L'école des princesses : chapitre 1

L'école des princesses

1) Une princesse difficile

Il était une fois, dans un royaume lointain, une princesse qui vivait dans un grand et beau palais. Fille unique du roi et de la reine, elle avait grandi et vécu dans des conditions dignes de son rang. Elle avait les plus beaux vêtements du royaume, de magnifique bijoux, de nombreuses domestiques dont l'unique devoir était de la servir, ses repas comprenaient les mets et boissons les plus raffinés du royaume, et tous les objets qu'elle utilisait avaient été fournis par les meilleurs artisans.
De plus, ses parents avaient veillé à son éducation en faisant appel aux meilleurs précepteurs du royaume. La princesse aimait apprendre, et la lecture était l'une de ses plus grandes passions ; elle passait de nombreuses heures dans la bibliothèque du palais. Elle y lisait des ouvrages de fictions, tels que des romans, des contes, des nouvelles, des recueils de poèmes, mais elle appréciait aussi les ouvrages philosophiques, les livres d'histoire, les traités politiques ainsi que tout écrit décrivant des techniques agricoles, artisanales. Outre la lecture, la musique aussi constituait un centre d'intérêt important. La princesse avait développé des talents pour le chant, et savait aussi jouer du clavier, de la harpe et de la flûte. Enfin, elle pratiquait régulièrement des exercices physiques, en particulier l'équitation et la gymnastique, afin de renforcer son corps et de garder une excellente santé.
A seize ans, la princesse était remarquablement belle, autant de corps que d'esprit.

Pourtant, elle n'était pas destinée à leur succéder comme souveraine, car dans son royaume, seuls les garçons pouvaient hériter du trône. Ses parents espéraient la marier à un prince d'un royaume voisin, de préférence puissant, afin de contracter une alliance permettant d'apporter plus de richesse et de prospérité à leur royaume.
De nombreux princes la demandaient pour épouse, mais la princesse refusait toutes les offres, car elle ne pouvait accepter l'idée de se marier pour satisfaire des intérêts politiques.

Un jour, le prince d'un très riche royaume arriva au palais pour une visite officielle de trois jours, afin de demander la main de la princesse. Le roi et la reine nourrissaient de grands espoirs, car l'alliance entre leur royaume et celui du prince pouvait créer une coalition capable d'imposer leurs intérêts à l'ensemble des royaumes voisins. Cependant, le prince était arrogant, mal éduqué, d'une grande vanité et tout son comportement suscitait chez la princesse une profonde répulsion. Elle détestait par dessus tout la manière méprisante, et parfois même cruelle dont il se comportait avec les personnes d'un rang moindre que le sien. En particulier, lors d'un banquet, elle le vit faire chuter un pauvre serviteur qui ramenait dans les cuisines de la vaisselle sale, et rire bruyamment en voyant l'embarras du malheureux face aux assiettes et coupes brisées. Comme tous espéraient l'alliance avec le royaume du prince, aucun des convives du banquet ne défendit l'infortuné domestique, certains allant même jusqu'à suggérer de le faire enfermer dans une oubliette pour le punir de sa maladresse. La princesse était profondément indignée de la cruauté de cet homme, et encore plus de la veulerie de ses parents et des nobles de son royaume, qui se préoccupaient uniquement de plaire à ce visiteur cruel, mais puissant. Elle était plus décidée que jamais à refuser la main d'un prince, qui, lorsqu'il succèderait à son père, deviendrait assurément un cruel tyran. Néanmoins, ses parents avaient promis de donner à leur visiteur une réponse favorable avant son départ. La princesse se sentait piégée, et son coeur frémissait d'horreur à l'idée du destin que ses parents lui promettaient aux côtés d'un si indigne époux.


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