi favorables, et chacun de tes mots amplifie encore la joie que je ressens. Et j'ai bien conscience à quel point je te dois tout ce bonheur. Je n'aurais jamais pu suivre ma propre voie, et ainsi parvenir à ce merveilleux résultat, si tu ne m'avais pas tracé le chemin pendant ces quelques années au cours desquelles nous avons vécu ensemble. Merci du fond du coeur pour tout ce que tu m'as apporté, merci d'être là ce soir pour moi."
Peu après, Drake fit ses adieux à Marie et prit congé. Si son succès public lui avait apporté beaucoup de bonheur, les félicitations de Drake furent pour elle son plus grand triomphe.
Dès le lendemain, les comédiens commencèrent à tout préparer pour la création de la pièce de Marie.
Jean informa le directeur du théâtre que sa troupe préparait une nouvelle oeuvre, qu'ils souhaitaient créer dans les prochaines semaines. Ravi, le directeur leur laissa carte blanche. Ensuite, Jean confia à Louis et Madeleine, qui n'avaient que des rôles secondaires, et donc nécessitant moins de préparation, la mission de rechercher tous le matériel nécessaire à la représentation. Jean soumit chaque accessoire, costume ou élément de décor apportés par les Barnaud à l'approbation de Marie. Fort heureusement, la tâche se révéla relativement aisée, car, les pièces à thèmes légendaires représentant une part importante de répertoire du théâtre, beaucoup de matériel utilisé pour d'autres pièces pouvait être repris pour "Horace et Calircé".
Pendant ce temps, Jacques, Marie et Thierry, qui jouaient les personnages principaux, préparaient intensivement leurs rôles. En particulier, Jacques travailla avec acharnement son jeu pour les scènes de métamorphoses, recherchant les mimiques, le jeu corporel, les effets vocaux les plus justes pour interpréter un cochon convainquant. Il demanda même à Marie de le frapper afin de perfectionner ses cris de porc maltraité. Souvent, ses partenaires, à leur grand amusement, le voyaient marcher lourdement à quatre pattes par terre, grognant, reniflant le sol, comme un vrai pourceau. Il savait que le succès de la pièce dépendrait en grande partie de son aptitude à imiter de manière convaincante un porc face au public.
De son côté, Thierry travaillait avec autant de diligence son rôle de héros, et Marie admirait toute l'application et le soin qu'il mettait dans son travail. De plus, il la consultait souvent pour lui demander si son jeu était juste par rapport au personnage qu'elle avait écrit, afin d'améliorer sa performance.
Marie, quant à elle, devait non seulement répéter un rôle long et exigeant, en particulier en travaillant sa voix pour les parties chantées, mais aussi approuver tous les éléments de mise en scène que Jean lui soumettait. Mais le bonheur qu'elle ressentait de voir tous ses partenaires fournir autant de travail pour créer son oeuvre lui faisait facilement oublier l'intense effort qu'elle devait fournir.
Au bout d'une semaine, Jean l'informa que tout le matériel nécessaire à la mise en scène avait été réuni, et que les répétitions en conditions de représentation pouvaient commencer. L'enthousiasme fut tel que la semaine suivante, Jean informa le directeur qu'il pouvait programmer la grande première de "Horace et Calircé"
La création de la nouvelle pièce fut un nouveau triomphe. Les prestations de Jacques, en particulier ses hilarantes imitations de cochon, et de Marie, dont la beauté du chant émerveilla le public, furent particulièrement appréciées. Chaque représentation faisait salle comble. Le succès était tel que le directeur insista auprès de Jean pour que sa troupe restât deux semaines de plus dans son théâtre, alors que la compagnie devait quitter la ville à la fin de la semaine. Jean y consentit, à condition de voir augmenter la part des recettes réservées à sa troupe, ce à quoi le directeur consentit sans hésitation.
Marie n'avait jamais été aussi heureuse de sa vie : elle était aimée du public, non seulement en tant que comédienne, mais aussi par son talent d'auteur. Mais aucun moment ne lui apporta plus de bonheur qu'un soir, quand, après la représentation, Jacques l'appela pour l'informer qu'un spectateur qui disait la connaître souhaitait lui parler. Marie suivit son partenaire, et, à sa plus grande joie, vit M. Drake qui l'attendait. Il avait appris que son amie avait rejoint une troupe de théâtre, et avait décidé de la voir en représentation. Marie fut si heureuse de le revoir qu'elle le prit dans ses bras, puis, présenta son ami à ses partenaires. Tous furent ravis de faire connaissance avec l'homme que Marie avait présenté comme sa figure paternelle, ce qui fit rougir, dans un mélange de gêne et de plaisir, M. Drake. Enfin, ce dernier demanda brièvement de pouvoir parler à Marie en tête à tête.
Quand ils furent seuls, Drake dit à son amie :
"Marie, lorsque nous nous sommes quittés il y a bientôt un an, mon plus grand souhait était de te voir réussir dans la voie que tu aurais choisie. Je peux affirmer aujourd'hui que mon voeu a été exaucé au delà de mes espérances. Je ne fus pas étonné d'apprendre ton choix de rejoindre une troupe de théâtre : pendant notre séjour dans la grotte, tu m'avais déjà montré combien tu appréciais les disciplines artistiques ainsi que ton désir de me faire partager cette passion. Quand je t'ai vue ce soir sur scène, d'abord dans cette pièce comique où tu étais si drôle, puis dans cette féerie, où tu m'as littéralement enchantée comme ton personnage, j'étais si heureux et si fier ; et ces sentiments ne firent que croître lorsque j'appris que tu étais non seulement l'interprète, mais aussi l'auteur de la féerie. Je ne peux que te féliciter pour ta grande réussite et te faire part de mon immense joie. Puisse l'avenir te réserver encore plein de bonheurs et de succès.
- Merci mon cher Drake ; tu ne peux imaginer à quel point je suis heureuse de te voir en des circonstances aussi favorables, et chacun de tes mots amplifie encore la joie que je ressens. Et j'ai bien conscience à quel point je te dois tout ce bonheur. Je n'aurais jamais pu suivre ma propre voie, et ainsi parvenir à ce merveilleux résultat, si tu ne m'avais pas tracé le chemin pendant ces quelques années au cours desquelles nous avons vécu ensemble. Merci du fond du coeur pour tout ce que tu m'as apporté, merci d'être là ce soir pour moi."
Peu après, Drake fit ses adieux à Marie et prit congé. Si son succès public lui avait apporté beaucoup de bonheur, les félicitations de Drake furent pour elle son plus grand triomphe.
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