L'école des princesses : chapitre 12
12) Séparation
"Eh bien, Marie, demanda M. Drake, que souhaites tu me dire?
- Voilà, répondit Marie en hésitant un peu ; cela fait maintenant deux ans que nous sillonnons la région ensemble, allant d'emploi en emploi, dans les champs, dans les ateliers. Pendant tout cette période, tu m'a accompagnée, soutenue, recherché des offres d'emploi et persuadé des employeurs de me donner ma chance et ainsi, j'ai pu acquérir de l'expérience, une réputation me permettant d'être peu à peu appréciée pour mes qualités propres et surtout, une remarquable confiance en mes capacités. J'ai tant mûri, appris et découvert sur moi-même pendant ces trois ans et demie que nous avons partagé ensemble, et je t'en serai toujours profondément reconnaissante. Et j'ai pris conscience qu'à présent, j'ai besoin de suivre ma voie toute seule et construire mes propres projets sans bénéficier de ton aide, car sans cela, je ne pourrai jamais complètement me réaliser.
Je souhaiterais justement te faire part d'un de ces projets. Un boulanger dont je suis une cliente régulière est récemment devenu veuf, et m'a proposé de m'engager comme aide, afin d'assurer les tâches effectuées auparavant par son épouse, en attendant de trouver une solution plus pérenne. Ce travail m'attire beaucoup, et il m'a donné jusqu'à demain pour prendre une décision. Ce serait le premier emploi que j'aurais obtenu sans ta participation et c'est pourquoi c'est si important pour moi. Mais avant de lui donner mon accord, je souhaitais d'abord t'en parler, non pas pour te demander ton autorisation, mais parce que tu es mon ami."
Pendant que Marie parlait ainsi, Drake se sentait envahir par de très profondes émotions. Il savait que Marie souhaiterait un jour s'émanciper de lui, et devenir indépendante, et qu'alors leurs chemins devraient se séparer. Mais la tristesse de voir Marie le quitter ne pesait que peu comparée au bonheur qu'il ressentait en constatant à quel point elle avait acquis de maturité, de force et de confiance en elle, et la fierté d'y avoir contribué
Une fois que Marie eut terminé, Drake lui répondit :
"Ma chère Marie, tu a bien grandi. Je me rappelle ton souhait de construire ton propre destin, sans que d'autres décident à ta place et je savais que mon rôle alors était de t'aider à chercher en toi les ressources pour y parvenir. Mais je n'ignorais pas que tant que je serais à tes côtés, tu ne pourrais jamais tracer ta propre voie, et c'est pourquoi je me doutais que ce jour allait arriver ; je l'attendais avec un mélange d'espoir et d'appréhension.
Je ne peux que te faire cette réponse : vas y ma chère Marie, suis ton chemin, saisis cette opportunité et je te souhaite bonne chance. Je suis si fier de toi, et la reconnaissance que tu m'as exprimée me va droit au coeur. Je t'avais dit, lors de notre première conversation, que mon souhait le plus cher était de transmettre ce que j'avais appris à la génération suivante. Eh bien, Marie, tu m'as permis de réaliser ce rêve.
Je sens que ma place n'est plus à tes côtés maintenant, et que nous devons nous séparer. Cependant, Marie, sache que, aussi loin l'un de l'autre que nous soyons, je penserai toujours à toi et je t'encouragerai, et que tu pourras toujours compter sur moi en cas de besoin."
M. Drake sortit un médaillon argenté de sa poche, et continua :
"Marie, voici un médaillon magique : il te permettra, quand et si tu le souhaites, de pouvoir me contacter ; tu n'auras qu'à le frotter en prononçant mon nom pour que mon image apparaisse à sa surface et nous pourrons communiquer. Ainsi, je saurai si tu as besoin de moi, et je pourrai alors accourir au plus vite. Par exemple, si un jour, tu souhaitais rompre le charme qui t'as fait devenir Marie Fabre et reprendre l'apparence de la princesse Marie, nous pourrons ainsi organiser au plus vite ensemble le retour de la princesse
Personne ne pourra te voler ce médaillon, car, de son propre pouvoir, il reviendra vers toi.
Tu m'as parlé de ton projet, ma chère Marie. De mon côté, j'avais aussi un projet mais que je ne pouvais réaliser, car jusqu'à présent ma priorité était de te guider et de t'aider. Je souhaitais quitter provisoirement la société des humains, retourner dans les grands espaces sauvages et y vivre pendant quelque temps, en reprenant ma forme de dragon. Mais à présent, nous pouvons chacun suivre notre propre voie.
Marie prit le médaillon avec reconnaissance et, très émue, pleurant des larmes de joie, répondit :
"Merci du fond du coeur, mon cher Drake ; je ressens, par tes paroles, à quel point tu te préoccupes de moi et de mon bonheur. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi et pour ce merveilleux médaillon et sache que même si, pour le moment, nous devons nous séparer, le lien d'amitié qui nous unit, lui, restera intact."
Marie et Drake se prirent dans les bras l'un de l'autre et restèrent ainsi quelques instants ; enfin Marie, rompant l'étreinte, dit à son ami
"Comme c'est notre dernière soirée ensemble, je te propose que de la rendre joyeuse et mémorable. Que dirais tu que nous utilisions une partie de nos économies pour prendre un bon repas ?
- Tu as bien raison, approuva Drake ; un tel évènement doit se célébrer dignement"
Et les deux amis firent demander un repas avec de la viande et une cruche de vin. Ils soupèrent ensemble, et le vin répandit la joie dans leur coeur. Ensuite, ils passèrent leur dernière nuit sous le même toit.
