Le terrible destin d'Emilie : partie 17
17) Préparatifs d'une captivité
Le seigneur Roderick prit la parole :
" Madame, à présent que vous avez pris votre décision, il est temps de préparer votre nouveau logement. Veuille me suivre, je vous prie."
Le sorcier me conduisit vers deux chariots conduits par des êtres mi-aigle, mi-cheval que je reconnus, par les ouvrages de légendes que j'avais lus, comme des hippogriffes. Décidément, chaque étape de cette affaire m'apportait son lot de nouvelles surprises, et j'étais émerveillée d'observer que le seigneur Roderick était parvenu à disposer de si majestueuses créatures pour lui servir d'attelage. De plus, posés sur le sol, je vis une grande tente repliée, ainsi que du mobilier de chambre à coucher, dont un petit lit et un vaste coffre:
"Madame, Lisa et moi-même avons tous deux contribué pour vous fournir les élements de votre nouvelle chambre. Nous les ferons apporter à l'emplacement choisi par le seigneur Hydras grâce à ces véhicules et mes hommes se chargeront de préparer votre logis. Mes amis hippogriffes ont aussi consenti aussi à vous y conduire, et ils apprécieront beaucoup que vous leur témoigniez votre reconnaissance."
Sur les conseils du mage, je m'inclinai respectueusement devant chacun des membres de l'attelage, qui me répondirent d'un léger mouvement de la tête. A ce moment, Viviane nous rejoignit:
"Madame, avant votre départ, n'oubliez pas de préparer votre liste des affaires dont vous aurez besoin à l'intention de Lisa. Comme nous ignorons la durée de votre captivité, prévoyez le nécessaire pour un long séjour. Ne vous inquiétez pas pour votre monture : Lisa se chargera de la ramener au palais royal"
Je retournai vers la table, sur laquelle était posée de l'encre, une plume et du papier et rédigeai le document à destination de la princesse. Une fois achevé, je m'approchai de Lisa :
"Madame, voici les affaires dont j'aurai besoin. Mais auparavant, je tiens encore à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Par vos efforts et ceux de vos amis, vous avez réussi à transformer ce que j'imaginais comme les derniers instants les plus horribles que l'on puisse imaginer en une extraordinaire aventure. J'ignore encore ce que le destin me reserve, mais vous m'avez permis de me donner à nouveau confiance en l'avenir.
- Madame Emilie, sachez que je me réjouis d'avoir pu me rendre utile envers vous. Permettez moi de vous donner un conseil : pendant votre captivité, traitez toutes les créatures que vous rencontrerez avec le même respect que vous devriez à vos pairs humains.
- Je ne l'oublierai pas."
Nous retournâmes ensemble vers le seigneur Hydras afin de décider ensemble du message que Lisa devait transmettre à mes parents. Je fis ensuite mes adieux à la princesse et me dirigeai vers les chariots qui avaient déjà été chargés et m'installai sur l'un d'entre eux à côté de son cocher, un garde squelette qui répondait au nom de Mimile. Deux autres soldats s'étaient chargés de l'autre véhicule tandis que le reste de la troupe, menés par un officier dénommé Jacques, étaient montés sur le seigneur Hydras. Je me souviendrais toujours de l'intense émotion, mêlant frayeur et émerveillement, lorsque, pour la première fois de ma vie, je m'élançai dans les airs, tirée par les ailes d'aigle de mon incroyable attelage. Au bout de deux heures de vol, nous arrivâmes à notre destination. En observant les lieux, je réalisai que nous nous situions dans la zone montagneuse de la grande forêt du nord est du royaume. Nous étions au fond d'une vallée, au bord d'un lac entourée de hauts sommets. Une caverne s'ouvrait sur la paroi rocheuse d'une des montagnes entourant la vaste étendue d'eau. Le seigneur Hydras prit la parole :
"Madame, voici mon domaine. Du fait de son inaccessibilité, celui-ci a été épargné par l'invasion humaine. Toutes les créatures de la forêt savent que cette portion de la vallée constitue mon territoire aussi vous n'aurez à craindre l'incursion de dangereux prédateurs, tels que les loups ou les ours. J'ai choisi un emplacement protégé du vent pour y installer vos nouveaux appartements"
De leur côté, les gardes squelettes, dirigés par Jacques, s'occupaient de monter ma tente et d'y installer le mobilier. Au bout d'une heure, le travail fut achevé. Le dragon reprit la parole :
"Madame, je devine qu'après cette longue journée, vous avez besoin de prendre un peu de repos. Je vous permets de vous retirer"
Décidément, le seigneur Hydras tentait de témoigner autant de sollicitude qu'une telle situation pouvait permettre. Je pénétrai alors dans ma chambre. Etrangement, je m'y sentis immédiatement à mon aise ; je devinai que mes amis de la forêt interdite avaient voulu rendre ma prison aussi dorée que possible. Je m'allongeai alors sur le lit, qui se révéla fort confortable, et m'endormis au bout de quelques minutes.
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