L'école des princesses : chapitre 14

14) Le théâtre en ville

Un mois après son arrivée à l'auberge, Marie remarqua un matin une activité inhabituelle sur la grande place de la ville. Deux chariots étaient stationnés, et des personnes en déchargeaient de grands plaques en bois. Cependant, comme elle devait se rendre en hâte à l'auberge, elle n'y accorda pas plus d'attention. Cependant, en repassant au même lieu quelques heures plus tard, elle constata qu'une scène de théâtre se dressait au centre de la place. Elle devina alors que les chariots, qui se situaient à présent derrière la scène, appartenaient à un troupe de théâtre itinérante, et que, pendant la journée, les membres de la troupe avaient monté cette scène pour les représentations qu'ils donneraient dans la ville, et qu'ils démonteraient avant leur départ.
Marie se rapprocha rapidement de la foule de curieux qui convergeait vers la scène nouvellement montée. Elle apprit alors que les comédiens devaient rester quatre jours en ville, et s'y produiraient chaque soir, jusqu'à leur départ. Marie avait déjà assisté à des productions théâtrales pendant son enfance, et en avait gardé de très bons souvenirs. Elle éprouva un vif désir de regarder la troupe ce soir là, et curieuse de connaître leur répertoire
Marie expliqua à son patron qu'elle souhaitait assister au spectacle. Mais l'aubergiste, qui avait besoin d'elle ce soir là , ne donna pas son accord, à son grand regret. Cependant, devant la déception de la jeune fille, il l'autorisa à s'y rendre le lendemain, car d'ici là, il pourrait s'organiser pour la remplacer.
 Le soir suivant, Marie assista à la représentation. Celle-ci comprenait deux pièces : la première était une farce, ayant comme thème les mésaventures d'un mari trompé par sa femme,  qui recherchait tous les prétextes possibles pour éloigner son mari afin de passer du temps avec son amant. Le comique de la pièce provenait surtout de la maladresse de l'amant, qui menaçait toujours de faire échouer les stratagèmes de sa maîtresse. La pièce suivante racontait la légende d'un prince banni qui devait vaincre une chimère, par ordre du roi du pays où il vivait exilé. Le prince réussissait à tuer le monstre à l'aide d'un cheval volant. Marie connaissait cette légende, mais elle remarqua que la version jouée par la troupe ne correspondait pas exactement à celle qu'elle avait lu dans les livres de légendes du palais.
Le lendemain, elle assista à une nouvelle représentation. Là encore, une farce ouvrait le programme, mais cette fois elle mettait en scène un valet paresseux mais astucieux qui dupait son maître riche, mais naïf, afin de lui soutirer de l'argent qu'il utilisait pour s'offrir à boire. La deuxième pièce avait pour thème une célèbre bataille qui opposa son royaume à un royaume voisin quelques siècles auparavant, et qui s'était conclue par la victoire du lointain prédécesseur de son père. Marie apprécia beaucoup les efforts que la troupe déployait pour reconstituer la bataille en dépit de leurs moyens limités. Mais elle remarqua aussi quelques différences notables par rapport au récit historique qu'elle avait lu plus jeune. Intriguée par ces différences qu'elle avait constatées, elle décida de rencontrer la troupe le jour suivant afin d'en savoir plus.

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