"Eh bien, Marie, demanda M. Drake, que souhaites tu me dire?
- Voilà, répondit Marie en hésitant un peu ; cela fait maintenant deux ans que nous sillonnons la région ensemble, allant d'emploi en emploi, dans les champs, dans les ateliers. Pendant tout cette période, tu m'a accompagnée, soutenue, recherché des offres d'emploi et persuadé des employeurs de me donner ma chance et ainsi, j'ai pu acquérir de l'expérience, une réputation me permettant d'être peu à peu appréciée pour mes qualités propres et surtout, une remarquable confiance en mes capacités. J'ai tant mûri, appris et découvert sur moi-même pendant ces trois ans et demie que nous avons partagé ensemble, et je t'en serai toujours profondément reconnaissante. Et j'ai pris conscience qu'à présent, j'ai besoin de suivre ma voie toute seule et construire mes propres projets sans bénéficier de ton aide, car sans cela, je ne pourrai jamais complètement me réaliser.
Je souhaiterais justement te faire part d'un de ces projets. Un boulanger dont je suis une cliente régulière est récemment devenu veuf, et m'a proposé de m'engager comme aide, afin d'assurer les tâches effectuées auparavant par son épouse, en attendant de trouver une solution plus pérenne. Ce travail m'attire beaucoup, et il m'a donné jusqu'à demain pour prendre une décision. Ce serait le premier emploi que j'aurais obtenu sans ta participation et c'est pourquoi c'est si important pour moi. Mais avant de lui donner mon accord, je souhaitais d'abord t'en parler, non pas pour te demander ton autorisation, mais parce que tu es mon ami."
Pendant que Marie parlait ainsi, Drake se sentait envahir par de très profondes émotions. Il savait que Marie souhaiterait un jour s'émanciper de lui, et devenir indépendante, et qu'alors leurs chemins devraient se séparer. Mais la tristesse de voir Marie le quitter ne pesait que peu comparée au bonheur qu'il ressentait en constatant à quel point elle avait acquis de maturité, de force et de confiance en elle, et la fierté d'y avoir contribué
Une fois que Marie eut terminé, Drake lui répondit :
"Ma chère Marie, tu a bien grandi. Je me rappelle ton souhait de construire ton propre destin, sans que d'autres décident à ta place et je savais que mon rôle alors était de t'aider à chercher en toi les ressources pour y parvenir. Mais je n'ignorais pas que tant que je serais à tes côtés, tu ne pourrais jamais tracer ta propre voie, et c'est pourquoi je me doutais que ce jour allait arriver ; je l'attendais avec un mélange d'espoir et d'appréhension.
Je ne peux que te faire cette réponse : vas y ma chère Marie, suis ton chemin, saisis cette opportunité et je te souhaite bonne chance. Je suis si fier de toi, et la reconnaissance que tu m'as exprimée me va droit au coeur. Je t'avais dit, lors de notre première conversation, que mon souhait le plus cher était de transmettre ce que j'avais appris à la génération suivante. Eh bien, Marie, tu m'as permis de réaliser ce rêve.
Je sens que ma place n'est plus à tes côtés maintenant, et que nous devons nous séparer. Cependant, Marie, sache que, aussi loin l'un de l'autre que nous soyons, je penserai toujours à toi et je t'encouragerai, et que tu pourras toujours compter sur moi en cas de besoin."
M. Drake sortit un médaillon argenté de sa poche, et continua :
"Marie, voici un médaillon magique : il te permettra, quand et si tu le souhaites, de pouvoir me contacter ; tu n'auras qu'à le frotter en prononçant mon nom pour que mon image apparaisse à sa surface et nous pourrons communiquer. Ainsi, je saurai si tu as besoin de moi, et je pourrai alors accourir au plus vite. Par exemple, si un jour, tu souhaitais rompre le charme qui t'as fait devenir Marie Fabre et reprendre l'apparence de la princesse Marie, nous pourrons ainsi organiser au plus vite ensemble le retour de la princesse
Personne ne pourra te voler ce médaillon, car, de son propre pouvoir, il reviendra vers toi.
Tu m'as parlé de ton projet, ma chère Marie. De mon côté, j'avais aussi un projet mais que je ne pouvais réaliser, car jusqu'à présent ma priorité était de te guider et de t'aider. Je souhaitais quitter provisoirement la société des humains, retourner dans les grands espaces sauvages et y vivre pendant quelque temps, en reprenant ma forme de dragon. Mais à présent, nous pouvons chacun suivre notre propre voie.
Marie prit le médaillon avec reconnaissance et, très émue, pleurant des larmes de joie, répondit :
"Merci du fond du coeur, mon cher Drake ; je ressens, par tes paroles, à quel point tu te préoccupes de moi et de mon bonheur. Merci pour tout ce que tu as fait pour moi et pour ce merveilleux médaillon et sache que même si, pour le moment, nous devons nous séparer, le lien d'amitié qui nous unit, lui, restera intact."
Marie et Drake se prirent dans les bras l'un de l'autre et restèrent ainsi quelques instants ; enfin Marie, rompant l'étreinte, dit à son ami
"Comme c'est notre dernière soirée ensemble, je te propose que de la rendre joyeuse et mémorable. Que dirais tu que nous utilisions une partie de nos économies pour prendre un bon repas ?
- Tu as bien raison, approuva Drake ; un tel évènement doit se célébrer dignement"
Et les deux amis firent demander un repas avec de la viande et une cruche de vin. Ils soupèrent ensemble, et le vin répandit la joie dans leur coeur. Ensuite, ils passèrent leur dernière nuit sous le même toit.
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